jeudi 16 octobre 2008 10:23
Obama Paradise
L’équipe de campagne de Barack Obama diffuse de la publicité dans le jeu vidéo « Burnout Paradise » d’Electronic Arts.
par Olivier Séguret
tags : politique , publicité , pc , PS3 , xbox 360 , course , Moi jeux
DR
« Je peux en effet confirmer que les organisateurs de la campagne de Barack Obama ont acheté des espaces publicitaires dans Burnout. Comme la plupart des télés, radios et publications, nous acceptons les publicités provenant de candidats politiques crédibles. De même que pour les spots diffusés sur les réseaux télé, ces publicités ne reflètent pas les positions politiques de Electronic Arts ni les opinions politiques de ses équipes de développement ». C’est donc à la faveur de ce faire-part officiellement émis par le porte-parole du méga studio américain Electronic Arts (EA), que l’on a appris la naissance du premier spot de pub présidentiel dans un jeu vidéo, en l’espèce un jeu de course populaire, Burnout Paradise. Les fonctionnalités online de ce titre permettent le déploiement de la pub dite « in-game », stratégie en vogue et promise à un développement galopant, dont la technique principale consiste à vendre dans un jeu les panneaux de pubs qui illustrent les décors virtuels, en les actualisant via la connexion internet. Un jour du high-tech, un jour des friandises, un jour Obama. En précisant l’espèce d’absolue neutralité politique dans laquelle se maintiendrait EA, le studio est pris en flagrant déni : le fait même d’accepter un message politique est un choix politique. Il exprime une idée politique du monde, où faire de la pub politique dans un jeu vidéo largement ciblé ados et jeunes adultes n’est pas choquant. On rappellera la position quasiment héroïque de Rockstar sur ce sujet : les frères Houser auraient pu se gaver facilement en vendant les espaces pub de GTA IV au tarif les plus élevé du secteur. Ils ont préféré utiliser cet espace pour retourner le glaive contre la machine publicitaire, fabriquant de fausses pubs ironiques, déconstruites et parfois perverses. Aucun doute à leurs yeux : c’est un point de vue politique qu’ils expriment en agissant ainsi ; pourquoi le choix inverse y échapperait ? Concernant le message en faveur d’Obama, il faut aussi relever cette facétie : la semaine dernière encore, lors d’un meeting de campagne dans l’Ohio, le candidat démocrate n’a pu retenir un petit couplet facile contre « les parents qui n’éteignent pas la télé ou n’éloignent pas les jeux vidéo de leurs enfants ». La contradiction n’est qu’apparente : le message choisi pour Burnout veille précisément à rappeler aux joueurs que les bureaux du « early voting » (dans certains états, le vote a commencé) sont ouverts. Sous-entendant que l’info aurait pu échapper aux gamers, par nature absorbés dans ce monde virtuel. Autrefois étanche au monde réel.
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