Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Le piratage est un danger pour l’avenir de notre civilisation.

Muriel Marland-Militello, députée UMP

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

lundi 28 septembre 2009 09:29

  • dvd

Navets olé olé

Plusieurs pépites de la « sexploitation » sont rééditées en DVD. Un baril de lascif et de kitsch.

par Stéphanie Estournet

tag : sexe

Extrait de l’affiche du film Malibu High - DR

La sexploitation, ce sont ces films des années 60 et 70 qui se sont émancipés de la rigidité des fifties (et de leurs fictions « osées » montrant des nudistes) et qui glisseront vers des softeries façon feue la sucrerie du dimanche soir sur M6. Le sexe, en tant que pratique érotique, y est le propos central, même si, la plupart du temps, il se résume à de la suggestion pas bien maligne, avec filles lascives et nymphomanes jetant leur soutien-gorge au visage du premier père de famille venu. Alors, bien sûr, la sexploitation, pour être un genre à petit budget, propose des navets par cageots entiers. Et ça tombe bien, car c’est justement le genre de films qu’on aime regarder en bande en ricanant, un titre chassant l’autre jusqu’à ce que sommeil s’ensuive.

C’est ce qu’on a fait, en commençant par Malibu High (de Irvin Berwick, 1979), avec ses girls façon Farah Fawcett recalées au casting des Drôles de dames. Plaquée par son petit ami, Kim se tape des bangs d’herbe et ne tarde pas à se prostituer dans la camionnette de son dealer et du coup proxénète. On y voit de jolis seins, de grosses culottes et l’audace, finalement, est davantage dans la révolte de l’effrontée, que dans l’intention sexuelle.

Avec un titre comme la Revanche des vierges (Bethel Buckalew, 1959), on s’attendait à une débauche de luxure et de vice. C’était sans compter sur le scénariste (Ed Wood, le « plus mauvais cinéaste de tous les temps »), l’esthétique cow-boy en toc massif de ce pseudo-western, et les jupettes frangées des Indiennes (la danse dans les bois, à la trente-sixième minute, n’est à rater sous aucun prétexte).

Dans notre cageot, pourtant, quelques pépites s’étaient glissées, à commencer par The Boob Tube (Christopher Odin, 1979). Parodie de chaîne de télé, on y regarde une série hallucinante, où le jeune et séduisant Henry se fait sauter dessus par sa jeune voisine just married, qui a le bon goût de débarquer avec son petit vibro. Pendant ce temps, le mari de la dame se tape sa sténo qui, finalement, ne supporte plus la routine. Proposition de l’amant : « Tu veux le faire debout dans un canoë ? » La sténo : « Non, quelque chose de plus exotique. » Lui, après réflexion : « Tu veux le faire debout dans un canoë à Hawaï ? »

Pour finir la soirée, ambiance intime en noir et blanc pour A Good Time with a Bad Girl (Barry Mahon, 1967). Un riche homme d’affaires, bloqué à Las Vegas « la cité du vice », est harponné par une jeunesse sans morale aucune. Il la suit dans une « orgie », où les filles dansent le jerk nues. Où l’on cherche les hommes que l’on trouve finalement s’amusant entre eux dans une chambre interdite aux femmes. Là encore, pas de scène pornographique - de charmants seins et fesses, garantis sans silicone. Mais derrière le caractère sulfureux du propos, une tristesse se dessine : celle d’un homme qui a tout réussi sans voir la vie passer. Et nous voici finalement, en fin de soirée sexploitation, diminués de nos a priori. Du rire, des larmes de rire, même, mais aussi de jolis plans, chargés d’un érotisme qui fait défaut aux productions du genre actuelles. Un régal.

Malibu High d’Irvin Berwick, 1979.
La Revanche des vierges de Bethel Buckalew, 1959.
The Boob Tube de Christopher Odin, 1979.
A Good Time with a Bad Girl de Barry Mahon, 1967.
10 euros chacun, Bach Films. www.bachfilms.com

Paru dans Libération du 26 septembre 2009


Il y a 6 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

sexe - Mais toujours le Point G levé

article précédent
Hots d’or, manque d’ardeur
article suivant
Y a comme un « Geek »


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Stéphanie Estournet
  • réactions (6)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Chez Google, la vie privée tombe dans le panel
  • « Borgen », la petite série reine
  • Les experts Copenhague
  • [Vidéo] Ecrans.fr : le podcast anonyme
  • Wikileaks : Bradley Manning sera mis en accusation le 23 février

Lib.fr

  • «J’veux m’intégrer», la chanson anti-UMP
  • «J’veux m’intégrer», la chanson anti-UMP
  • Affaire Bettencourt : Woerth mis en examen pour recel
  • Affaire Bettencourt : Woerth mis en examen pour recel
  • Le FN accuse Sarkozy de lui chiper l'idée des référendums
publicité

De saison

img75
L’Elysée à l’abordage du Net

Dans un merveilleux dessin interactif, OWNI liste les principales figures de la conquête de l’Internet par l’Elysée, et schématise leur relations en filant la métaphore de l’île déserte.


Chronophage

Color Pic-a-Pix

Cet excellent jeu ne dépaysera pas les habitués de Picross : les règles sont exactement les mêmes, avec des couleurs en plus.


Hum, bizarre...

img75
Les sosies sont six

Vous ne vous êtes jamais dit que votre voisin de train ou de fil d’attente ressemblait à un personnage de fiction ?


Dixit

« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »


De saison

img75
L’hommage de Google à François Truffaut

François Truffaut aurait eu 80 ans ce 6 février 2012. Google en fait donc son Doodle du jour.


Vendredi, à poils !

img75
Avoir un bon copain...




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008