mardi 9 octobre 2007 11:39
Mip-Mip, revoilà les coyotes : Nanar superstar
En direct du MIP, à Cannes, en compagnie de nos deux reporters dans le monde merveilleux de la télévision.
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tag : festival
Amis de la mule argentée, des sacs en crocodile et fourrure panthère (si, juré, les deux à la fois), et des lunettes de soleil dorées dévorant les trois quarts du visage à part les lèvres en collagène, bienvenue à Cannes. S’y tient toute la semaine un autre festival de Cannes, mais de la télé : le Mip, marché international des programmes. De la bonne grosse télé qui tache, ainsi qu’en témoigne l’écran géant installé pile devant le Palais des festivals diffusant en boucle des caméras cachées. Ici, on dit « candid cameras ». Premier jour de Mip et c’est la ruée. Direction d’abord le Blue Lounge –c’est quand même plus joli que « gare maritime »– pour s’y faire accréditer, remettre un sac noir siglé Orange avec de la pub dedans (dont une capote de chez ID Distribution pour « sex up your schedules », soit « faites bander vos grilles de programmes », ainsi qu’un bloc-notes en papier recyclable de la chaîne brésilienne Globo TV) et la gommette. Très important, la gommette : il faut la coller sur la boîte aux lettres qui vous est attribuée afin de crier au monde : « Oui, je suis arrivé, qu’on ouvre les magnums de champagne ! ». Car on nous glisse dans ces boîtes aux lettres des invitations à des cocktails de toutes sortes (dont celui d’Amour, gloire et beauté, mercredi, dans une suite du Majestic). Puis, si vous êtes un journaliste sérieux, vous suivez la ministre qui inaugure le Mip. Christine Albanel découpe le ruban tricolore avec des ciseaux dorés, un bout du ruban se retrouve dans la pochette de Bernard Brochand, maire de Cannes, et en avant la zizique. La ministre volette de stand français en stand français. A un type d’Orange qui lui montre la télé sur portable, elle déclare : « Bravo, c’est bien parti ». Pas avare en compliments, la ministre. Au bout d’un moment, on lâche l’affaire parce qu’on n’est pas des journalistes si sérieux que ça et qu’il est l’heure de fumer dehors. Dehors, c’est un autre tabac. Des jeunes femmes en sari distribuent des prospectus, oui, parce que c’est la journée de l’Inde, au MIP. Des handicapés en fauteuil photographient les jeunes femmes en sari, oui, parce que l’Association des paralysés de France manifeste aux marches du Palais pour réclamer un meilleur accès. Au milieu de tout ce beau monde, trône Nanar. Nanar, policier à moto de son état, est bien occupé. D’abord, il y a « plein de jolies blondes », comme celle-ci qu’il désigne à ses collègues : « Oh la jolie blonde ». Ensuite, l’instinct professionnel de Nanar se réveille et le voilà suspicieux : « Et les vélos taxis, là, ils ont le droit d’aller partout ? » Enfin, Nanar, policier polyvalent, sert de photographe à un couple de Coréens. Derrière Nanar passe un camion publicitaire où l’on vante un nouveau concept de télé-réalité, I Know My Kid’s A Star. Mais nous, on sait bien que la star, c’est Nanar.
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