vendredi 5 septembre 2008 16:08
« Mercenaries 2 » mitraille dans le vide
Mercenaire sur fond d’explosion. DR
Mercenaries 2 : L’enfer des favelas, développé par Pandemic Studios et édité par Electronic Arts, sur Xbox 360 et Playstation 3, 70 euros.
A aucun moment, Mercenaries 2 ne fait de mystère de ses intentions : c’est bourrin, c’est vulgaire, c’est grossier. On joue un mercenaire (mais si) trahi par son commanditaire, le nouveau chef d’Etat du Vénezuéla, qui vient de s’installer à son poste grâce à votre aide. Comme la vengeance est avant tout un plat qui se mange, il faut donc tout mettre en œuvre pour obtenir réparation. Cela passera par le massacre de l’intégralité de l’armée vénézuelienne, mais qu’importe. Hasard incroyable : ce si vilain chef d’Etat veut faire de son pays une super-puissance de l’Amérique du Sud, notamment en nationalisant les entreprises énergétiques étrangères. Le gentil mercenaire dirigé par le joueur travaillera du coup, entre autres, pour une compagnie pétrolière américaine qui préférerait rester maître de l’or noir vénézuélien. Au delà de ce background pénible (Pandemic, complètement faux cul, avait pourtant assuré faire de la « fiction »), Mercenaries 2 aurait presque pu être un bon jeu. A la manière d’un GTA, d’un Crackdown et du précédent Mercenaries, on se balade ici dans un monde ouvert : on peut soit filer remplir ses missions, soit se balader un peu, tomber sur des militaires en vadrouille, des armes cachées, des véhicules ou de l’argent à voler... Ah ça, Mercenaries 2 ne fait vraiment pas dans la finesse. D’autant qu’ici, il est possible de détruire à peu près tout ce qui est à l’écran. Un mur bloque le passage ? Un peu de C4 ou, soyons fous, une frappe aérienne, et pouf, plus de mur. Un immeuble ? Attends que je te lance un missile dessus et pif, disparu. Et ainsi de suite. Bref, on laisse rapidement tomber toute velléité tactique pour se concentrer sur du run & gun classique. Et là, dans un premier temps, c’est plutôt réussi. On enchaîne les missions pour différents camps (certains étant opposés, il faudra en théorie faire attention à ne froisser personne. En pratique, on sait bien qu’au final, il faudra tuer tout le monde, alors...), avec de plus en plus d’équipement et donc une plus grosse force de frappe. Malgré tout, Mercenaries 2 lasse très vite. Le côté lourdeau devient vite insupportable, et le jeu, visiblement pas terminé (pas impossible que Pandemic se soit dépêché de le sortir avant le rush de Noël), ne fait rien pour retenir le joueur : bugs d’affichage, graphismes à la ramasse, gameplay répétitif, missions banales face à des ennemis stupides (et qui, comme dans Assassin’s Creed, répètent toujours les mêmes phrases)... Le premier Mercenaries était une bonne surprise. Pas celui-ci.
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