mardi 4 janvier 2011 10:28
Orsay piqué d’antique
par Bruno Icher
tag : histoire
Ben Hur, de William Wyler
Avec un sens de l’à-propos auquel il faut rendre hommage, le musée d’Orsay a lancé un cycle « Péplum » en regard de l’exposition Jean-Léon Gérôme. C’est l’occasion de comparer les corps musclés des combattants de l’arène saisis par le peintre, avec ceux en noir et blanc ou en Technicolor des épopées italiennes, britanniques ou hollywoodiennes. Outre la réjouissante perspective de revoir sur grand écran les épaules d’acier de Charlton Heston dans Ben Hur, de William Wyler, la sélection a privilégié des films rares, appartenant pour la plupart à une époque pionnière du cinéma. Au chapitre italien, nous aurons droit le week-end prochain aux Derniers Jours de Pompéi d’Eleuterio Rodolfi et Mario Caserini (1913), ou à Cabiria, de Giovanni Pastrone (1914), sans oublier Quo Vadis ? d’Enrico Guazzoni (1912). Du côté américain, le péplum a connu son heure de gloire bien avant la vague des Dix Commandements, ainsi que le montre le cycle d’Orsay qui présente Judith de Béthulie de David W. Griffith (1913), le Roi des rois, de Cecil B. DeMille (1927) suivant déjà l’affaire de près, le Ben Hur premier du nom de Fred Niblo (1925), l’un des plus gros budgets de l’histoire du muet, avec l’onctueux Ramon Novarro dans le rôle-titre, ou encore cette autre version des Derniers Jours de Pompéi d’Ernst B. Schoedsack et Meriam C. Cooper (1935), les deux auteurs de King Kong ou des Chasses du comte Zaroff. Enfin, dans un registre quasi parodique, le cycle s’intéresse également au renouveau du genre, notamment à travers le cinéma populaire italien, en projetant deux valeurs sûres des années 50, Théodora, impératrice de Byzance, de Ricardo Fred (1954), et les Légions de Cléopâtre, de Vittorio Cottafavi (1959), deux occasions de se souvenir que l’acteur français Georges Marchal était une star des films en jupette. Cycle « Péplum », auditorium (niveau -2) du musée d’Orsay
Paru dans Libération du 3 janvier 2011
1, rue de la Légion-d’Honneur, 75007 Paris
Jusqu’au 23 janvier 2011
Rens. : 01 40 49 48 14 ou www.musee-orsay.fr
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