mardi 4 octobre 2011 12:13
OnLive sur son nuage
par Olivier Séguret
tags : cloud computing , Moi jeux
OnLive équipe ses clients d’une manette spécifique - DR
Un peu plus d’un an après avoir essuyé les plâtres de son « révolutionnaire système de jeu » aux États-Unis, la compagnie OnLive vient de débarquer au Royaume-Uni, et l’on imagine qu’elle ne s’arrêtera pas à cette position euro-insulaire puisque des négociations sont en cours avec le Benelux et que d’autres pays (Grèce, Italie, Allemagne) sont sur la liste de ses appétits. Mais OnLive, qu’est-ce que c’est ? C’est une plateforme de jeux dématérialisée. En échange d’un abonnement mensuel équivalent à une quinzaine d’euros, OnLive équipe ses clients d’une manette spécifique et offre une sélection de jeux vidéo en libre accès, diffusés par le Net, stockés et synchronisés sur le Cloud (nuage informatique de serveurs distants). En d’autres termes, c’est une console virtuelle qui débarrasse le joueur de son disque dur et qui a réussi à attirer les plus prestigieux éditeurs dans son catalogue (Ubisoft, Take Two, Epic, THQ…). Malgré les sarcasmes (un temps de latence très critiqué) et les pronostics pessimistes, les débuts commerciaux plus qu’honorables d’OnLive sur le continent américain ont fait changer de ton. Les plus directement menacés par le modèle développé par ce nouvel acteur sont naturellement les constructeurs de consoles physiques, l’hydre « Sonincrosoft ». Mais il est trot tôt pour évaluer l’évolution de ce rapport de forces. D’abord parce que les constructeurs ont eux-mêmes développé leurs propres magasins dématérialisés et acquis une bonne expérience dans ces services, qu’ils ne cessent de faire fructifier. Ils disposent aussi de leurs propres exclusivités qu’ils n’ont aucune raison d’offrir à OnLive. Ensuite, des opérateurs concurrents aiguisent aussi leurs machettes : on prête au géant américain de la distribution GameStop, tirant les conséquences de la dématérialisation, l’intention de basculer lui aussi vers le Cloud et les services en ligne. Son avantage compétitif : un copieux fichier de clients, dont il connaît bien les pratiques et les goûts. Sa difficulté : un brevet — impérial, donc contestable — accordé à OnLive par l’US Patent Office, qui lui reconnaît la propriété du concept de « cloud gaming ». Mais il faut aussi imaginer qu’OnLive puisse réussir son coup sans nécessairement nuire aux autres. Il pourrait élargir à la fois l’offre et le marché, en attirant des joueurs ayant un rapport plus casual (ou moins hardcore) au jeu vidéo et à ses machines. Paru dans Libération du 3 octobre 2011
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