mercredi 6 mai 2009 12:38
« Mutants » qu’il y a de la vie, il y’a de l’espoir
Le film d’horreur français signé David Morley sort (très) discrètement en salles aujourd’hui.
tags : gore , fantastique
DR
La sortie, à quinze jours d’intervalle, de deux films de genre français aux titres à la fois proche et diamétralement opposés (Humains et Mutants), n’est pas passé inaperçue chez les fans de série B. Mais là où le premier, unaniment qualifié de nanar imparable, verse dans le comique involontaire, Mutants, premier long-métrage de David Morley, force le respect. Le cinéma français semble vivre avec son temps. Après Louise Michel et son carnage de patrons, crise financière oblige, Mutants, récit sombre de survivants d’un monde décimé par un virus, nous arrive en ces temps où il ne fait pas bon tousser en revenant de Veracruz. Sauf qu’à la différence des victimes de la grippe A, les infectés de Mutants contractent une certaine agressivité cannibale, et une tendance à cracher des gerbes de sang avec le débit d’un karcher. Un couple d’ambulanciers, Marco (Francis Renaud) et Sonia (Hélène de Fougerolles) se réfugie dans un hôpital désaffecté en pleine montagne. Et forcément, ils ne se sont pas seuls. Vendu comme un mix entre 28 jours plus tard, La Mouche et The Thing, le film est clairement réalisé sous influence, mais ces comparaisons, à trop vouloir exciter le fanboy, pourraient desservir Mutants. Le film est indéniablement une bonne surprise, mais inutile de le survendre pour autant. Visuellement soigné (saluons le travail de Nicolas Massart, directeur de la photographie), le film n’hésite pas à verser dans le gore, mais jamais dans l’excès gratuit et viandard qu’on peut reprocher aux Saw et autre consorts. Histoire d’amour avant tout (si, si), le film peut également compter sur ses deux comédiens principaux, aussi bien à l’aise dans les scènes intimistes que lorsqu’il s’agit de transpercer une tête à coup de tuyau crasseux.
Plus que tout, avant l’arrivée d’autres films d’horreurs made in France prometteurs (La Horde, Vertige, La Meute), Mutants fait plaisir à voir dans sa façon d’éviter les écueils habituellement réservés à ce genre de productions : pas de retournement de situation foireux à la Haute Tension, pas d’acteurs en roue libre à la Frontières, pas de philosophie de comptoir à la Martyrs. Une histoire simple et carrée mais traitée au premier degré avec rigueur et efficacité 85 minutes durant. Forcément, le film ne sort que sur une combinaison de salles ridicules (27 écrans dans toute la France, contre 463 pour Star Trek). Impossible de voir le film en salles si vous êtes sur Nantes, Marseille, Lyon... A se demander si le film n’aurait pas gagné à sortir simultanément en VoD. Dans tous les cas, si vous ne devez voir qu’un film de mutants cette année, quitte à choisir entre cette perle et le nanar bouffi Wolverine, le choix est relativement évident. Bande-annonce :
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