lundi 26 janvier 2009 10:17
Ouverture et coup de jeune au CSA
Nominations. Trois nouvelles têtes au Conseil supérieur de l’audiovisuel.
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tag : CSA
Ils embauchent jeune, à la maison de retraite du CSA. Les nouvelles recrues du Conseil supérieur de l’audiovisuel, Christine Kelly, Emmanuel Gabla et Françoise Laborde ont respectivement 39, 40 et 54 ans, soit des perdreaux de l’année au regard des habituels cacochymes qui peuplent la tour Mirabeau. Des nominations symboliques aussi, puisque Nicolas Sarkozy, qui avait prévenu qu’il pratiquerait l’ouverture, nomme Françoise Laborde, journaliste à France 2 où elle assurait chaque jour dans Télématin l’interview le plus souvent politique des 4 Vérités et où elle était également présentatrice remplaçante des JT de 13 heures et 20 heures. Symbole toujours, mais celui de la diversité chère au CSA, avec les nominations de Christine Kelly et d’Emmanuel Gabla, tous deux noirs. La première, nommée par le président du Sénat Gérard Larcher, était jusqu’ici journaliste à LCI, où elle présentait la tranche d’info du week-end. Elle a aussi écrit une biographie de François Fillon (François Fillon, le secret de l’ambition) en 2008. Le second, Emmanuel Gabla, est ingénieur des télécommunications. Il a été conseiller technique de Jean-Pierre Raffarin à Matignon puis directeur adjoint du cabinet de Patrick Devedjian en 2005, quand celui-ci était ministre de l’Industrie. Dernièrement, Emmanuel Gabla était chef du service des technologies et de la société de l’information à la direction générale des entreprises. Une nomination appréciée des services du CSA, qui voient en Gabla celui qui pourrait se charger du lourd dossier de la TNT et du passage de la France de l’analogique au numérique en 2011. Mais la nomination de Gabla, qui a déclaré à l’AFP espérer « être un pont » entre le CSA et l’Autorité de régulation des télécoms (Arcep), pourrait aussi présager une fusion entre les deux organes de régulation. En effet, au fil des années et de ses différents présidents, le pouvoir du CSA n’a cessé de s’étioler. Dépassé par les nouvelles technologies, rongé par des nominations très politiques comme celle de l’actuel président Michel Boyon (ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Raffarin) en 2007, le CSA vient de se faire assener un rude coup par Nicolas Sarkozy qui lui a retiré le pouvoir de nommer le président de France Télévisions. C’est désormais Sarkozy lui-même qui aura cette charge. Pourtant, loin de se rebiffer, Michel Boyon n’a rien trouvé de mieux que d’applaudir, se faisant au passage traiter de « laquais » par l’opposition. Pas sûr, donc, que devenir conseiller au CSA soit un si bon plan que ça. Le mois prochain, c’est dans cette joyeuse ambiance que les petits nouveaux et leurs neuf autres collègues vont fêter les 20 ans d’un CSA affaibli et renfermé sur lui-même.
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