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lundi 2 octobre 2006 15:23

  • jeux

Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

Eric Viennot, Co-fondateur et directeur de création de Lexis Numérique, revient sur la situation inquiétante de la création de jeux vidéo en France. La production hexagonale va-t-elle être obligée de s’exiler pour pouvoir s’adapter aux contraintes des nouvelles générations de consoles ?

par Eric Viennot

Eric Viennot - DR

Cette question, qui aurait pu sembler complètement incongrue il y a une quinzaine d’années, revient, comme une complainte lancinante, dans les discussions des rares développeurs français encore en activité. La situation est tellement critique que deux tables rondes sur le sujet ont eu lieu en moins d’un mois. La première était organisée le lundi 11 septembre au Palais Bourbon, signe que certains politiques (hélas peu nombreux) commencent enfin à s’inquiéter de la situation. L’autre, à laquelle j’ai participé avec plusieurs créateurs français (Ancel, Cage, Raynal et Sokal), a eu lieu vendredi dernier dans le cadre de la Villette Numérique. Tout le monde s’accorde sur un point : l’industrie française du jeu vidéo, ou du moins ce qu’il en reste, est effectivement en sursis.

Avons-nous quelques raisons d’espérer en ce début d’automne 2006 ? Si l’on compte le nombre de projets « next gen » produits actuellement en France (les doigts de la main suffisent), il semble bien que les carottes soient déjà cuites. La compétence part à l’étranger et, par effet boule de neige, le développement de ces fameux titres tant convoités (ce qu’on appelle dans le jargon les AAA) échappent irrémédiablement aux développeurs français.

A voir la façon dont les majors de l’industrie persévèrent dans leurs choix éditoriaux, on a des raisons d’être inquiet : adaptations de licences venues du cinéma au détriment d’univers originaux, stratégie marketing basée sur une politique de suites au détriment de nouveaux concepts, surenchère d’effets spéciaux, ultra réalisme. Comment peuvent lutter les rares studios français indépendants face à ces tares récurrentes de l’industrie ? Les mêmes symptômes créeront les mêmes effets. Bon ok, mais alors pourquoi pas ne pas arrêter tout de suite les frais, partir au Canada ou en Chine, plutôt que de continuer à se battre à la machette quand d’autres sont passés depuis plusieurs années à l’artillerie lourde ?

Le succès phénoménal de la DS (sans conteste, LA console du moment !) laisse pourtant entrevoir une éclaircie. Des OVNI comme Phoenix Wright, Wario Touched, Brain training, remettent les choses à leur juste place ; à savoir qu’un bon jeu vidéo ce n’est pas forcément une durée de vie de 100 heures, un déluge d’effets spéciaux, des personnages hyperréalistes (en gros et pour faire simple : des budgets de 10 millions d’euros et des équipes de 200 personnes !). Prenons Phoenix Wright. Ce jeu est moche, son gameplay est relativement minimaliste mais le tout est cohérent, très rythmé, extrêmement bien scénarisé. Ce qui en fait un jeu tout simplement excellent, tellement prenant, que mon fils de 10 ans vient momentanément de laisser tomber sa PS2 et sa Gamecube pour jouer les détectives !

Mine de rien, la DS modifie considérablement la donne. Pour répondre à de nouvelles pratiques liées à la mobilité, son stylet et son double écran ont motivé la création de nouveaux gameplay, capables de séduire au passage de nouveaux publics : les filles jouent à Nintendogs, les seniors jouent à Brain training ! Le phénomène DS n’est heureusement pas isolé. Lexis, le studio que je dirige avec José Sanchis, a initié sur PC un phénomène comparable avec un jeu intitulé Alexandra Ledermann, devenu récemment la meilleure vente PC d’Ubisoft en France. Ce jeu, en conciliant aventure et simulation, a réussi à toucher un grand nombre de filles passionnées par l’univers du cheval, alors qu’elles étaient peu attirées par la majorité des jeux vidéo, traditionnellement plus masculins.

