mercredi 25 janvier 2012 18:41
Panne d’élection ? Voici « les Hommes de l’ombre »
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tags : série , politique , France 2
Les Hommes de l’ombre
série de Dan Franck, Frédéric Tellier, Charline de Lépine et Emmanuel Daucé
France 2, ce soir, 20 h 35 (1 et 2/6).
Holala, une série politique ! Holala, une série politique française ! Holala, une série politique française sur France 2 ! Eh bien, vous allez rire : ils ne sont pas mal, ces Hommes de l’ombre. Ce n’est pas The West Wing, série américaine étalon en matière de popotes politiciennes, ni la danoise Borgen, qui suit les tribulations d’une Première ministre (diffusée en février sur Arte), mais tout de même. Depuis le temps qu’on lui reproche, à elle comme aux autres et à de rares exceptions près, la frilosité de la fiction française et son incapacité à se saisir de sujets contemporains, la chaîne publique a réussi quelque chose, ni (trop) mou, ni (trop) clicheton. Certes, il y a un écueil à passer : Bruno Wolkowitch, son perpétuel air de modèle pour la pub Azzaro homme, la voix en permanence rauque qui fait gouzi-gouzi dans la culotte des filles. Faut s’y faire : c’est lui Simon Kapita, le héros des Hommes de l’ombre, un de ces spin doctors qui pullulent en politique et se targuent de faire et défaire les destins. Manque de chance : le dernier qu’il a installé à l’Elysée est victime d’un chômeur bardé de dynamite. Le président (de centre droit) n’est pas encore refroidi que déjà son Premier ministre super à droite Deleuvre (Philippe Magnan, déjà vu en Mitterrand chez Moati, et qui campe là un genre de Balladur homo) veut son fauteuil. Et tant pis s’il faut, pour y arriver, transformer la mort du président en attentat d’Al-Qaeda. Kapita voit rouge (« MENSONGE D’ÉTAT ! », vocifère-t-il tout au long de la série, avec les veines du cou qui saillent) et du coup, veut faire élire… Nathalie Baye. Enfin, Anne Visage, la secrétaire d’Etat aux Affaires sociales, de droite itou mais gentille. Et c’est parti pour trente jours de campagne présidentielle. Alors d’accord, les Hommes de l’ombre ne nous épargne pas la rivalité façon père-fils entre deux communicants, ni la journaliste-de-gauche-forcément-intègre-et-hystérique, ni les scènes de discussions über dramatiques en plein air passées au filtre bleu, d’accord. D’accord, il y a ces grandes phrases assenées d’un air très inspiré : « Un homme de l’ombre ne se met jamais en lumière » ou « on adapte ses armes et ses méthodes, relisez Clausewitz », d’accord. Mais la mise en scène, un montage nerveux et des seconds rôles soignés sauvent largement la mise. Et certains échos avec l’actualité résonnent agréablement — le Premier ministre collant la DCRI aux basques de sa rivale, coucou Bernard Squarcini. Paru dans Libération du 25 janvier 2012
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