mardi 22 avril 2008 11:00
Musiclassics, choix classieux, mais cher
Musiclassics est le premier site français consacré aux œuvres du genre.
par Christophe Alix
DR
Il faut une sacrée dose de folie (ou de passion, ce qui dans le cas présent revient au même) pour se lancer dans l’aventure d’une plateforme de musique en ligne dédiée au classique. Première du genre en France, lancée par deux professionnels de la musique et des nouvelles technologies, Musiclassics entend satisfaire un public « doublement frustré, expliquent les fondateurs, par une offre en ligne inadaptée et un choix en magasin devenu homéopathique ». D’où ce site de niche, qui vise un marché encore extrêmement limité (les ventes de classique représentent 80 millions d’euros par an en France dont 5 % à 7 % sous forme numérique), mais qu’ils espèrent développer sur la base d’une offre adaptée à ce répertoire à part. Sur les 60 000 œuvres du répertoire classique, Musiclassics n’en propose que 1 500 à ce jour, même s’il compte bien étoffer son catalogue jusqu’à 3 000 oeuvres. Mais guère plus… « L’important n’est pas la quantité mais la qualité de l’offre : à 3 000 œuvres, on couvre plus que les envies de 99 % des mélomanes », explique Jean-Hugues Allard, l’un des deux cofondateurs. A la différence d’autres plateformes généralistes, où, dit-il, « ils ont tout mais où l’on ne retrouve rien », Musiclassics a enrichi le traitement éditorial de son catalogue : moteur de recherche thématisé, sélection et hiérarchisation des interprétations par des spécialistes, etc. « S’il est facile d’identifier un titre sur un album pop, à l’inverse, reconstituer une œuvre composée de plusieurs fichiers souvent étiquetés différemment se révèle bien plus complexe », poursuit cet ancien directeur de labels classiques comme Erato et Decca. Les œuvres sont ainsi vendues non à l’unité mais à la durée afin de former des extraits cohérents. Prometteur, sauf pour les prix, directement fonction des tarifs exorbitants apparemment exigés par les ayants droit : 6 euros la demi-heure de musique en téléchargement, et 10 euros les dix heures en streaming (écoute en direct), avec une seule écoute. Le site doit même payer aux ayant droits les extraits diffusés gratuitement pour se faire une idée des œuvres. Une équation économiquement quasi impossible dans ces conditions, mais certainement appelée à évoluer.
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