samedi 6 septembre 2008 09:00
Mickey Rourke, OK par KO
Mostra. Une fin de festival américaine.
par Philippe Azoury
tag : festival
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La feuille de chou corporative BoxOffice publie son top 50 des personnalités qui font le cinéma italien. Marco Müller, directeur de la Mostra, y est 26e, rétrogradé de deux places pour sa « gestion des films italiens l’an passé » (son choix national n’avait plu ni à la critique de gauche, ni à l’industrie de droite). Dans le Corriere Della Serra, Renzo Martinelli, cinéaste ami de Berlusconi, voit la Mostra comme un « repère des protégés de la critique gauchiste ». Bref, le polyglotte Müller, qui rempile pour un second mandat de cinq ans, a fort à faire pour à la fois défendre sa vision du cinéma (comme pays sans frontière) sans s’aliéner une industrie nationale désormais flattée par le tout jeune, très nationaliste et médiatique festival de Rome, qui se tiendra à l’automne. On le sait : entre les deux, c’est la guerre. Comme si cela ne suffisait pas, Toronto n’arrête pas de grossir et ses dates chevauchent Venise, qui depuis hier s’est vidé de ses professionnels.
La Mostra finit sous un ciel américain, particulièrement spectaculaire avec The Wrestler, de Darren Aronofsky - un réalisateur dont on n’attendait plus rien, et qui, sans crier gare, nous offre son meilleur film. Il a enfin arrêté de filmer les maths (Pi), de faire des clips avec des junkies (Requiem for a Dream), ou n’importe quoi (The Fountain) et livre là l’histoire d’un catcheur vieillissant, qui ne trouve plus sa place nulle part. Dans le rôle de Ram Jam, Mickey Rourke qui signe le scénario (sous pseudo). Plus freak que jamais, plus impressionnant aussi, il est l’incarnation physique du territoire américain, de ses rêves, de sa violence, de sa solitude, et on ne s’en rend compte que tous les trois ans, chaque fois qu’il tente un come-back. Ce qu’il donne là, physiquement, en termes de masochisme frappé (combat de catch avec verre brisé, agrafeuse et fil barbelé) et de sensibilité éclaboussée, est sans égal. Pour l’accompagner, Aronofsky a mis la pédale douce sur les effets, se contentant de lui donner de l’espace et de la durée. Capacité une fois encore du cinéma américain de raviver le mythe. The Wrestler, de Darren Aronofsky. Avec Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood. 1h45. Date de sortie (France) : Mars 2009
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