lundi 18 septembre 2006 18:53
Microsoft bientôt hors-la-loi avec son baladeur Zune ?
par Erwan Cario
tags : musique , téléchargement
Le Zune de Microsoft - DR
Une des fonctionnalités annoncées du prochain lecteur multimédia de Microsoft, le Zune, censé mettre à mal l’hégémonie de l’Ipod, sera de permettre à ses propriétaires de s’échanger des fichiers musicaux par transmission Wi-Fi. Mais, pour limiter les risques de piratage, les fichiers ainsi échangés ne resteront lisibles que trois fois, et ce, pendant trois jours. Pour cela, Microsoft prévoit d’ajouter un DRM spécifique (Digital Rights Management, un code qui permet de limiter l’utilisation d’un fichier, notamment pour faire respecter les droits d’auteur) à tous les fichiers transitant par ce moyen. Si placer ce type de code sur des chansons commerciales, soumises au droit d’auteur, peut sembler naturel, le faire sur l’ensemble des fichiers, notamment les morceaux personnels, revient à limiter une utilisation qui ne l’est pas a priori. Le problème n’a pas échappé à Cesar Menendez, responsable du projet Zune, qui abuse de la pirouette pour évacuer le sujet sur son blog. A la question : « J’ai composé une chanson. Elle m’appartient. Je l’envoie à une fille que je veux impressionner. Comment ajoutez-vous la limitation des trois jours/trois fois ? Il répond : Nous ne pouvons actuellement pas savoir si vous envoyez une chanson d’un groupe connu ou si c’est une des vôtres. Donc, par défaut, nous l’encodons. Et du coup, la fille reviendra vous voir trois jours plus tard... » Il semblerait que cette dernière remarque ne fasse rire que lui. Il existe en effet des milliers de morceaux disponibles sur Internet sous la licence Creative Commons. Et, comme nous le rappelle Mélanie Dulong de Rosnay, responsable juridique de Creative Commons France : « Les contrats Creative Commons n’autorisent pas les exploitants à ajouter une mesure technique de protection sur l’œuvre qui empêcherait d’accomplir pratiquement les actes autorisés par le contrat (copier sans restriction, par exemple) – à moins d’avoir l’autorisation des titulaires des droits sur l’œuvre dans un contrat complémentaire. » Zune pourrait donc très bien se retrouver dans l’illégalité dès le jour de sa sortie. Pour donner une porte de sortie à Microsoft, Mélanie Dulong de Rosnay précise quand même : « Si on entend par DRM, non pas une mesure technique de protection, mais une mesure technique d’information exprimant à l’utilisateur ce qui est permis, alors il n’y a plus de problème. » Pas sûr que la firme de Redmond soit sur la même longueur d’onde. Source : ratiatum.com
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