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vendredi 18 janvier 2008 10:08

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Petite tranche d’Apple

Ordinateur. Le MacBook Air, le « portable le plus fin du monde », est certes élégant mais limité technologiquement.

par Christophe Alix

tags : buzz , Apple , iPhone

DR

Il le tient sur trois doigts. Ou le glisse dans une enveloppe à la stupéfaction générale. « Le MacBook Air est le portable le plus fin au monde », déclare Steve Jobs. Les 4000 journalistes et fans venus écouter mardi dernier le PDG d’Apple en lever de rideau du Macworld de San Francisco (Californie), la grande messe annuelle de la marque, espéraient une nouvelle révolution, un coup de génie de l’ampleur de l’iPhone présenté ici même un an plus tôt. Ils n’ont eu droit qu’à un retour aux sources de l’épure Macintosh, un produit certes très élégant et précieux, mais un peu limité technologiquement. Une gravure de mode high-tech pour CEO (PDG) de la Silicon Valley, pas une bête multimédia pour nerds fanatiques de la marque à la pomme…

L’exercice de style est pourtant loin d’être inintéressant. Voici 1,36 kilo tout d’aluminium, de 4 mm à son point le plus fin et 19,4 mm le plus épais, sans plus d’arsenic ni de mercure, ce qui en fait le produit le plus propre d’Apple à ce jour. A la différence d’autres « ultra-portables », le MacBook Air est doté d’un clavier complet - rétroéclairé - d’un écran de 13,3 pouces et permet, comme avec l’iPhone, des gestes inédits (pincement, rotation, glissement) sur le trackpad. Voilà pour les plus. Mais la finesse a un prix, celui du lecteur optique CD/DVD qui a disparu - un lecteur USB à 99 € spécialement conçu pour le MacBook Air ayant été prévu pour combler ce manque. Le port Firewire a également disparu, Apple optant de plus en plus pour des transferts de fichiers via wi-fi ou Bluetooth. Enfin, avec un processeur à la taille réduite de 60 %, ce produit très haut de gamme (1 699 €) est paradoxalement plus lent que les autres portables d’Apple et plus limité en mémoire (80 Go).

Alors, à qui s’adresse-t-il ? « A des ultra-nomades toujours entre deux avions et jamais au bureau », explique-t-on chez Apple où l’on reconnaît que le pari du MacBook Air est d’ouvrir un nouveau segment de marché encore mal identifié. « Il est difficile d’évaluer l’attrait qu’aura ce produit sur de nouveaux clients et il pourrait y avoir des risques de cannibalisation », analyse Shaw Wu du cabinet d’études Technology Research. Une allusion au succès remporté par la gamme MacBook en 2006-2007 avec des ventes en hausse de 37 %.

A défaut de révolution, Apple s’est également appliqué à peaufiner les gammes de produits existants lors de la présentation de cette collection 2008. Comme l’Apple TV, ce boîtier blanc connecté à l’Internet qui permet de stocker ou de visionner des films sur n’importe quel écran. Lancé en même temps que l’iPhone, ce serveur conçu pour le salon reste à ce jour un échec commercial. « Ce n’était pas ce que les gens voulaient », a reconnu Steve Jobs qui a présenté une nouvelle version de l’engin pouvant être utilisé sans connection à un ordinateur.

Dans la catégorie « pas de MacWorld sans nouveaux gadgets », il a également mis en avant des applications pour l’iPhone et l’iPod touch. Il devient ainsi possible de se géolocaliser en temps réel avec le premier et d’envoyer des courriels avec le second. L’unique différence entre les deux produits reste que l’iPhone est également un téléphone.

Plus original, Apple a enfin présenté « Time Capsule », un boîtier permettant de sauvegarder automatiquement, et sans fil, toutes les données contenues dans un Mac tournant sous Leopard, la dernière version du système d’exploitation Mac OS X. Archi-simple, cette préservation des données coûte 299 € pour un disque dur de 500 Go et 499 € pour 1 To (téraoctet).

Sans annonce spectaculaire, le show s’est terminé en musique avec Randy Newman. Il n’y a pas eu de « one more thing » cette fois, la formule rituelle de Steve Jobs lorsqu’il s’apprête à dévoiler une nouvelle création originale de la griffe Apple. Et déçu à l’unisson de la blogosphère, le baromètre de Wall Street a réagi négativement en dépit d’une très forte progression de l’action Apple ces derniers mois. Depuis mardi, le cours a perdu près de 13 % et pris 20 dollars dans la vue.

Nouveautés ou pas, Apple creuse son sillon de nouveau poids lourd de l’électronique grand public tout en ayant réussi à s’imposer comme la marque « distinctive » par excellence avec une stratégie qui s’apparente à celle des grands noms du luxe. En six mois à peine, le fabricant nouveau venu dans la téléphonie aura réussi à vendre quatre millions d’iPhone et à pulvériser Motorola et Nokia sur le segment des smartphones haut de gamme. Dans l’informatique, son taux de croissance en 2007 (30 %) est le triple de celui de ses rivaux, ce qui fait d’Apple le troisième constructeur américain derrière HP et Dell. La marque atteint désormais une part de marché de 8 % outre-Atlantique et de 4 % en Europe. Mais en Chine et en Inde, la pomme n’apparaît même pas dans les dix premiers vendeurs d’ordinateurs.


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