Musique Max : La marmelade d’Orange
par Astrid Girardeau
tags : musique , téléchargement
Pile poil. Une semaine avant le passage de la loi Création et Internet et de son système de riposte graduée censé lutter contre le piratage, devant le conseil des ministres, Orange vient d’annoncer le lancement de « Musique Max ». Le 12 juin arrive un nouveau service pour PC et mobile à douze euros par mois proclamé « l’offre de téléchargement de musique illimitée la plus riche du marché » et « la première alternative crédible au piratage », selon Jérôme Hénique, directeur du marché résidentiel de l’opérateur. On pouvait donc espérer l’arrivée d’une mini-licence globale, illimitée et sans DRM, dans ce marché fragmenté du téléchargement en ligne. Car les offres lancées par les fournisseurs d’accès (Neuf, Alice) et opérateurs mobiles (SFR) se suivent et ne ressemblent pas, chacun y allant de son partenariat avec une ou deux majors et des conditions d’utilisation qui sous-entendent que derrière chaque client se cache un pirate. Premier hic, « Musique Max » n’est pas une plate-forme pour tous les internautes (comme iTunes), mais à nouveau une offre d’opérateur, réservée aux seuls clients Internet ou Mobile Orange. Dans « téléchargement illimité », il y a « illimité ». Mais en fait, pas vraiment. Il doit se faire « dans le cadre d’un usage raisonnable ». Traduction : le nombre de titres est limité à cinq cents par mois, pour éviter les téléchargements « massifs ». Autre contrainte de taille, Orange pense à « éviter le piratage » (avant de penser à ses clients) en interdisant de stocker les titres sur un disque dur externe ou de les graver. Contrôlés par des DRM, ces verrous numériques, les morceaux, au format Windows Media, peuvent être téléchargés sur PC (sous Windows seulement) et mobile (130 modèles), puis transférés au maximum sur cinq supports (baladeurs mp3 et lecteurs multimédias). Et l’offre n’est pas compatible avec les produits de marque Apple (iPod, iPhone, etc.), qui a refusé de passer un accord avec un concurrent à iTunes. C’est ballot, pour l’opérateur exclusif de l’iPhone. Par contre, les titres sont achetés à vie. C’est-à-dire que le client pourra conserver les morceaux sur son disque dur de façon permanente, même après avoir résilié son abonnement. D’ailleurs, autre point positif, il n’y a aucune forme d’engagement. Il est prévu qu’on puisse s’inscrire un mois, et se désabonner le suivant. Côté catalogue, l’opérateur est fier d’annoncer avoir passé un accord avec les quatre principales majors (EMI Music France, Sony BMG, Universal, Warner Music France), ainsi que Believe et Scorpio Music. L’opérateur peut ainsi se targuer de proposer plus d’un million de titres en téléchargement. C’est deux fois plus que l’offre de son concurrent SFR lancée quelques jours plus tôt, mais cela ne couvre pas l’intégralité des catalogues des majors. Pas la révolution annoncée donc, juste une nouvelle offre commerciale, sans doute plus riche, mais finalement tout aussi « limitée » que celles de ses concurrents.
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