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vendredi 2 octobre 2009 12:10

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PSP Go : gogo gadget à mains

par Olivier Séguret

tags : téléchargement , PSP , Sony

La PSP Go permet de se passer de disque UMD pour jouer. Photo DR

Drôle de saison pour Sony et plus précisément pour sa division PlayStation. Dans le domaine du jeu vidéo, le constructeur japonais a en effet deux fers au feu. Celui de sa PS3 d’abord, dont une version Slim, amincie, beaucoup plus généreuse en mémoire (120 Go) et surtout moins chère, est sortie au début du mois de septembre. Son succès – plus d’un million d’exemplaires déjà écoulés selon la firme – confirme ce dont on se doutait  : si Sony est resté à la traîne de la Xbox de Microsoft dans l’actuelle compétition entre les fabricants de consoles haute def, c’est entre autres à cause du coût élevé et du positionnement haut de gamme de sa PS3.

L’autre jambe de la division PlayStation, c’est la PSP, console portable high-tech bien vendue elle aussi, mais tout de même largement distancée par les versions successives de la DS de Nintendo. Pour relancer la course en faveur de sa console de poche, Sony en propose à partir d’aujourd’hui une nouvelle version, la PSP Go, qui ne se propose pas de remplacer la précédente, mais cherche à inventer son propre et nouveau modèle  : une machine à jouer (et à naviguer, écouter de la musique, voir des programmes télé, stocker des photos, etc.) qui soit entièrement nomade, c’est-à-dire dans laquelle le support physique des jeux, le disque UMD, a disparu.

Bestiole

Sur la Go, tous les jeux sont donc à télécharger (par wi-fi, via le Web-PC ou via la PS3), ce qui permet d’alléger considérablement la bestiole. Celle-ci est de toute façon passée à un régime jivaro  : moins lourde, plus petite, munie d’un clavier-manette coulissant, elle voit aussi son écran (toujours aussi bon  : la qualité de l’écran PSP est sans équivalent chez la concurrence) réduit de quelques centimètres carrés.

A l’usage, la Go est un séduisant gadget, plus facile à manipuler et à glisser dans une poche que son aînée. Sa formule « immatérielle » constitue un atout indéniable  : on peut avoir plein de jeux en magasin, en stocker d’autres sur cartes mémoire et l’on n’a plus de risque de perdre, oublier ou abîmer l’UMD. Il n’en reste pas moins que la Go devra faire la preuve de sa capacité à incarner une vraie alternative. Mais une alternative à quoi  ? Le mot imprononcé par les services marketing de Sony, mais autour duquel s’organise leur discours, c’est évidemment « iPhone ». Avec ses dizaines de milliers d’applications, le smartphone d’Apple est devenu en deux ans la plate-forme nomade et dématérialisée numéro 1. Si la PSP Go a un sens industriel, c’est là qu’il faut le chercher  : Sony prend position sur un marché à la croissance exponentielle qu’Apple a, tout seul, inventé.

Outre un catalogue qui propose déjà plus de 16 000 contenus téléchargeables (des jeux, des séries télé…), la PSP Go disposera aussi d’une nouvelle gamme de jeux appelés « Minis ». Pour en promouvoir le concept auprès des développeurs du monde entier, Sony leur a fait les yeux doux comme jamais. Le processus de soumission-validation (qui provoque de sérieux grincements dans le cas des applications iPhone) sera notamment beaucoup plus souple, le seul critère spécifique pour l’approbation des Minis étant à ce jour celui de leur taille, forcément inférieure à 100 Mo. Mieux  : la rémunération des développeurs serait mensualisée, et pour l’instant aucun seuil de ventes minimal, ni de frais d’hébergement sur les serveurs de Sony, ne sont requis.

Boycott

Trois obstacles demandent néanmoins à être levés avant de pouvoir prédire à la Go une belle carrière. Son prix d’abord, qui monte à 249 euros contre 169 pour une version normale de la PSP. La grogne des distributeurs ensuite, qui renâclent à l’idée de promotionner une console pour laquelle ils ne pourront pas vendre de jeux (un distributeur néerlandais et un autre australien ont déjà prévenu de leur boycott). Et puis ce léger détail, tout de même  : si la PSP Go reflète indéniablement la ­volonté de Sony de marquer l’iPhone à la culotte, il lui manque encore ce petit accessoire, être également un téléphone…

Paru dans Libération du 1 octobre 2009


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