Nous sommes persuadés que ces phénomènes sont annonciateurs d’une profonde mutation de l’industrie du jeu vidéo, que l’arrivée prochaine de la Wii devrait sans doute amplifier. Beaucoup de joueurs, qui ont essayé la nouvelle console de Nintendo, s’accordent à dire que ses manettes révolutionnaires devraient favoriser la création de gameplay novateurs, plus simples, plus intuitifs, et donc susceptibles de toucher un public plus familial. A condition que Nintendo tienne ses promesses et soutienne des projets innovants, venus de studios tiers, cette console devrait, elle aussi, pousser les éditeurs à adopter des politiques éditoriales moins frileuses.

En quoi cette évolution peut-elle être porteuse d’espoir pour les développeurs français ? Tout simplement parce qu’en replaçant l’innovation au centre du processus créatif elle devrait permettre d’ouvrir des brèches pour les studios indépendants. Les productions, dont il est question plus haut, correspondent à des jeux de niche, moins risqués et donc moins sujets au diktat marketing et financier des majors. Ces productions sont donc plus abordables pour des studios à dimension humaine. En cette période de crise, les français devraient faire preuve d’humilité, profiter de cette période charnière pour tout remettre à plat et s’intéresser de près à ces nouvelles plateformes.

Même si la DS, le téléphone mobile, les jeux PC de niche comme Virtual Skipper, Fire Departement ou In Memoriam, peuvent sembler moins prestigieux que Splinter Cell, Warcraft ou Halo, les jeux alternatifs permettent à des créateurs innovants de se faire connaître, à des équipes de se faire la main, en attendant de pouvoir aborder des productions de plus grande envergure.

Car ne nous trompons pas : l’essentiel c’est tout simplement de continuer à produire. J’ai entendu parfois des confrères affirmer qu’il suffisait de conserver la préproduction en France et de délocaliser la production en Chine ou en Russie pour s’en sortir. C’est peut-être possible dans d’autres secteurs (la création de séries animées par exemple) ; ça l’est beaucoup moins dans un secteur aussi changeant et dépendant des évolutions techniques que celui du jeu vidéo, où game designers, graphistes et ingénieurs, ont besoin d’être proches les uns des autres pour expérimenter et peaufiner leur création.

Bien sûr, l’objectif n’est pas que la France devienne le champion des séries B ! Cette remise à plat doit également s’accompagner d’une politique de soutien active des pouvoirs publics, inspirée de l’exemple canadien. Il faut garder en ligne de mire l’objectif que des jeux d’envergure puissent, en parallèle, être développés en France. A ce titre, le minimum serait que le soutien du CNC soit maintenu et augmenté, en proportion de ce que représentent aujourd’hui les jeux vidéo dans le loisir culturel, et surtout que le crédit d’impôt dont on entend parler depuis des années, soit enfin mis en place. Sans cela, rares sont ceux qui pourront investir et innover pour profiter de cette période charnière. Sans cette émulation, des créateurs de talent n’auront pas d’autre choix que de quitter la France pour continuer simplement à exercer leur métier.

En 25 ans les jeux vidéo sont passés d’une dimension artisanale à une industrie. On a un peu vite oublié, au passage, qu’il pouvait y avoir une dimension artistique liée à ce développement. Il serait dommage que la France rate cette formidable aventure. Alors que nous sommes, par ailleurs, les champions de l’exception culturelle, il ne faudrait pas que nous passions à côté de cet art en devenir, porteur d’enjeux considérables. Cette période charnière peut être favorable à un nouveau départ. Celui-ci, il ne va pas falloir le rater !


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  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    12 décembre 2006 19:14, par E.U.B.

    Le titre en lui-même est relativement insipide. Cet article ressemble plutôt à une publicité subliminale louant les talents de Lexis et de son fondateur( Clone de Fantomas s’il en est ...). Il me semble qu’Ubisoft repare bien en France, compte tenu de certaines subventions. Soyons réalistes, Ubisoft Canada n’avait été crée que parce que cette branche recevait des subventions du gouvernment québécois à hauteur de 50 % du salaire de chaque employé de moins de 30 ans. De plus les artistes sont motivés et veulent en faire toujours plus ...peu importe si les heures supplémentaires ne sont pas payées ( quoique certains déchantent et un exode certain s’oriente vers les compétiteurs). Ubisoft ne trouve pas d’argent en France ?? Peu importe, elle va s’installer en Chine, en Roumanie, au Maroc,etc ... et garde des petits studios en France avec l’Intelligentsia dictatoriale à Paris tout en usant de népotisme pour les postes clés dans les studios étrangers ... C’est eux qui ont raison d’agir ainsi ... Leur but est de vivre et de faire de l’argent ... au lieu d’attendre une utopique hausse du CNC

