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Il faudra un jour faire un Copenhague de l’internet, qu’on convoque les FAI, pour qu’ils ferment l’accès à ces sites, et on règlerait accessoirement le problème de la création artistique.

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lundi 10 mars 2008 16:55

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Miro : « Notre projet, c’est ça : démocratiser la vidéo »

par Sébastien Delahaye

tags : vidéo , licence libre , Mozilla

DR

Sur le web, podcasts et vidéos sont éparpillés un peu partout, rendant leur découverte et leur consultation parfois difficile. Pour remédier à cette situation, Miro, logiciel libre et gratuit apparu fin 2007, permet de regrouper les vidéos en provenance de partout sur le net. Le logiciel a déjà été téléchargé plus de deux millions de fois, et rencontre un petit succès en Europe. Holmes Wilson, l’un des membres de la direction de la Participatory Culture Foundation, qui finance le développement du logiciel, était de passage à Paris fin février.

Comment est né Miro ?
Nous nous intéressons depuis des années à la propriété intellectuelle, à l’accès aux contenus. Début 2005, quand nous avons commencé le développement de Miro, la vidéo était encore un chantier sur le net. Le meilleur moyen de transformer ce secteur était de construire un outil permettant à chacun de devenir un diffuseur de vidéos, une chaîne télé. Plusieurs d’entre nous viennent de l’activisme politique, et la diffusion libre de vidéos est un sujet capital pour eux. Avec la technologie, nous avons eu l’opportunité de créer une infrastructure permettant de changer les choses.
L’idée, c’était de créer un logiciel facile à utiliser, dont l’usage serait proche de la télé. Mais à la place de la télévision, qui est un monde très fermé, avec une poignée d’énormes entreprises, ici vous avez un choix libre, avec la possibilité de regarder n’importe quelle vidéo, de n’importe qui, en provenance du net. Et vous pouvez aussi mettre vos vidéos en ligne. Notre projet, c’est ça : démocratiser la vidéo.

D’où le premier nom de Miro, Democracy ?
Oui. Quand, au début du projet, on a dû lui donner un nom, on ne voulait pas simplement créer un lecteur vidéo, mais modifier le monde de la diffusion. D’où le nom Democracy. Mais beaucoup de gens croyaient, à cause du nom, qu’il s’agissait d’un outil d’activisme politique. C’est un but que nous soutenons, mais ça n’est pas notre objectif principal. Nous voulons toucher le plus de monde possible, avec des vidéos de tous les genres : il y a des vidéos créées par des entreprises, des internautes, des ONG... Il y a de la musique, des films, un peu de tout. On ne voulait pas que le nom nous restreigne à une seule catégorie. Donc Miro.

Joost, le nouveau projet des créateurs de KaZaA et Skype, est un autre gros projet vidéo, qui a eu beaucoup plus de presse que vous...
Il y a beaucoup de projets autour de la vidéo, et Joost en est un. Mais Joost représente une vision de la vidéo complètement opposée à la nôtre. Joost repose intégralement sur des verrous numériques (ou DRM, pour Digital Rights Management), nous les refusons. Leur logiciel est propriétaire, tandis que nous sommes pour le logiciel libre. N’importe qui peut mettre en ligne du contenu sur Miro, tandis que la diffusion sur Joost est réservée aux grosses entreprises. Nous utilisons des standards d’Internet, et eux pas. Pour la diffusion de médias, il faut des standards ouverts, des outils libres. C’est crucial pour un logiciel qui permet l’accès aux médias. Dans le cas contraire, on arrive à une seule société qui contrôle la diffusion. C’est le modèle classique, qui est déjà dépassé. Pour nous, Joost ne fait que contribuer à la concentration des médias et des créateurs de contenus.

Adobe pourrait ajouter un système de verrous numériques à son format Flash (utilisé par les sites de partage de vidéos)...
Nous nous sommes engagés à ne jamais, en aucun cas, utiliser de DRM. Les verrous numériques créent des problèmes énormes sans rien apporter pour la vidéo. Ils sont inutiles et restrictifs. Si Adobe intègre des DRM à Flash, et que des sites comme Youtube commencent à les utiliser... ils ne fonctionneront pas dans Miro. D’une manière générale, aujourd’hui la dynamique va à l’encontre des DRM et plus dans le sens d’une plus grande ouverture des outils et des formats pour faciliter la diffusion.

Votre objectif aujourd’hui ?
Depuis qu’on a commencé, il y a eu beaucoup de changements dans le monde de la vidéo, avec Youtube et tous les autres. Mais le fonctionnement de ces sites confirme notre vision. Le monde de la vidéo sur le net est très centralisé, ce qui crée des problèmes de qualité, de diffusion... C’est pour cela qu’il est indispensable de créer une plate-forme complètement ouverte, qui ne dépende d’aucune entreprise, qui ait pour mission principale de défendre les libertés d’expression et de la presse. Il faut pouvoir regrouper les vidéos quelle que soit leur origine, et ne pas se contenter d’une seule source, même Youtube.

Miro semble très proche de Mozilla Firefox dans l’esprit, c’est volontaire ?
Comme la Mozilla Foundation, qui finance le développement de Firefox, la Participatory Culture Foundation est à but non-lucratif. La Mozilla Foundation nous a donné 100 000 dollars en mai dernier, et nous contribuons au développement de Firefox. Par ailleurs, John Lilly, qui est récemment devenu PDG de Mozilla, fait partie de notre conseil de direction. Qu’il y ait des similitudes est donc naturel. Nous allons d’ailleurs sortir bientôt une extension pour Firefox qui permettra d’envoyer dans Miro les vidéos que vous voyez dans votre navigateur.


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