mardi 15 janvier 2008 14:15
Microsoft et la Commission Européenne, nouveau round
tags : justice , économie , Microsoft
CC Benoit.Darcy
Microsoft et la Commission Européenne, c’est une affaire qui marche. Quatre mois après la condamnation du géant américain à une amende record (un total de 777 millions d’euros), et un mois après la plainte d’Opera Software pour abus de position dominante sur le marché des navigateurs, la Commission Européenne a décidé d’ouvrir une nouvelle procédure sur les positions monopolistiques supposées de Microsoft. Alors que la précédente affaire, bouclée en septembre, concernait principalement le logiciel Windows Media Player, la Commission s’attaque cette fois à une bonne partie de la logithèque Microsoft. Sont ainsi concernés Internet Explorer, évidemment, mais aussi toute la suite bureautique Office (Word, Excel, Powerpoint, Access, Outlook...) et le système de développement logiciel .Net. Enfin, les produits Windows Live (Hotmail, Messenger...) sont également dans le collimateur de la Commission, tout comme la recherche sur le web directement depuis le bureau Windows (Desktop search). La Commission dit agir suite à des plaintes, mais ne pas encore avoir de preuve des infractions. Avant un éventuel nouveau procès européen de Microsoft, la Commission Européenne devra donc d’abord enquêter. Dans le cas de la suite Office, la plainte, déposée par le Comité européen pour l’Interopérabilité, porte sur le fait que les spécifications d’Office sont trop fermées, et empêchent l’utilisation des fichiers avec d’autres suites bureautiques concurrentes. Microsoft, qui n’en disait pas tant quand les partisans de l’interopérabilité réclamaient l’ouverture des spécifications, a assuré la Commission Européenne de sa « complète coopération », en ajoutant qu’il « fournira toutes les informations nécessaires ». Depuis le jugement de septembre 2007, le géant de Seattle dit souhaiter se mettre en conformité avec la législation européenne. Les réactions à l’annonce de la Commission Européenne sont variées : tandis qu’Opera est « satisfait de la réponse de la Commission », le Comité européen pour l’Interopérabilité trouve « regrettable qu’en dépit du jugement de septembre 2007, Microsoft continue à utiliser son monopole sur les ordinateurs de bureau pour restreindre la concurrence ». L’enquête de la Commission, qui porte sur une large part du portfolio logiciel de Microsoft, laisse cependant entendre que l’entreprise n’est désormais plus vraiment à l’abri.
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