vendredi 9 mars 2007 14:23
On ne sait plus wiki est qui
tags : wiki , Wikipédia , wikia
Sur la version anglophone de Wikipédia, l’encyclopédie en ligne gratuite et collaborative, tout le monde croyait qu’il était professeur de théologie très diplômé dans une université privée des Etats-Unis. En réalité, Ryan Jordan, alias « Essjay », tirait du « Catholicisme pour les nuls » une grande partie de ses connaissances religieuses. Jordan était également l’un des nombreux administrateurs de Wikipédia anglophone. Surtout, il utilisait les faux diplômes et son faux travail de professeur pour asseoir son autorité et faire valoir la pertinence de ses modifications de contenu dans l’encyclopédie. « Essjay » avait même été interrogé par le magazine américain The New Yorker en juillet 2006. Sur la base de ses nombreuses contributions à Wikipédia, Ryan Jordan avait également été embauché par l’entreprise Wikia, créée par Jimmy Wales, co-fondateur de Wikipédia. Wikia utilise le même logiciel que Wikipédia et propose un service d’hébergement de wikis. C’est après cette embauche en janvier que Jordan a révélé lui-même, sur Wikia, des informations personnelles contredisant la biographique forgée pour « Essjay ». Fin février, alors qu’« Essjay » vient d’être promu dans la hiérarchie de Wikipédia anglophone, d’autres contributeurs font le lien et révèlent l’imposture. Cela provoque un petit scandale dans la communauté, outrée d’avoir vue sa confiance abusée de la sorte. The New Yorker amende son article avec ces nouvelles informations. Le cas est d’autant plus important qu’« Essjay » participe beaucoup à Wikipédia. Le 3 mars, après avoir découvert toute l’affaire, Jimmy Wales demande finalement à Ryan Jordan de quitter ses fonctions d’administrateur de Wikipédia et d’employé de Wikia. Contrit, Jordan s’exécute et présente des excuses publiques. Il dit avoir créé l’identité d’« Essjay » pour protéger son identité. Au delà du gros pataquès, l’affaire devrait mener à une petite évolution de Wikipédia anglophone. Jimmy Wales a en effet annoncé que l’encyclopédie en ligne allait mettre en place un outil pour vérifier la validité du CV que les contributeurs de Wikipédia se donnent. Les contributeurs pourront toutefois continuer à utiliser un pseudonyme. Pour Wales, plus que la fausse identité, c’était l’emploi qu’en faisait « Essjay » qui posait problème : « Ce n’est jamais bon d’essayer d’avoir le dernier mot en sortant son CV, et encore plus quand celui-ci est faux. »
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