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vendredi 14 septembre 2007 18:01

  • internet

Mozilla 24 : « C’est une expérience autour du partage »

par Astrid Girardeau

tags : web 2.0 , Mozilla , navigateurs , interview , conférence

DR

Alors que le nombre de téléchargements de Firefox vient de dépasser la barre des quatre cent millions, la Mozilla Foundation organise ce week-end Mozilla 24, une rencontre internationale sur le thème de « L’avenir du web ». Les 15 et 16 septembre, des conférences et débats se dérouleront successivement à Tokyo, Bangkok, Palo Alto et Paris, et retransmis en direct sur Internet.

Cette journée-marathon aura lieu à la Stanford University (EU), à l’Ecole nationale supérieure des télécommunications, à l’université Keio (Japon) et à l’Asian Institute of Technology (Thaïlande). Toutes les rencontres, qui se feront en langue anglaise, seront en accès libre et visibles en ligne.

Parmi les intervenants on retrouvera des grands noms d’Internet (Vinton Cerf, Lawrence Lessig, etc.) et de la Mozilla Foundation : Mitchell Baker (à l’origine de la fondation ), Mike Shaver, Axel Hecht et Pascal Chevrel, et Tristan Nitot, fondateur et président de Mozilla Europe. Ce dernier a répondu à nos questions.

Le thème de Mozilla 24 est « L’avenir d’Internet ». Quelle est votre vision des prochaines tendances ?
Tristan Nitot : Il y a quelques années, je n’étais pas très optimiste, notamment au niveau du web. Tous les gens ne faisaient des sites que pour le navigateur Internet Explorer car il était dominant, alors qu’il n’était plus développé. On était dans un cul-de sac technologique. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. L’industrie des navigateurs a gagné en dynamique. Mozilla y a joué un rôle significatif avec Firefox. D’autres y participent aussi. On peut par exemple citer Apple qui a implanté son navigateur Safari sur les iPhones.

Mais comment voyez-vous le futur d’Internet ? Des prospectives sur dix, vingt ou cinquante ans sont-elles réalistes au regard de l’évolution du web ces dix dernières années ?
Je n’en sais rien. Si j’avais dû faire des prédictions, je me serais souvent trompé. Par exemple, je ne pensais pas Wikipédia possible. Il y a encore aujourd’hui un potentiel qui ne demande qu’à s’exprimer. En même temps, certaines entreprises et organisations au système fermé y voient une menace pour leur business. Il faut s’assurer que le web reste ouvert, et c’est ce que je fais avec Mozilla. Mais ce qu’il y dans ce potentiel, je l’ignore.

La première conférence (tenue par Lawrence Lessig) est intitulée « Web n.0 ». Pensez-vous que la numérotation d’Internet ait un sens ?
Je ne suis pas un grand fan de l’appellation Web 2.0, surtout depuis que c’est devenu un genre de gimmick pour les gens qui veulent devenir riches rapidement. Pour Tim Berners-Lee (l’inventeur du web, ndrl), le web, c’était un ordinateur et un navigateur également éditeur, afin que chacun puisse à la fois produire et consommer du contenu. Sa vision est aujourd’hui réalisée.
Au début, le web était avant tout spécialisé. Les médias s’y sont rapidement mis et y ont reproduit leur schéma : peu produisent et beaucoup consomment. Je pense que le vrai web arrive aujourd’hui, avec la possibilité pour chacun de produire de l’information sur YouTube, Flickr, Wikipédia, etc.

Et que vous évoque le « Web 3.0 » ?
Je ne sais même pas ce que c’est (rires).

Qu’attendez-vous de l’événement ?
Pour nous, c’est un peu une grande première de faire un événement international virtuel. On se réunit tous les trimestres à la Silicon Valley, mais on est une communauté ventilée aux quatre coins du monde, et on ne peut jamais tous venir. Mozilla 24 est avant tout une expérience autour du partage.

- - - - - - - - - - - - - - -

Mozilla 24 à Paris
Le 15 septembre de 10h15 à 13h
A l’École Nationale Supérieure de Télécommunications
Amphithéatre Emeraude
49 rue Vergniaud, 75013 Paris
Réservation en ligne

Les autres conférences se dérouleront :
- De 01h15 à 4h à la Stanford University de Palo Alto (voir le programme)
- De 13h15 à 18h à l’Asian Institute of Technology de Bangkok (voir le programme)
- De 17h15 à 20h à l’université Keio de Tokyo (voir le programme)


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