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jeudi 15 mai 2008 16:05

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Partage de données : un pied sur l’accélérateur

Facebook, Myspace, Google et autres veulent désormais partager les données des utilisateurs entre eux.

par Sébastien Delahaye

tags : web 2.0 , vie privée , réseau social , Google , Myspace , facebook

Les logos de DataPortability et des standards de partage. DR

En concurrence depuis des années, les Myspace, les Google, les Yahoo, les Facebook, bref les géants du net, veulent maintenant tout partager entre eux. Ou du moins, un petit peu. Et depuis une semaine, le mouvement s’est singulièrement accéléré. L’enjeu : avec la multiplication des réseaux sociaux et des sites où le contenu est créé par les utilisateurs (blogs, photos, vidéos), les internautes se retrouvent souvent avec des comptes sur une multitude de sites. A chaque nouvelle inscription, il faut encore entrer ses données personnelles, faire la liste de ses amis, etc. Sans compter que chacun se retrouve avec des contenus segmentés, éparpillés chez de nombreux acteurs privés. Depuis quelques mois, le projet DataPortability, mené par des blogueurs américains (auxquels se sont ralliés sur le tard de nombreuses entreprises comme Netvibes, Google, Facebook, Microsoft, Digg, Six Apart...), milite pour le partage de données entre ces sites via des standards ouverts, un socle accepté par tous les acteurs. Le but : rendre aux internautes leurs contenus et leurs données personnelles, en faisant abstraction des sites. Et l’initiative commence à porter ses fruits.

La semaine dernière, le réseau social Myspace a surpris son monde en annonçant l’initiative Data Availability. Euh, mais encore ? En pratique, Data Availability permet à un utilisateur de partager les données contenues dans son compte Myspace avec d’autres sites de son choix. Les membres de Myspace pourront ainsi partager les informations de leur profil, leur liste d’amis ou encore les photos et vidéos qu’ils ont mis en ligne. Myspace limite pour l’instant l’expérience à une poignée de gros sites (Yahoo, Ebay, le site de partage d’images Photobucket et le site de micro-blogging Twitter) mais a également rejoint le projet DataPortability.

Un peu vexés de la bonne presse faite à Myspace, Facebook et Google ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, qui ont chacun annoncé dans les jours suivants des projets similaires. Chez Facebook, deuxième plus gros réseau social derrière Myspace, ça s’appelle Facebook Connect. Là encore, il s’agira de pouvoir partager données personnelles, contenus divers et liste d’amis avec d’autres sites. Mais Facebook Connect n’est pas encore disponible, et le site de Mark Zuckerberg n’a pas annoncé les conditions d’utilisation de sa plate-forme de partage.

Google (également membre du groupe DataPortability) non plus n’a pas traîné : lundi, l’entreprise de Palo Alto a lancé son Friend Connect. Ici, le projet est un peu différent et mélange dans un grand bazar partage de données et intégration de widgets dans des sites web. En clair, Google propose une plate-forme permettant d’ajouter des fonctionnalités de réseau social sur le site web de Monsieur Tout le monde. Les internautes pourront réutiliser leur compte (Google, Yahoo, AOL ou OpenID) déjà existant pour s’inscrire sur le site, et y importer leurs amis de réseaux comme Facebook, Orkut, Hi5 ou LinkedIn. De fait, Friend Connect est pour l’instant le projet le plus fidèle aux standards ouverts que promeut DataPortability. Mais c’est aussi la version la moins pratique pour les créateurs de sites, Google forçant les webmasters à utiliser son code.

Les trois projets, même s’ils sont encore loin de respecter le cahier des charges de DataPortability (les spécificités techniques de Facebook Connect sont encore inconnues, par exemple), sont un premier pas en avant. Et les initiateurs de DataPortability n’ont pas voulu bouder leur plaisir : « En tant que co-fondateur de DataPortability, je suis ravi de faire partie de ces projets et de guider ces entreprises », bloguait ainsi Ben Metcalfe. « Ces projets, qui ont chacun des mécanismes propres, ne sont pas encore complètement compatibles entre eux, note Chris Saad, qui dirige DataPortability. Notre travail dans les prochains mois sera de fournir à Facebook, Myspace et autres un guide de bonnes pratiques qu’ils pourront suivre. Une fois que tout sera en place, tous ces sites web feront partie d’un ensemble de données qui pourront circuler librement grâce à des standards ouverts. »


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