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vendredi 30 octobre 2009 11:49

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« Panique au village » : du cartoon plein les Wallons

par Gabriel Moraine

tags : animation , Belgique

DR

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Cowboy et zinzins

Trois figurines en plastique et une épopée à la Monty Python de 60 000 images.

Ils ont le côté décontracté que seuls les gens qui bossent dur peuvent se permettre. Stéphane Aubier et Vincent Patar, les deux réalisateurs de Panique au Village sont en tournée promotionnelle. Aubier : « C’est le début de la semaine, mais ça va être sauvage. »

Paris lundi, Amsterdam mardi, Genève plus tard. Les deux zigues ont confiance en leur film, moins en la valeur des critiques : « En Belgique, la presse était assez dithyrambique, mais le public n’a pas très bien répondu », souligne Patar, perplexe. « Mais apparemment, en France, vous allez plus au ciné. » Les entrées en salle : plus un bonus qu’une exigence pour La Parti Production, boîte de prod’ des deux Belges, avec qui ils collaborent depuis le Panique au Village version minisérie (qui était diffusé sur Canal +). Leur amitié avec Vincent Tavier, Philippe Kauffmann, Guillaume Malandrin et Stéphane Vuillet, membres fondateurs de La Parti, date de plus encore. But du jeu ? Donner au travail l’apparence d’un jeu, justement. Une aventure amusante entre potes. Patar et Aubier s’accordent à dire qu’un tel projet n’aurait pas été possible avec un producteur traditionnel : « La Parti ne produit que des documentaires, films ou clips qui ne coûtent pas très chers. Alors ils parviennent toujours à retomber sur leurs pieds. »

Au sein de cette équipe, les casquettes sont multiples et interchangeables : Malandrin et Tavier participent à l’écriture, ce dernier joue le rôle de directeur artistique, canalise la profusion déglinguée des idées. Ça rigole pas mal, donc. Pour un résultat épatant, comme si les Ramones avaient décidé de se mettre à l’animation : un côté Bubblegum apparemment simpliste, où la technique et les références ont été digérées pour prendre une forme totalement originale sur l’écran : des séries (Amicalement vôtre) aux films (James Bond), en passant par la BD (Tif et Tondu - « Ils nous faisaient bien marrer, aussi. Ils faisaient le tour du monde, on se demandait toujours ce qu’ils faisaient comme boulot. Ils étaient toujours en vacance. Il y avait toujours un bandit qui se mettait en travers de leur route. Ils lui pétaient la gueule et partaient en vacances de nouveau. »), tout grain est bon à moudre. Hilare, Patar y va de son syllogisme : « Même les mauvaises choses sont bonnes à manger parce que ça nous nourrit aussi. »

Pour animer leurs trois héros (Cheval, Indien et Cowboy), les deux réalisateurs recourrent au procédé de stop-motion. Sur le plateau, pas de caméras, mais des appareils photo numériques. Les images défilent, les personnages prennent vie. Comme un dessin animé, mais joué live avec des figurines en plastique. Douze images par seconde, pour garder un côté saccadé, plus spontané : « On voulait vraiment éviter de mettre en avant le côté laborieux, la sueur et la démonstration technique. On a essayé le 24 images par seconde mais ça marchait moins bien au niveau du rythme », explique Aubier. Au final, une moyenne de quinze secondes d’images tournées chaque jour. En comparaison, le studio britannique Aardman Animations (Wallace et Gromit) peut consacrer une journée à dix images.

Les festivals ont mordu à l’hameçon (en plasticine) : prix spécial du jury au festival de Quend du film grolandais, prix du public à celui du film fantastique d’Austin. Ça ne laisse pas indifférent. Aubier : « Une histoire de cow-boy et d’indien qui parlent wallon et qui fait rire des gens n’ayant strictement rien à voir avec nous, je trouve ça hilarant. » Les voix ont été faites par les amis : Jeanne Balibar a rejoint Benoît Poelvoorde, Fred Jannin et Bouli Lanners, déjà audibles dans la série. Egalement de retour, Bernard Plouvier, qui avait signé la musique de la version télé.

Cet aspect collégial donne à Panique une teneur à la fois juvénile, cartoonesque et rock’n’roll. Pour autant, les deux réalisateurs ne sont pas pied au plancher : « Il faut un rythme sain pour bien travailler. On fait des horaires de bureau, du 9-18 heures. Et non, pas beaucoup de bière. En Belgique, les gens se sentent mal si leur verre est vide. Nous, on boit juste quand on est en France ! »

Paru dans Libération du 28 octobre


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