Obscure confession
par Edouard Waintrop
tags : cinéphilie , thriller , le coin du cinéphile
Takeshi Kaneshiro dans « Confession of Pain ». DR
Confession of pain (2006) d’Andrew Lau et Alan Mak, avec Tony Leung, Takeshi Kaneshiro et Shu Qi, 107 minutes, Mk2, 19,90 euros.
Siu Fai (Alan) Mak et Wei Keung (Andrew) Mak sont presque universellement connus aujourd’hui comme les réalisateurs d’Infernal affairs (premier épisode), Mou gaan dou en chinois. Ce film eut une carrière internationale qui n’eut rien à envier à celle de son « remake », quatre ans plus tard, The Departed, Les infiltrés de Martin Scorsese. Justement en 2006, l’année où Scorsese dirigeait Jack Nicholson, Matt Damon, Leonardo Di Caprio, Mark Wahlberg et consorts, Lau et Mak en avaient terminé avec les trois épisodes d’Infernal Affairs et mettaient en scène Seung Sing, connu en Occident sous le titre anglais de Confession of Pain. Pour ce faire, les deux compères de Hong Kong avaient plusieurs cartes maîtresse en mains : d’abord une belle distribution avec Tony Leung, plus énigmatique que jamais, Takeshi Kaneshiro, beau comme un chromo japonais. Ensuite une histoire forte, celle d’une vengeance terrible. Et cette connaissance de Hong-Kong la nuit qui permet des mises en scène époustouflantes. Alors pourquoi cette déception ? Que s’est il passé ? Pourquoi ce récit morcelé, cette mise en scène puzzle-clip ? Une volonté d’en mettre vraiment plein la vue du spectateur ? Un manque de confiance dans la crédibilité de leur matière première ? L’histoire, un ex-policier alcoolique enquête sur des meurtres de truands et découvre que l’auteur de des meurtres est..., est certes assez puissante mais aussi difficile à croire. Ou plus vraisemblablement est-elle due une surestimation de ce que l’on peut faire au cinéma ? Toujours est il que pendant une heure (plus de la moitié), le film flirte avec un maniérisme irritant. Rendre obscur ce qui est au fond très simple (et même simplet) semble avoir été le mot d’ordre de la réalisation bicéphale. Heureusement, l’histoire, que les réalisateurs ont écrite avec Félix Chong, est suffisamment prenante pour qu’à la fin on soit quand même entraîné et que l’on ne regrette pas les 20 euros que l’on a dépensés. Enfin presque. Dans ce DVD, ce sont encore les bonus, notamment l’interview de Mak et de Chong, qui sont les plus passionnants.
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