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lundi 12 octobre 2009 11:56

  • télévision

Mip-mip, vous avez demandé les urgences

par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos

tag : télé-réalité

L’émission néerlandaise TheCoffin, où un présentateur (à dr.) interviewe une star sur la façon dont elle veut être enterrée. PHOTO EO ABSOLUTLY INDEPENDANT

Cette semaine, chers patients, le Dr Garriberts participait à un congrès dans le sud de la France. C’est là, à Cannes, que tous les mandarins de la thérapeutique télévisée se retrouvent pour échanger remèdes, potions et philtres destinés à combattre par imposition du petit écran le grand spleen de l’humanité. Au Mipcom, le marché international des programmes, et notamment en assistant au symposium des éminents confrères de The Wit qui auscultent toutes les nouvelles émissions émises par les plus grandes cliniques cathodiques de la planète, le Dr Garriberts a rempli sa sacoche de multiples traitements. Il ressort des analyses effectuées à Cannes que tous les nouveaux concepts proposent de soigner la vie de merde du téléspectateur à coups de remède de cheval. Faites « Aaaah ».

Doper sa vie

VDM. Du boulot jusqu’aux yeux, même pas le temps de coiffer les enfants qui partent à l’école hirsutes, et vous vous endormez le soir le nez dans votre ragoût de kangourou. Paye-toi une vie, vieux. C’est le concept de l’australien (parce que vous pensiez qu’on parlait gratuitement de kangourou ?) Get a life. Des familles surmenées sont invitées à tout changer : désormais ce sera, sous la houlette d’un coach, huit heures de travail par jour et pas plus, le reste étant consacré aux loisirs dont celui, visiblement crucial en Australie, qui consiste à coiffer ses mômes.

Le finlandais The Happiness project vise, si c’est possible, à une félicité encore plus grande : être heureux. Et y a du boulot au vu du casting réuni : un père veuf, une mère d’enfant handicapé mental, une artiste obèse, une femme sans enfant et workalcoholic, un chômeur de 60 ans. Tous le moral dans les bottes fourrées, ainsi que le montrent les résultats, lamentables, obtenus lors d’un test de bonheuritude passé en début d’émission. Six mois d’intenses injections de joie en I.V. (danse, randonnée, youpi) plus tard, nos amis déprimés deviennent déprimants de béatitude.

Se greffer un nouveau métier

Tiens, darling, et si on ouvrait un restaurant dans le salon ? Bonne idée à la con, honey. Et hop, deux concepts de télé britannique, deux : Restaurant in our living-room et Restaurant in your home. Soit des amateurs jouant à un Dîner presque parfait en vrai, installent un boui-boui au milieu de leurs meubles et s’engueulent comme le poisson pourri qu’ils viennent de servir. Darling, je veux devenir danseuse de Sheryfa Luna. Bonne idée à la con, honey, voilà U dance, by Always qui voit sept jeunes filles s’entraîner dans une école de danse new-yorkaise pour atteindre ce pinacle artistique : danser dans un clip de Sheryfa Luna. Le tout sponsorisé et même produit par la marque de protections périodiques Always. Du branded entertainment, ça s’appelle. Sheryfa Luna et Always, voilà une carrière qui se présente sous les meilleurs auspices… En plus, darling, tu bouges comme Michael Jackson. Tu me trouves trop raide, c’est ça, honey ? Mais non, tu es parfaitement au point pour Move like…, dont le premier numéro, en décembre sur la BBC, sera consacré aux moonwalkers amateurs : « hi-hi ».

Piquer les enfants

Oui, c’est la seule solution. Déjà quand c’est Supernanny qui vient te faire la misère, c’est lourd mais alors quand ce sont tes propres mômes…Et pourtant : dans le danois My big fat parents, ce sont les lardons eux-mêmes qui envoient leurs darons perdre du gras. Et pire que tout : le poids perdu (avec pesée à l’antenne, of course) est converti en argent pour les études des enfants. Je t’en foutrais, moi. Une bonne ordonnance de calottes aussi pour les cinq gniards irlandais de The Shrinks (« les ptits psys ») qui s’attellent à la résolution de problèmes d’adultes genre ; je dors mal, je vis seul ou je déteste mon boulot. Eh, ptit con, vu le monde qu’on te prépare, t’en auras jamais du boulot, nananère.

Se faire poser un cerveau

Parce que c’est pas avec votre jus de crâne pas frais que vous réussirez à battre, heu, disons Jean-Pierre Foucault. C’est ce qu’on a trouvé de mieux comme équivalent de l’Allemand Günther Jauch, que des candidats tentent de battre dans le quiz 5 Gegen Jauch. Jauch s’est fait connaître en présentant la version teutonne de Qui veut gagner des millions ? D’où Foucault. Capiche ? Rhalala, vous êtes lents… C’est pas demain la veille que vous participerez au quiz britannique The reflex : l’image d’une femme Premier ministre diffusée pendant une nanoseconde et boum, il faut avoir reconnu… Alors ? Eh non, c’était Margaret Thatcher.

S’autopsier

Mais qui êtes-vous vraiment ? Surtout, quel Norvégien êtes-vous ? Voilà l’idée de l’étonnant Culture Shock : Norway qui voit dix Américains faire des trucs de Norvégien (chien de traîneau, pêche à travers la glace, fabrication de tubes à lèvres Neutrogena). Normal, en fait, puisqu’ils sont d’origine norvégienne et cherchent à retrouver ainsi leurs racines glacées. En cas d’échec, ils sont reconduits à la frontière par Bjorg Hörtefø. Autodissection toujours : en quoi croyez-vous ? Jéhovah ? Vishnu ? Joffrin ? Alors il faudra en passer par Choosing my religion, un jeu qui consiste à s’embrigader dans une des quatre grandes religions et à en suivre l’enseignement spirituel dispensé qui par un imam, qui par un rabbin… A gagner, pas mal : la vie éternelle. Pour le corbillard, laissez-nous choisir, ce sera une Fiat 500. Orange. Ça, c’est du concept : dans le néerlandais The Coffin, le présentateur arpente le pays au volant de sa Fiat 500 sur le toit de laquelle est sanglé un cercueil (en anglais « coffin »). Et là toc-toc, bonjour, c’est moi la mort, voilà notre présentateur qui rend visite à des célébrités, son cercueil sur le toit. L’objet : discuter de la camarde et des futures funérailles de la vedette visitée. Laquelle est cordialement invitée à customiser son cercueil (napperon, bouteille de Chivas, tout est possible) et à l’essayer. Histoire de bien faire les choses, on mime ensuite l’enterrement, la vedette portant son propre cercueil. Désolés, le Dr Garriberts a fait tout ce qu’il a pu. Heure du décès : 14 h 56.


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