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mercredi 9 septembre 2009 11:37

  • cinéma

Michael Moore en perte de crédit documentaire

Le passage à l’ère Obama a ôté son impertinence au réalisateur américain.

par Philippe Azoury

tags : documentaire , festival

Envoyé spécial à la 66e Mostra, Venise

Michael Moore est cet animal médiatique que les rédactions en chef adorent (parce qu’il arrive à se faire entendre de tous) et qui encombre les critiques de cinéma (qui trouvent en général qu’en bon populiste, il ne donne que ce que nous voulons entendre). Capitalism  : a Love Story , son voyage au pays du credit crunch, n’est pas son film le plus inspiré. Question méthode, c’est même pire que d’habitude. Pour l’exemple, la scène d’une femme mise à la rue par les banques, pleurant en racontant ses déboires avec, derrière la caméra, un Michael Moore qui lui dit « I’m so sorry » tout en faisant un zoom sur son visage éploré.

Ces méthodes d’éléphant sans morale mises à part, le film est du bon côté de la gueulante. Mais il colle mal à la roue de l’actualité. Monté au fur et à mesure de l’année, il ne fait souvent que radoter ce que les différents journaux de la planète ont expliqué en mieux depuis septembre 2008. Quand Moore a commencé son film, sa cible était l’administration Bush. Comme il se vit en sauveur de l’Amérique, il faut attendre une heure et trente-six minutes pour que Moore daigne parler de celui qui est, dans le fond, son plus dangereux rival, Barack Obama. Comme dans toutes les grandes histoires d’amour-haine, Moore est peut-être tombé avec Bush  : dans la dernière partie, il avoue ne plus trouver ses actions ni très drôles ni très efficaces, et appelle les spectateurs à prendre le relais (mais c’est ce qu’ils ont fait en votant, non, Michael  ?). A noter que ce film qui compare notre monde capitaliste à Rome la veille de la chute de l’Empire, est produit par le très affairiste Harvey Weinstein. Et ce n’est pas la plus petite de ses contradictions.

Etre politique et drôle, Moore n’y arrive plus, mais Steven Soderbergh, oui. The Informant  ! est un film certes mineur mais qui a l’aisance de tenir à la fois du film-dossier à la Pakula et de la farce pure à la Blake Edwards. Matt Damon y joue un ingénieur en agroalimentaire qui a servi d’informateur pour le FBI sur toutes sortes de manipulations avant de devenir fou à lier, croyant à fond à son rôle de James Bond devant mentir sur tout et à tout le monde. Une histoire vraie.


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