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Web 2.0 : gare à vos traces

mardi 5 décembre 2006

  • internet

Mon pseudo et moi

par Sébastien Delahaye

tags : portraits , blog , communauté

Sur le net, prendre un pseudo est presque naturel. Certains réutilisent un surnom, d’autres s’en inventent un quand un logiciel de messagerie le leur demande, d’autres encore se créent une véritable deuxième identité. Ecrans.fr fait le portrait de quatre pseudonymes, de quatre internautes.

Rebecca, La Morue
Rebecca est La Morue, et inversement. « C’est une longue histoire. A la base, quand tu traites une fille de morue, c’est une insulte. Pour déconner, avec ma meilleure amie, on s’appelait "Morue". C’est devenu une marque d’affection et finalement c’est resté. » Une fois sur le net, Rebecca a ouvert un blog et conservé ce pseudo que pratiquement tout le monde utilise. Même dans la vraie vie. « Rebecca, c’est plutôt joli et un peu original, mais j’ai toujours l’impression qu’on m’engueule quand je l’utilise. Donc je préfère qu’on m’appelle Morue, même si les gens ont parfois du mal à s’y mettre. » Les deux appellations correspondent d’ailleurs à la même personne : « Online, offline, je suis la même et je retrouve les mêmes gens. Je ne joue pas un rôle. »

Hugo, Astigo
« Mon pseudo vient de mon ex. Elle avait pour habitude d’acheter à sa fille des livres pour enfants, et l’un d’entre eux s’appelait "Hugo l’asticot". Je ne suis pas très gros alors elle a vite commencé à m’appeler comme ça pour me taquiner. Ça m’énervait... » Malgré tout, au moment de se choisir un pseudo pour un forum, Hugo a repris les syllabes d’Hugo l’Asticot pour obtenir Astigo. Et c’est resté. « Tous les gens que j’ai rencontré sur Internet et que je cotoie en vrai m’appellent Astigo. D’ailleurs, ça me fait bizarre quand une connaissance du net m’appelle Hugo. » D’autant que le pseudo marque, au début, une personnalité un peu différente : « Hugo, c’est le gars coincé, timide, sans répartie. Plutôt gentil mais limite niais. Astigo, lui, c’est une casse-couilles de première, toujours en train de gueuler ou de vanner. Et puis en vieillissant, les deux se sont rapprochés. Aujourd’hui, Hugo, Astigo, ça ne fait plus qu’un. »

Sophie, Larcenette
« Larcenette, c’est inspiré par Manu Larcenet. En le féminisant, je me suis rendue compte que personne d’autre n’avait le même sur le net. Avoir un pseudo unique c’est difficile, alors depuis je le garde. D’autant que des Sophie, dans ma génération, il y en a un paquet. » Mais avant de s’arrêter sur Larcenette, Sophie a eu plusieurs pseudos : « On n’a pas les même envies quand on a 16 ans qu’à 28 ans. Mes différents pseudos étaient assez représentatifs de mes évolutions et de plein de choses assez différentes. » Aujourd’hui, Sophie est Larcenette : « C’est la même personne. Mes coups de gueule, mes états d’âme sur le net sont les mêmes que dans ma vie. D’ailleurs, quand je rencontre des gens du net, je les invite à m’appeler Sophie. En dépassant le côté virtuel, ils passent aussi à une autre étape. Je reprends mon apparence réelle qui est Sophie et non Larcenette. »

Kevin, Quaigy
Grand gaillard de 28 ans, Kevin fait remonter son pseudo à une dizaine d’années, lorsque qu’il passait son temps à jouer à « Quake II » sur PC : « Je disais tout le temps "Quake, Quake, Quake". Ca a donné Quaig et un ami s’est mis à m’appeler ainsi. Au début c’était quand même plutôt péjoratif. » Quand il commence à jouer sur Internet, Kevin se cherche un pseudo et son surnom revient vite. Il y rajoute un « y » et obtient Quaigy. « Peu de temps après, l’ami qui avait commencé à m’appeler ainsi est mort dans un accident. Pour me souvenir, j’ai décidé de conserver mon pseudo. » Qui est effectivement bien resté : « Aujourd’hui, mes amis et ma famille m’appelent autant Kevin que Quaigy, voire Q, tout simplement. Pourtant, Kevin et Quaigy sur Internet, ça n’est pas vraiment la même personnalité. »



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  • Mon pseudo et moi

    22 décembre 2006 17:31, par SojaRouge
    Sinon, il y a aussi la solution bateau et pas originale, de retourner le prénom ou un nom d’emprunt et éventuellement d’enlever une lettre pour se démarquer. Ne[i]tsabes, alucard, etc...
  • Ha ha ha ! Netsabes !

    22 décembre 2006 17:05, par reblochon

    Et le prochain coup, tu nous fais un article sur les trombinoscopes !

    Tu ne parles meme pas de NoobKiller ou de Bob45 !

    Philippe @ Reblochon

  • Mon pseudo et moi

    5 décembre 2006 21:20, par Tr3P
    Ca pue le VSD cet article consensuel et mou. Je ne te félicite pas.
    • Mon pseudo et moi 6 décembre 2006 01:04, par Fabrice Clerc
      En même temps quand on décide de faire un article sur les pseudos, je vois pas quelle matière tu peux avoir pour faire quelque chose de saignant. Sauf que sur un dossier internet, ne rien dire sur les pseudos, c’est impossible. Les pseudos, c’est tout l’histoire du web collaboratif à commencer par les premiers newsgroups américains il y a 15 ans...
      • Quelque chose de saignant 17 janvier 2007 00:24, par Alexis Chazard
        Il est juste de rappeller que ça remonte à loin. Une simple précision en début d’article aurait permis de se dire que l’on allait pas lire un article informatif sur la pratique du pseudo. Ici on est dans l’approche délicate de quatre personnes en prise avec la façon dont leur identité se déplace, s’émancipe.
        C’est par conséquent moins le ton de l’article qui me chagrine que la façon dont il reste très en surface. Pourquoi l’auteur en dit-il si peu sur ce/ceux qu’il découvre ? Et pourquoi quatre personnes et pas beaucoup plus ? Car si ce n’est pas dans la démultiplication des exemples que quelque chose se dessine, est-ce pour autant que ces quatre-là suffisent ou sont des modèles du genre ?
        Mais il y a de belles lignes dans cet article, comme lorsque l’on sent que le choix d’un pseudo s’est fondé sur une histoire ancienne, douloureuse, qui sert de rappel à la mémoire pour son porteur et invite les internautes à l’investir d’un sens tout à fait différent. C’est tout de même le cas pour deux d’entre eux sinon trois !
        Une dernière question, je crois, côtoie celle du pseudo et l’article ne laisse qu’imaginer ce que l’on aurait pu en dire : pour quelle raison nous semble-t’il si important de s’en créer un ? Pour beaucoup Internet et le monde connecté sont si détachés du monde réel qu’il semble évident d’y incarner une autre identité. Après tout, on n’y laisse transparaître que des images, on peut donc s’y donner à voir. Dans ce cas qu’en est-il de ceuxelles qui choisissent de garder identique, traçable leur identité. Ne réussissent-ils pas à être connectés plus encore que ceux qui jouent la carte de la séparation des univers ? ;)
  • Mon pseudo et moi

    5 décembre 2006 20:40, par quaigy
    Oh non, mon terrible secret est revelé au monde entier ! Qu’as tu fait, Seb’ ?

 

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