lundi 4 juin 2007 18:17
Musique : petits verrous et mauvaise foi
L’industrie du disque fait feu de tous bois contre le piratage de musique.
tags : musique , téléchargement , mp3 , piratage , Apple , droits d’auteur , DRM
Quand vous piratez des mp3, vous télécharger le communisme. DR
La semaine dernière se déroulait à Bruxelles le premier Sommet du droit d’auteur, organisé par la Confédération internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs (CISAC). L’occasion pour les sociétés de gestion de droits d’auteur de fourbir leurs arguments contre le piratage. Ici, exit la prévention et bonjour aux mesures restrictives, telles les verrous numériques (DRM, pour Digital Rights Management). Un point de vue surprenant, au moment même où le leader du marché de vente de musique sur le net, Apple, a ouvert la semaine dernière son système à la vente de morceaux sans DRM, avec l’intégralité du catalogue de la major EMI. Dans un entretien avec le site web The Register, Eric Baptiste, directeur général de la CISAC, a pourtant fait savoir sa préférence pour les DRM... et pour des peines plus sévères à l’égard des pirates. Le message est clair : « vous devez savoir que si vous piratez, nous vous poursuivrons ». Un objectif encore utopique, puisqu’il nécessiterait l’espionnage de tous les échanges privés sur le net. Ce qu’Eric Baptiste juge pourtant possible. Selon le Hollywood Reporter, Ben Verwaayen, PDG du fournisseur d’accès British Telecom, a fait entendre un tout autre son de cloche lors de sa conférence. « Votre industrie n’a pas évolué depuis 20 ans, peut-être 50. Vous devez réfléchir à un mode de fonctionnement adapté à l’âge numérique, a-t-il lancé aux sociétés de droits d’auteur et à l’industrie du disque, qu’il n’a pas ménagé. Quoi que vous en pensiez, les gens continueront à télécharger sur les réseaux peer-to-peer. » « Si quelqu’un pense que la technologie peut offrir une protection absolue, il vit sur une autre planète », a renchérit Mark Selby, l’un des responsables britanniques de Nokia. L’industrie du disque semble d’ailleurs suffisamment dépitée pour s’orienter vers une « prévention » un poil grossière. Sur son site web, l’IFPI (la fédération internationale de l’industrie du disque) affiche « dix vérités qui dérangent » sur le piratage de musique. On y trouve un mélange de faits avérés, d’affirmations invérifiables et de vrais morceaux de mauvaise foi. Ainsi, l’IFPI affirme que « le piratage n’est pas causé par la pauvreté » (8e vérité), en se basant sans sourciller sur l’étude d’un universitaire chinois, qui note que, en Chine, les téléchargeurs sont issus des classes moyennes et supérieures. Sans grande surprise, puisque les classes les plus défavorisées n’ont le plus souvent pas accès à Internet en Chine... N’ayant pas peur de virer dans les légendes urbaines, l’IFPI annonce également que « des groupes terroristes se financent par la contrefaçon de disques » (3e vérité). La neuvième « vérité » affiche par ailleurs la naïveté de la Fédération : « La plupart des gens savent qu’il est illégal de pirater des contenus protégés par le droit d’auteur, mais ils ne cesseront de le faire que quand la loi les y forcera ». Comme « vérité qui dérange », on a vu plus troublant. A lire sur Ecrans.fr :
Apple ouvre son Itunes sans verrou
Droit d’auteur : deux ou trois choses que je sais, par Charles Aznavour
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