dimanche 21 juin 2009 01:58
Mon club (paraît-il)
Chaque samedi, la techno-chronique de Pierre Marcelle.
par Pierre Marcelle
Ils m’écrivent en moyenne une fois par semaine, et quelquefois jusqu’à deux fois par jour. Parfois, c’est Anna qui tient le clavier, parfois c’est Adam qui s’y colle, mais ce peut tout aussi bien être Patrick ou Nita. Ils m’écrivent en anglais, et ne me parlent que de politique américaine. L’autre jour, j’ai cru qu’ils allaient me toucher un mot de la visite en Normandie de leur Président qui fait de l’ombre au nôtre, mais non. La promotion des énergies « propres » auprès du Congrès des Etats-Unis surtout les préoccupe. Aussi bien, le mois dernier, m’invitaient-ils à faire part, aux élus du peuple américain et par un simple clic, de mon désir de les voir enfin mettre sur pieds un véritable système de santé publique – pas tout à fait notre Sécu, mais genre… Eux, ce sont les membres de MoveOn, une association politique qui se définit comme progressiste et « ancrée à gauche », dont les meilleurs ennemis sont assez naturellement les membres du Parti républicain, mais également les « Conservative Democrats », l’aile droite du parti que fonda Thomas Jefferson. Autant dire que je ne regarde pas les mails de MoveOn comme des spams, ni a fortiori une propagande parasite allant à l’encontre de toutes mes convictions. Mon problème, avec MoveOn, c’est que tout ce que je vous en dis, c’est Wikipedia qui me l’a soufflé. D’où ma surprise toujours renouvelée à m’y découvrir apostrophé en qualité de « Dear MoveOn Member ». Or, voici bien une organisation à laquelle je n’ai jamais formellement adhéré. Est-ce à dire qu’un bug dans le fichier m’y a encarté ? Ou que le consensuel amour que mes compatriotes portent à la personne de Barack Obama – à l’élection duquel MoveOn n’a pas peu contribué – m’assimile, as « french citizen » et par capillarité, en quelque sorte, à un partisan dudit ? Je ne saurai jamais. Ce que je sais seulement, maintenant, c’est que les identités politiques et les affinités électives, sur et via la Toile, sont désormais un peu plus que « virtuelles ».
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