vendredi 12 octobre 2007 11:19
Misumi, fine lame du cinéma
par Edouard Waintrop
tags : cinéma d’auteur , cinéphilie , Japon
DR
Les Derniers Samouraïs
Kenji Misumi est mort à 54 ans, en 1975, l’année qui suivit la réalisation des Derniers Samouraïs. Il venait juste d’achever pour la télévision le dernier épisode de Zatoichi Monogatari, les histoires du sabreur aveugle. Un phénomène populaire à l’origine duquel il était puisque, en 1962, il dirigea le film homonyme qui inspira cette reprise pour le petit écran (1). Il avait aussi mis en scène la Trilogie du sabre, les Baby Cart, les Aventures de Nemuri Kyoshiro, le Sabreur, en tout 68 films, la plupart vifs comme l’éclair et coupants comme une lame. Dans les Derniers Samouraïs, Misumi conte l’histoire de cinq combattants traditionnels dépassés par l’Histoire, par cette évolution du Japon qui accéléra dans les années 1860-1870. Il s’attarde surtout sur le plus intelligent d’entre eux, Sugi, le seul qui soit tout à fait inventé. Autrefois déshérité, celui-ci a été recueilli par Ikemoto, un espion du shogun en guerre contre l’empereur. De ce maître, Sugi n’a pas seulement appris les arts martiaux dans toute leur finesse mais aussi ce que Ikemoto considère comme la sagesse politique. Il restera à l’écart des conflits politiques massacrants qui agitent le Japon. Alors que ses quatre amis samouraïs mourront dans la crise qui verra naître l’ère Meiji, Sugi se reconvertira dans une activité des plus pacifiques. Dans le bonus, Masanori Sanada, qui fut son producteur à la Katsu, et Kazuma Nozawa, son biographe, expliquent combien Misumi souffrit pour ce film produit par la puissante et bureaucratique Shochiku. La grande société était peu adaptée à son esthétique. Dans ce long métrage, on ne retrouve ainsi plus rien des jeux d’ombres et de lumières qui signaient souvent ses mises en scène. Reste quand même, dans ce film pacifiste et relativement optimiste, quelques brillants combats au sabre et une ampleur dans le récit, manière bien misumienne de captiver le spectateur. (1) Puis, des décennies plus tard, le Zatoichi de Takeshi Kitano.
de Kenji Misumi (1974).
Wild Side Video
Il y a 0 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager Tweet


