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lundi 16 janvier 2012 12:24

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Once Upon, le site à remonter le temps

par Marie Lechner

tags : net-art , retro-computing

YouTube et Facebook, revus dans une version 1997. DR

A quoi auraient ressemblé Facebook, YouTube et Google +… en 1997 ? Once Upon propose à l’internaute du nouveau millénaire de se livrer à cette étrange expérience rétrofuturiste en recréant trois sites web contemporains majeurs avec les moyens et l’esprit de l’époque.

1997 n’est évidemment pas une année choisie au hasard. « C’est un moment charnière dans l’histoire du Web, d’après les auteurs, Olia Lialina et Dragan Espenschied, avec l’arrivée de la version 4 du navigateur Netscape et son lot de nouvelles fonctionnalités. La vision de Netscape était déjà de mettre les applications en ligne plutôt que sur le bureau de l’ordinateur, d’où la guerre avec Microsoft. 1997 est un éternel futur, le début de l’ère dot.com, des services en ligne et du e-commerce. »

Pour mieux profiter de ce voyage dans le passé, ces deux pionniers du Net Art conseillent de tester les services revisités dans leur milieu d’origine, autrement dit dans un navigateur Netscape 4.03 sur Windows 95 avec une résolution d’écrans de 1024×768 pixels. Facebook devient une sorte de journal de bord orné du motif carnet à spirale alors en vogue, le « mur » est remplacé par une grille avec une tapisserie de brique, le bouton « like » devient un bouton « vote », et vos amis sont tous affublés de pseudos cool selon la coutume de l’époque : stella_star, jenny55145, ou dark_lord. Tout comme dans Google + où les « cercles » d’amis deviennent des carrés et où la communication est plus que limitée.

Quant à YouTube, les vidéos se réduisent à des vignettes qui mettent un temps fou à s’afficher. Car les auteurs ont poussé le vice jusqu’à limiter la vitesse de débit à 8 kb par seconde, celui d’une connexion via une ligne téléphonique. Les liens hypertextes sont bleus et soulignés, les fonds gris, les GIF animés et les pages morcelées en frames (« cadres », lire ici), respectant l’esthétique par défaut de l’époque. Celle, décriée, des pages personnelles, que ces pionniers du Net Art ont réhabilitée dans leur livre Digital Folklore. Car loin de se moquer du www du siècle dernier, ils estiment que ce look modulaire est l’essence même du Web, abhorré par les designers d’aujourd’hui qui veulent le faire ressembler à du papier glacé.

Lorsqu’on les taxe de nostalgiques, ils réfutent : « Le rétrocomputing consiste à contrôler un ordinateur par vous-même, ce n’est pas nostalgique, c’est plutôt un mouvement qui s’oppose aux tendances contemporaines qui veulent tout transformer en service, en jeu, et marchandiser les plus simples fonctionnalités pour les mettre dans le nuage, loin des utilisateurs. »

 

Paru dans Libération du 14 janvier 2012


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