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samedi 24 novembre 2007 08:56

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« On n’a pas associé les internautes »

Bruno Ory-Lavollée, gérant de l’Adami, qui représente les musiciens.

par Christophe Alix

tags : musique , téléchargement , interview , DRM

Photo CC RocketRaccoon

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Gérant de l’Adami, une société d’artistes-interprètes qui représente notamment les musiciens, Bruno Ory-Lavollée exprime ses réserves sur les résultats de la mission Olivennes.

Que pensez-vous des préconisations avalisées par les industries culturelles et les fournisseurs d’accès à Internet vendredi ?
Il faut d’abord noter des progrès. A la différence de la loi sur le droit d’auteur du précédent gouvernement [la loi Dadvsi, ndlr], on a débattu avant de légiférer en écoutant les différentes parties. Ensuite, à une approche directement et lourdement répressive, on préfère désormais une approche graduée avec des peines civiles et non plus pénales. Enfin, il existe des contreparties positives pour les internautes comme la promesse de l’interopérabilité pour la musique française avec un engagement des majors sur la suppression des DRM [des verrous numériques].

Vous n’en êtes pas moins très critique sur d’autres points ?
Oui car qu’est ce qui peut rendre légitime une approche répressive ? La rendre acceptable et efficace. Une part importante repose sur le consentement des principaux intéressés, c’est-à-dire les internautes, qui n’ont pas été associés à cet accord. D’autre part, pour qui et pourquoi fait-on tout cela ? Quand on regarde le partage des revenus au sein des filières culturelles, on voit que s’il est souvent correct dans le cinéma français, il ne l’est pas dans la musique, un secteur particulièrement peu transparent et très dur pour les artistes, surtout les moins connus.

Que voulez-vous dire ?
Les jeunes artistes doivent souvent payer pour faire leur premier disque, contrairement à ce que croit monsieur Sarkozy qui s’imagine que nos conceptions ne sont inspirées que par un jeunisme démagogique destiné à flatter les internautes. La rémunération de la plupart des artistes reste aujourd’hui particulièrement faible. Selon un sondage que nous avons commandé, 64 % des personnes interrogées se sont dites prêtes à acheter plus de musique si on leur démontre qu’une part plus importante du prix est effectivement reversée aux artistes.

Allez-vous lutter contre le projet de loi qui arrivera au Parlement ?
Nous serons extrêmement attentifs. Nous verrons vite si ce système est efficace. L’indicateur mensuel du niveau de téléchargement illicite sur les réseaux, que la mission a souhaité mettre en place, permettra, je l’espère, de le mesurer précisément. Si les résultats ne sont pas probants, il faudra bien se reposer la question d’une licence globale [taxe payée par les fournisseurs et les internautes qui serait répartie entre les artistes et les maisons de disque] qui n’a rien d’une apologie de la gratuité.

- Téléchargez le rapport Olivennes
- Téléchargez le texte de l’accord

A lire également :
- A l’abordage du piratage_ - La légalité peine à s’imposer
- Les fournisseurs d’accès respirent
- L’essentiel


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