lundi 22 octobre 2007 18:19
Microsoft joue l’ouverture
par Astrid Girardeau
tags : licence libre , justice , Microsoft
Steve Ballmer au Web 2.0 Summit de San Francisco ©James Duncan Davidson
Après des années de repli sur une politique de monopole et de logiciels propriétaires, plusieurs événements semblent montrer un changement de stratégie de la part de Microsoft. Même dans l’industrie informatique, l’ouverture pourrait-elle devenir le nouveau mot d’ordre ? En conflit depuis des années avec la Commission Européenne, Microsoft a accepté aujourd’hui de fournir à ses concurrents des informations techniques pour permettre la compatibilité de leurs produits avec le système d’exploitation Windows. En 2004, la Commission accusait la firme de Redmond de ne pas fournir aux éditeurs d’applications (propriétaires ou libres) les informations nécessaires pour développer sur son système d’exploitation et la condamnait pour abus de position dominante. Après trois années de bataille juridique et une amende de 497 millions d’euros, le géant américain a finalement accepté de se plier à la demande de Bruxelles : rendre les informations sur certains protocoles disponibles, et les mettre à jour au fur et à mesure de leurs évolutions. De plus, Microsoft a accepté de revoir les conditions de vente de ces informations. Celles proposées à l’origine par le géant américain pouvaient de fait être considérées comme rédhibitoires. Le pourcentage sur recettes réclamé par Microsoft (2,98%) a ainsi été remplacé par un paiement unique de 10 000 euros. Le montant de la licence permettant l’utilisation mondiale de certains brevets a lui été revu à la baisse, passant de 5,95% à 0,4% des ventes générées par les produits liés à ces brevets. L’accord, rendu public par la Commission Européenne, a été confirmé par Microsoft qui a confirmé qu’ils ne comptaient pas faire appel. Autre lieu, autre évolution. Steve Ballmer, le président de Microsoft - considéré il y a encore peu comme un des plus grands ennemis du logiciel libre, qu’il accusait régulièrement de vol de brevets – semble avoir lâché du lest. Invité la semaine dernière au Web 2.0 Summit de San Francisco, il a surpris son audience en déclarant : « nous prévoyons une vingtaine d’acquisitions par an », parmi lesquelles des éditeurs de logiciels open source. Il a précisé que sa société prévoyait d’investir de 50 millions à 1 milliard de dollars par opération, pour un budget sur cinq ans de 23 milliards de dollars. Parallèlement, la semaine dernière, Microsoft a obtenu la certification par l’OSI (Open Source Initiative) de deux licences de code partagé : la MPL (Microsoft Public License) et la MRL (Microsoft Reciprocal License). La MPL permet la reproduction, la modification et la distribution gratuites de technologies, à des fins commerciales ou non. Tandis que la MRL oblige à fournir le code source pour tout ajout ou modification d’une application. Une troisième licence, la Limited Permissive License, a elle été rejetée car elle limitait la redistribution du code à la plate-forme Windows. Si ce changement d’attitude de Microsoft vis-à-vis de l’open source est une bonne chose, il relève plus d’un intérêt économique que d’une prise de conscience philosophique. Optimiste, Michael Tiemann de l’OSI a cependant déclaré : « malgré les interactions récentes et négatives entre Microsoft et la communauté open source, le dialogue a été réellement constructif et nous espérons que cela mènera à un résultat tout aussi constructif ».
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