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lundi 11 décembre 2006 12:36

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Microsoft à plein volumes

Après Google, Microsoft veut numériser les fonds des grandes bibliothèques et les mettre à disposition du grand public avec son service Live Search Books.

par Frédérique Roussel

tags : moteurs de recherche , livre , Microsoft , Google , numérisation

DR

Après Google et son service Google Book Search (En français, Google Recherche de livres ) propulsé sur le net le 31 août, Microsoft a ouvert à son tour une bibliothèque numérique. Le 7 décembre, le groupe américain a lancé Live Search Book, un moteur de recherche sur des dizaines de milliers de livres numérisés. « Avec cet essai, nous voulons rendre la lecture aussi naturelle que possible », a expliqué le directeur du service Cliff Guren sur le blog du groupe. Le service, encore en version bêta, permet de trouver des livres scannés provenant pour l’instant uniquement des fonds publics de la British Library et des Universités de Californie et de Toronto. Et sans doute à terme de livres de la New York Public Library, de l’American Museum of Veterinary Medicine et de la Cornell University, avec lesquelles Microsoft vient de conclure un accord de numérisation.

Live Search Books permet une recherche par mots clés, à la différence de Google qui offre d’autres paramètres comme la date, le titre ou l’éditeur. Les deux services permettent de regarder en ligne des livres scannés, vieux de plusieurs siècles, avec les mots-clés surlignés, et la possibilité de rechercher des mots à l’intérieur d’un ouvrage donné. L’outil de Microsoft autorise le téléchargement intégral de tous les livres, contrairement à son rival qui ne l’accepte que sur un nombre limité (notamment de classiques comme l’Enfer de Dante ou l’Encyclopédie de Diderot). L’offre de Google, qui ne cesse de nouer des partenariats avec des bibliothèques (1), est plus abondante, mais le projet a démarré à la fin 2004.

Concernant les titres encore couverts par le droit d’auteur, Microsoft veut jouer sur du velours. Google de son côté n’a pas hésité, sans autorisation prélable des éditeurs, à numériser des livres sous copyright. Même si son moteur ne montre que des extraits au nom de la « liberté de citation », il a suscité une levée de boucliers dans le monde de l’édition pour qui Google n’a pas le droit de créer en propriétaire la version électronique de leurs ouvrages. Aux Etats-Unis, l’Association of American Publishers et la Guilde des auteurs ont porté plainte. En France, le groupe de La Martinière, et conjointement le Syndicat national de l’Edition (SNE) et la Société des gens de lettres (SGDL), ont entamé une procédure contre Google pour "contrefaçon et atteinte au droit de la propriété intellectuelle ». Microsoft ne fera pas l’économie de l’accord des éditeurs. « Nous sommes très sensibles au copyright. Nous ne ferons pas de scannage en masse de livres sous copyright », a commenté Danielle Tiedt, directrice de Live Search Selection chez Microsoft.

Depuis l’offensive de Google sur le front de la numérisation des livres du monde entier, plusieurs initiatives ont vu le jour. En octobre 2005 s’est créée l’Open Content Alliance (OCA), organisation à but non lucratif qui réunit des dizaines de partenaires (dont l’Internet Archive basée à San Fransisco, Yahoo ! et Microsoft). Pour l’instant, elle propose 35 000 ouvrages principalement en anglais, incluant ceux de précurseurs comme le projet Gutenberg. Tous sont libres de droits et téléchargeables, imprimables, et libres d’être réutilisés à des fins commerciales. Microsoft a promis de contribuer à hauteur de 150 000 ouvrages à la collection de l’OCA.

Pour rattraper Google, Microsoft a mis les bouchées doubles : il a signé mi-octobre un accord avec Kirtas, fabricant de scanners à haute vitesse capables de numériser 2 400 pages par heure (8 minutes par livre). « Un tel projet va permettre la sauvegarde ainsi que l’accès global et universel au contenu, estime Lofti Belkhir, le PDG de Kirtas Technologies. Les internautes vont pouvoir avoir accès à des milliers de livres qui ne sont plus en circulation. » Pourquoi cette frénésie de bibliothèques numériques, cette course au contenu ? Sans doute la promesse de recettes publicitaires accolées aux recherches des internautes.

(1) Google a conclu des accords avec de grandes universités comme Harvard, Oxford, la New York Public Library, la Complutense de Madrid, l’Université de Californie. Dernières en date à s’être ralliées à Google, l’Université du Wisconsin et l’Université de Virginie.


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  • Microsoft passe l’écrit

    11 décembre 2006 18:28, par franfred
    Il semblerait que la démarche entreprise par Microsoft soit intéressante mais il faudrait que des ouvrages en français soient sur Internet. Cela permettrait à chacun peut être d’augmenter sa propre culture. Il faudrait que les ouvrages ne concernent pas que la littérature mais couvrent aussi bien le domaine politique que le domaine économique ou le domaine scientifique
    • Microsoft passe l’écrit 11 décembre 2006 23:32, par elie
      les démarches entreprises par microsoft sont toujours "intéressées", et pour qu’il y ait plus d’ouvrages en français sur internet, il faudrait que les éditeurs français acceptent de les y mettre, or pour le moment ils partent en guerre contre Google au prétexte que la culture anglo-saxonne est majoritaire sur le moteur de recherche de livres. Qui se mord quoi dans l’affaire ? Le SNE ? la queue ?

 

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