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samedi 13 novembre 2010 09:31

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« Muséogames », une expo à fond les manettes

par Erwan Cario

tag : exposition

Photos Raphaël Dautigny

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MO5, un repaire de consoles

Dans l’attente d’un musée permanent voulu par Frédéric Mitterrand, il a fallu faire appel à l’association au stock unique.

Elle aurait dû fermer ses portes dimanche dernier. L’expo « Muséogames », au musée des Arts et Métiers à Paris, qui a débuté le 22 juin, devait se terminer le 7 novembre. Elle a été prolongée jusqu’au 13 mars 2011. C’est que la vénérable institution consacrée à l’histoire des techniques n’avait pas vraiment anticipé le succès populaire du projet. Avec 30 000 entrées payantes, la salle principale ne désemplit pas, malgré la limitation de sécurité à 80 personnes simultanément. Et ces quelques mois supplémentaires ne seront pas de trop pour permettre au public de découvrir ce qui est sans doute l’exposition sur les jeux vidéo la plus aboutie à ce jour.

Le jeu vidéo n’est pas un objet aisément « muséifiable » (lire page suivante). Se balader devant d’antiques consoles à lire des fiches explicatives et à regarder des vidéos pédagogiques sur l’histoire des jeux est, en effet, aussi frustrant que d’admirer des plats reconstituant l’évolution de la gastronomie sans même pouvoir y goûter. Dans les deux cas, il manque un sens. Car si la nourriture s’apprécie nettement moins bien sans le goût (et l’odorat, certes, mais laissez-nous continuer notre démonstration), le jeu vidéo ne saurait s’envisager sans le toucher. Ce rapport à la manipulation et à l’interactivité est fondamental. Pour jouer, bien sûr, mais plus largement pour comprendre les différentes étapes de la toute jeune histoire de ce média.

On le comprend vite lorsqu’on entre pour la première fois dans la salle principale de « Muséogames ». Au centre, une gigantesque table. Au milieu, trônent les consoles et les périphériques des trente-cinq dernières années. Et, tout autour, des écrans et des manettes que les visiteurs s’empressent de saisir pour découvrir un des vingt-deux titres jouables tournant sur le matériel d’origine. Sur les murs, des écrans géants diffusent les images venues des consoles en temps réel. L’effet est saisissant. Ce ne sont pas des vidéos enregistrées et l’ensemble est une fresque évolutive qui dépend étroitement des actions des visiteurs-joueurs.

On circule aux abords de la table dans le sens des aiguilles d’une montre, et, avec les toutes premières consoles, c’est un voyage dans le temps qui s’amorce. Pong, Pacman, Donkey Kong, les grands classiques, entrés depuis bien longtemps dans la culture populaire, sont là, jouables et fidèles à la version d’origine. Les noms des consoles sont moins connus, mais ce sont de vraies madeleines pour le gamer nostalgique. Atari VCS 2600, CBS Colecovision, MB Vectrex, Amstrad CPC 464 ou la Nintendo NES… Le tour des vingt-deux consoles, qui s’achève avec la Dreamcast (et l’hypnotique Rez), la Playstation 2 et la Xbox, ne prend pas en compte les consoles contemporaines, histoire de renforcer une certaine indépendance vis-à-vis d’une industrie dopée au marketing et assez prompte à vouloir promouvoir ses produits du moment.

Muséogames
Musée des Arts et Métiers
75003 Paris
Jusqu’au 13 mars

Paru dans Libération du 12 novembre 2010


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