mercredi 17 septembre 2008 12:38
Musique en ligne : Les verrous en voie de disparition
par Astrid Girardeau
tags : musique , mp3 , Apple , économie , DRM
Un pas avant, un pas en arrière. Cela fait maintenant un moment qu’on voit apparaitre des signes annonçant la fin des DRM, ces verrous numériques très contraignants pour les consommateurs. En février 2007, Steve Jobs lançait : « pourquoi les quatre grosses majors du disque seraient-elles d’accord pour laisser Apple et les autres distribuer leur musique sans système de DRM ? Tout simplement parce que les DRM n’ont pas réussi, et ne réussiront jamais, à arrêter le piratage. » Pourtant, malgré les ratés et le mécontentement des utilisateurs (encore tout récemment avec le jeu vidéo Spore), ils ont la peau dur. Les différentes industries (disque, cinéma, jeux vidéo, etc.) ont du mal à se libérer totalement des DRM, vus encore comme les ultimes garde-fous de leurs revenus. Ainsi Hollywood (Warner Bros, Fox, NBC, Sony, Paramount, etc.) a confirmé, lundi dernier, le lancement d’un système pour assurer l’interopérabilité des DRM des studios via la création du Digital Entertainment Content Ecosystem (DECE). L’espoir se situe du côté de l’industrie de la musique, et de 7Digital. Cette plate-forme anglaise, lancée en 2004, a annoncé hier être le premier site de musique à proposer les catalogues sans DRM des quatre grosses majors. La dernière a être réticente, Sony (Kings of Leon, Bob Dylan, etc.) a fini par accepter de rejoindre EMI, Universal et Warner Music et de proposer son catalogue en fichiers mp3 sans DRM. Le site affiche ainsi quatre millions de titres sans DRM, de majors mais aussi de labels indépendants. Les morceaux, compatibles donc avec les iPod, iPhone, Blackberries, portables et autres lecteurs mp3, sont encodés en 320 kbps. La société a également promis à ses clients qui auraient acquis des fichiers au format WMA la possibilité de les transformer, gratuitement, en fichier mp3. Pour son fondateur, Ben Drury, la suppression de DRM devrait booster les ventes en ligne : « Les consommateurs voient les DRM comme un obstacle au moment de l’achat de musique numérique légale ». Aujourd’hui le panier moyen est de 6 euros par transaction, les clients privilégiant l’achat de single à l’album entier. Drury explique par ailleurs au Financial Times, que 80% des appels au service après vente du site venaient de gens qui n’arrivaient pas à passer les morceaux d’un appareil à un autre à cause des DRM. Avec 1,3 millions de clients au Royaume-Uni, Irlande, Allemagne, France et Espagne, Digital7 espère bien agrandir sa part de marché. Il a ouvert hier de nouvelles échoppes en Italie, en Autriche et au Portugal, et annoncé le lancement, avant la fin de l’année, de plate-formes au Canada et aux États-Unis. Cet accord sur la suppression des DRM était présenté hier comme une sérieuse offensive conte l’iTunes Store et l’Amazon’s MP3 Store. Aujourd’hui l’iTunes Store propose un catalogue de fichiers musicaux au format AAC, en128 Kbps, seulement lisibles sur iPod et iTunes, et verrouillés par des DRM (à l’exception du catalogue EMI). Pourtant, malgré les initiatives pour le déloger, il reste le leader du marché de la musique en ligne dans le monde. Début 2008, il franchissait le cap des 4 milliards de titres vendus. Sur le même sujet :
- Les DRM n’abdiquent (toujours) pas (29/08/2008)
- Les DRM vieillissent mal (chez Yahoo aussi) (29/07/2008)
- Casser les verrous numériques n’est pas un délit (29/07/2008)
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