Mon pseudo et moi
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Sur le net, prendre un pseudo est presque naturel. Certains réutilisent un surnom, d’autres s’en inventent un quand un logiciel de messagerie le leur demande, d’autres encore se créent une véritable deuxième identité. Ecrans.fr fait le portrait de quatre pseudonymes, de quatre internautes. Rebecca, La Morue
Hugo, Astigo
Sophie, Larcenette
Kevin, Quaigy
Rebecca est La Morue, et inversement. « C’est une longue histoire. A la base, quand tu traites une fille de morue, c’est une insulte. Pour déconner, avec ma meilleure amie, on s’appelait "Morue". C’est devenu une marque d’affection et finalement c’est resté. » Une fois sur le net, Rebecca a ouvert un blog et conservé ce pseudo que pratiquement tout le monde utilise. Même dans la vraie vie. « Rebecca, c’est plutôt joli et un peu original, mais j’ai toujours l’impression qu’on m’engueule quand je l’utilise. Donc je préfère qu’on m’appelle Morue, même si les gens ont parfois du mal à s’y mettre. » Les deux appellations correspondent d’ailleurs à la même personne : « Online, offline, je suis la même et je retrouve les mêmes gens. Je ne joue pas un rôle. »
« Mon pseudo vient de mon ex. Elle avait pour habitude d’acheter à sa fille des livres pour enfants, et l’un d’entre eux s’appelait "Hugo l’asticot". Je ne suis pas très gros alors elle a vite commencé à m’appeler comme ça pour me taquiner. Ça m’énervait... » Malgré tout, au moment de se choisir un pseudo pour un forum, Hugo a repris les syllabes d’Hugo l’Asticot pour obtenir Astigo. Et c’est resté. « Tous les gens que j’ai rencontré sur Internet et que je cotoie en vrai m’appellent Astigo. D’ailleurs, ça me fait bizarre quand une connaissance du net m’appelle Hugo. » D’autant que le pseudo marque, au début, une personnalité un peu différente : « Hugo, c’est le gars coincé, timide, sans répartie. Plutôt gentil mais limite niais. Astigo, lui, c’est une casse-couilles de première, toujours en train de gueuler ou de vanner. Et puis en vieillissant, les deux se sont rapprochés. Aujourd’hui, Hugo, Astigo, ça ne fait plus qu’un. »
« Larcenette, c’est inspiré par Manu Larcenet. En le féminisant, je me suis rendue compte que personne d’autre n’avait le même sur le net. Avoir un pseudo unique c’est difficile, alors depuis je le garde. D’autant que des Sophie, dans ma génération, il y en a un paquet. » Mais avant de s’arrêter sur Larcenette, Sophie a eu plusieurs pseudos : « On n’a pas les même envies quand on a 16 ans qu’à 28 ans. Mes différents pseudos étaient assez représentatifs de mes évolutions et de plein de choses assez différentes. » Aujourd’hui, Sophie est Larcenette : « C’est la même personne. Mes coups de gueule, mes états d’âme sur le net sont les mêmes que dans ma vie. D’ailleurs, quand je rencontre des gens du net, je les invite à m’appeler Sophie. En dépassant le côté virtuel, ils passent aussi à une autre étape. Je reprends mon apparence réelle qui est Sophie et non Larcenette. »
Grand gaillard de 28 ans, Kevin fait remonter son pseudo à une dizaine d’années, lorsque qu’il passait son temps à jouer à « Quake II » sur PC : « Je disais tout le temps "Quake, Quake, Quake". Ca a donné Quaig et un ami s’est mis à m’appeler ainsi. Au début c’était quand même plutôt péjoratif. » Quand il commence à jouer sur Internet, Kevin se cherche un pseudo et son surnom revient vite. Il y rajoute un « y » et obtient Quaigy. « Peu de temps après, l’ami qui avait commencé à m’appeler ainsi est mort dans un accident. Pour me souvenir, j’ai décidé de conserver mon pseudo. » Qui est effectivement bien resté : « Aujourd’hui, mes amis et ma famille m’appelent autant Kevin que Quaigy, voire Q, tout simplement. Pourtant, Kevin et Quaigy sur Internet, ça n’est pas vraiment la même personnalité. »
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