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Chantal Brunel

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mardi 2 juin 2009 11:11

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Rodolphe Belmer, de Canal+ : « On veut informer et ironiser »

Canal +. Le DG Rodolphe Belmer annonce une nouvelle émission sur la com politique.

par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos

tags : séries , politique , journalisme , Canal+

Rodolphe Belmer - Photo Laurent Troude

Mais il est où le mercato cette année  ? Tout est calme, trop calme sur les rives télévisuelles. En attendant la tempête  ? On a posé la question à Rodolphe Belmer, 39 ans, directeur général de Canal +, qui a eu, hormis le naufrage humoristique de Virginie Efira, une saison plutôt tranquille.

Il est nul le mercato cette année, on parie que vous n’avez rien à nous annoncer…
Non, rien dans le mercato. On est assez content de notre grille qui marche très bien.

Vous avez décidé d’arrêter + Clair.
Oui. + Clair marche, mais elle a été beaucoup copiée et aujourd’hui elle n’est plus suffisamment distinctive. Victor Robert va présenter une nouvelle grande émission la saison prochaine  : Pop Com. C’est une émission sur la communication qui durera une heure trente et sera diffusée le samedi de 12 h 30 à 14 heures. Elle s’intéressera non seulement à la télé, mais aussi à l’ensemble des médias et à la communication politique. Avec Pop Com on veut une approche très nourrie, avec des journalistes qui vont informer, décrypter et aussi un peu rire du grand cirque médiatique. C’est notre grosse nouveauté de l’année.

C’est le président de la République qui vous a inspiré  ?
Tout à fait, tout à fait. Non je rigole, c’était une connerie, vous n’avez pas le droit de l’écrire  ! Non, on pense que les gens ont envie de décryptage  : les médias fascinent, on est de plus en plus informés et donc de plus en plus en quête d’information, et les gens se rendent bien compte du story telling dans la vie moderne. Il n’y a pas d’émission de télé qui embrasse ça… C’est dans notre vocation de montrer, sans être donneur de leçon et avec légèreté, l’envers du décor. Ce sera les grandes histoires de communication de la semaine. On traiterait par exemple le plan de com d’Obama en France. Ou Berlusconi. Ce ne sera pas une émission austère sur la communication et les politiques, on veut informer et ironiser.

L’an dernier, vous recrutiez Virginie Efira, comment justifiez-vous un tel ratage  ?
C’est vrai, Canal presque était raté, parce que le grain de folie n’a pas pris entre Virginie et les auteurs, pourtant très bons, emmenés par Ahmed Hamidi. Le registre de l’humour n’était pas le même, ils ne se sont pas très bien entendus. Canal presque s’arrête, mais Virginie reste à l’antenne. Elle fera un jeu dans la veine du Burger Quiz, avec de l’humour et du décalage, ce sera pour septembre-décembre. Ce jeu sera diffusé par salves, le dimanche à 19 heures et en quotidienne pendant les vacances.

Combien ça vous a coûté de retenir Bruce Toussaint qui était dragué par M6  ?
Ce n’était pas fondamentalement une question d’argent, mais de projet professionnel. Bruce est très à l’aise, et il sait qu’il a beaucoup d’avenir sur Canal. Il va continuer à présenter l’Edition spéciale qui est une émission qui marche très bien. Et cet été il animera, à 19 heures, un jeu sur l’actu. C’est quelqu’un auquel on croit beaucoup et dont on cherche à faire une des principales figures de notre antenne. On a un vivier de jeunes qui montent  : Victor Robert, Ali Baddou, Yann Barthès… Ali, lui, sera présent pendant les deux parties du Grand Journal à la rentrée, on veut qu’il embrasse un terrain plus large. Quant à Yann Barthès, son Petit Journal aura son best-of le dimanche avec les Guignols et le Zapping.

Et l’Effet papillon qui était présenté par Victor Robert  ?
C’est Daphné Roulier qui va présenter l’émission. On va modifier sa ligne éditoriale en ajoutant une dimension française. On veut en faire LE magazine d’info de Canal, et il y a de la matière. Daphné Roulier présentera aussi une émission de cinéma mensuelle, d’une heure, purement cinéphile.

Et la fiction française  ? Vos deuxièmes saisons sont plutôt ratées…
Non non, les gens ont aimé en général. Mafiosa 3 sera diffusée l’an prochain  ; Engrenages, l’écriture de la troisième saison est en cours. Quant à Reporters, on attend la fin de la diffusion. A la rentrée, on aura Braquo, d’Olivier Marchal, ou Mes chères études, sur les étudiantes qui se prostituent. La fiction devient un de nos piliers et une motivation d’abonnement. C’est un travail de longue haleine. Le prochain enjeu, c’est de monter des financements pour avoir une fiction française de classe mondiale. On a trois projets internationaux, des séries à grand spectacle  : les Oligarques, sur la mafia russe, les Borgia et la deuxième saison de XIII.

Votre chaîne perd des abonnés. Comment l’expliquez-vous  ?
Elle n’en perd pas plus que d’habitude à cette saison. Nos prévisions pour l’année, c’est qu’on va être en légère croissance. On était habitué à croître ces dernières années, mais vu le contexte économique, croître un peu, c’est pas si ­glorieux, mais c’est plutôt un beau succès.

Que faut-il changer pour regagner des abonnés  ?
L’axe sur lequel on a un peu patiné c’est l’humour. Il faut absolument qu’on investisse ce champ-là.

Où en êtes-vous de votre guéguerre avec Orange  ?
On pense que leurs pratiques ne sont pas correctes. Se servir d’une position de force sur les réseaux pour acheter très cher des contenus et les vendre à vil prix, ça pose un problème et Canal a porté cette question devant l’Autorité de la concurrence. Culturellement, ça pose aussi un problème, parce l’idée que demain, les contenus seront des cadeaux Bonux quand on s’abonne à des réseaux, c’est tout à fait dévalorisant pour des biens culturels. On ne peut pas accepter un monde où il y aurait des artistes Orange, des films Carrefour ou des chanteurs Total.

Paru dans Libération du 2 juin 2009


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