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mardi 15 janvier 2008 10:58

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Musique : Un site Internet pour jouer au producteur

L’entreprise française My major company surfe sur la crise du disque.

par Christophe Alix

tags : musique , site

Extrait du site de My major company. DR

« Avec My major company, toi aussi deviens producteur de musique. » Non, il ne s’agit pas de l’accroche d’un nouveau jeu de société pour fans de la Star Ac’… Mais celui d’un nouveau label qui tente d’étendre à une industrie musicale en pleine décrépitude la vague communautaire et participative déjà éprouvée en ligne avec les encyclopédies (Wikipedia), le journalisme (Agoravox, Rue89, etc.), ou le logiciel libre (Linux). Fondé par deux jeunes entrepreneurs nourris de Net 2.0 et issus pour l’un de la e-publicité et pour l’autre de la musique (où il a d’abord travaillé pour des majors), le site, qui vient d’ouvrir, parie sur un modèle inédit en France.

Sur Mymajorcompany.com, il revient aux internautes de miser de l’argent sur les artistes sélectionnés. Les compteurs de ces derniers restent ouverts jusqu’à ce qu’ils atteignent 70 000 euros, somme exigée par le label pour passer à la phase de production de l’album qui bénéficiera ensuite d’un contrat de distribution auprès d’une major. Inspiré du site allemand Sell a band (« vends un groupe »), qui affirme avoir réussi via ce système de production participative à lever l’équivalent de 50 000 dollars (33 600 euros) pour 12 artistes, My major company entend produire et révéler jusqu’à une quinzaine de « nouveaux talents » par an. Pas question pour autant de laisser les internautes décider de tout. « L’autosélection et l’autoproduction ont leurs limites, même sur le Net, explique Michael Goldmann, cofondateur du site. La musique, cela reste un métier et c’est donc nous qui choisissons les artistes sur lesquels les internautes peuvent ensuite miser. » Même exigence pour justifier la barre de 70 000 euros. « En dessous, je ne sais pas faire, poursuit-il. Il est important que l’on puisse se donner toutes les chances de faire réellement percer des artistes. » Détail d’importance, l’argent misé sur chaque artiste est investi sur des « placements financiers sûrs », en attendant d’atteindre la barre fatidique.

Les créateurs du site parient sur une mise moyenne de 20 à 30 euros par « producteur », auquel ils s’engagent à reverser 30 % des recettes nettes des ventes, les 70 % restant se répartissant entre l’artiste (20 %, mieux qu’un contrat de débutant dans une major) et le label (50 %). « Si un internaute avait pu miser sur Arctic Monkeys avant qu’ils ne sortent leur premier album, il serait devenu très riche, juge Michael Goldmann. Maintenant, nous ne promettons la Lune à personne. On propose avant tout à nos visiteurs-producteurs un bon divertissement et s’ils gagnent un jour de l’argent, c’est un bonus. »

L’entreprise mise également sur un outillage communautaire varié (blogs, playlists, clubs VIP) pour attirer un large public. Pour ses débuts, le site – qui jure « n’être le sous-marin d’aucune major » et s’appuyer sur un tour de table 100 % indépendant – reste modeste et mise sur un à deux albums d’ici fin 2008 et pas de retour sur investissement pour les internautes avant 2010. Patience…


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