    Les consoles next gen ne marchent pas si bien que cela hormis la Wii qui propose un réel changement non pas du point de vue graphique mais vraiment d’un point de vue ergonomique et ’’calorique’’ si l’on peut dire ... les premiers jeux next gen de la Xbox 360 lancès étaient relativement exécrables car bâclés pour être capable de sortir à temps ...

    La vrai question ? Quand est ce que les gens de l’industrie ( indépendante ou pas ) prendront des risques afin d’arriver à leurs fins ? Qui sera capable de financer quelquechose d’innovant tout en étant artistique et vendeur ?

    On n’a qu’une vie ...

  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    6 décembre 2006 23:18, par ichigo
    phoenix wright ..... un jeu moche et au gameplay minimaliste ? Il plaisante ? Les décors de ce jeu et les personnages sont tout a fait superbes.
  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    5 décembre 2006 20:26, par Pro D.

    La Wii arrive ... Le vent tourne , dirait-on ...

    Je suis curieux tout de même : il existe la VC ( virtual Console ) et on éspère que cette plateforme sera assez ouverte même aux developpeurs amateur ! On peut se prendre de rever au jeux video "2" comme au web 2.0 , non ? Car personnelment , j’ai de suepr concept pour le Wiimote , et cette console est celle qui m’emballe le plus , mais aucune conaissance en devellopement ( seulement grpahisme ) ...

    P.S : Si d’autre était dans le même cas que moi , mailez moi qu’on en discute ^^

  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    30 octobre 2006 19:16, par Kilzen

    Bonjour, je souhaitais demander pourquoi les questions tant attendues - à propos des différents métiers, par exemple - n’avaient pas de réponses, ni ici, ni sur "piqué aux jeux".

    je cite :

    "je ne les considère pas vraiment comme des game designers, plutôt comme des réalisateurs de jeux vidéo. Mais je compte bien approfondir ce sujet vendredi…" Alors quelle réponse à cela ?

    "statut, revenu, environnement matériel, financement"  ? Merci bien.

  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    16 octobre 2006 19:48, par bérénice

    "J’ai entendu parfois des confrères affirmer qu’il suffisait de conserver la préproduction en France et de délocaliser la production en Chine ou en Russie pour s’en sortir. C’est peut-être possible dans d’autres secteurs (la création de séries animées par exemple)".

    Je viens du monde de l’animation et après 15 ans d’expérience...l’ai quitté il y a 3 ans maintenant. La pression de la sous traitance devenant insupportable à mon poste (qui n’est pas l’animation, mais un poste de préparation appelé dans le jargon : layout, phase post-story-board). Hors, depuis peu, la sous traitance revient en France. Les conditions imposées par la Chine devenant ubuesques et finalement économiquement intenables. Il y a dix ans, le prix de la seconde d’animation était encore attractif, mais depuis, la Chine s’est équipée (et surtout s’est imposée comme co-producteur dans les contrats..), paye un chef anim 4 000€, dans leur propre pays...C’est à dire, plus cher maintenant qu’en France. Ce qui était prévisible. Mais les producteurs ont dû penser que cela mettrait plus de temps à advenir(pour ne pas être plus cynique...). Hors, les productions reviennent en catastrosphe en France, et les studios essaient de reconstituer des équipes qui se sont atomisées entre-temps. Donc, chers jeux vidéos : ne commettez pas des erreurs semblables...Le temps s’accélère, il faudra moins de 10 ans pour qu’une sous-traitance devienne une mal-traitance ! Bien à vous.

    • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ? 27 février 2007 14:14, par dieu
      je suis un éléve de quatrième ,et ma classe et moi nous devons présenter un metier de l’informatique et devinez quoi ce métier est créateur de jeux vidéo. Sauf que pour que notre candidature soit validée , il nous faut quelqu’un qui exerce ce metier.Si vous etes d’accord écrivez nous à : technoloie.gambier@laposte.net
  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    15 octobre 2006 23:10

    Et vu ce que les écoles francaises enseignent aux créateurs de jeux, on est pas sortis de l’auberge. À force de proner que le jeu est un film en mieux, on oublie que le scénario de Super Mario n’a jamais été plus évoué qu’ "il faut sauver la princesse". Et on persiste à faire des jeux "artistiques" qui n’amusent personne.

    En tout cas, ca ne m’empêchera pas de m’engager dans cette fillière et j’espère faire de bons jeux tout en restant en France.

  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    13 octobre 2006 11:42, par christophe
    Il est surprenant de lire que l’industrie du jeu vidéo, industrie somme toute très capitaliste, a besoin de soutiens publics (crédit d’impôts, subvention, ...). Mais il est vrai que nous ne sommes pas à une contradiction près dans ce monde dans lequel toutes les entreprises prônent moins d’intervention de l’état pour un marché libre et concurrentiel, mais voudraient quand même quelques subsides étatiques comme filet de sécurité !
  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    10 octobre 2006 11:40

    Il ne faut pas réver, l’indutrie du jeu vidéo en France est passée presque 2000 emploies à moins de 200 actuelement, à peine de quoi monter uns équipe pour faire un jeu AAA. Avec ce qu’il reste, on ne peu plus péréniser le passage de compétance pour former des nouveaux (il faudrait qu’il y ai des postes déjà..) En ce qui me concerne, je pense vivre mes derniers mois en tant qu’acteur du jeu vidéo, comme je ne veut pas m’exiler pour des raisons personnels, je serait obligé de me reconvertir dans une autre branche de l’informatique, comme beaucoup de mes collégues. Ce fera encore une trentaine d’acteurs en moins dans cette branche...

    Il n’y a plus assez de compétance en France pour rédemarrer, il n’y a toujours pas le financement (éditeurs, financiers), il n’y a toujours pas le soutient promis par le gouvernement il y a trois ans, c’est trop tard... Le meilleurs sont déjà partis ailleurs, la plupart ce sont déjà reconvertis, il faut bien crouter... Et qui voudra parrier son avenir professionel dans un secteur qui compte quasiment moins de 150 postes à pourvoir en tout, et que tout indique que ça va encore diminuer ?

  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    6 octobre 2006 09:23
    Mais OUI "on peut encore créer des jeux vidéo en France", rassurez vous... Ils suffit d’avoir de bonnes idées, novatrice ou pas, ce différencier et y croire. (C ce que ma maman me répète souvent)
  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    3 octobre 2006 11:15
    Pour que l’on puisse en parler comme "d’une exception culturelle", pour qu’il mérite un soutien du CNC, le jeu vidéo français ne doit pas se calquer sur le modèle américain ou japonais. Il lui faudra gagner, et souvent regagner, la confiance des créateurs et des techniciens (qui ont souvent les deux casquettes dans ce métier). Et de fait, enfin accepter le droit d’auteur français contre le copyright, et laisser s’épanouir les égos qui font les bonnes équipes, plutôt que de casser les dynamiques des petits studios pour des raisons comptables à court terme. Les comptables du jeu vidéo français, soit les éditeurs-distributeurs, sont à mon sens coupables d’avoir trop joué le jeu de la mondialisation "à l’envers" : aveuglés par le succès de certains éditeurs étrangers, ils ont accepté et appliqué leurs règles, et ont cassé la création française. Mais on ne fait pas du cinéma en France comme aux Etats-Unis, et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement pour le jeu vidéo... Yan
  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    2 octobre 2006 19:09

    Pour que le jeu vidéo devienne un art il faut :
    - lui laisser le temps de se développer
    - lui donner les moyens de se développer

    Je fais parti de la génération qui a vu exister les jeux vidéo et j’attends toujours une oeuvre qui m’apportera autant de poésie et d’émotion qu’un livre, un film ou une musique. Mais j’y crois... je joue peux mais j’observe en attendant. Des jeux comme Ico ou Shadow of the colossus donne en tout cas une voie...

  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    2 octobre 2006 18:02, par Shito
    Je ne suis pas certain que ce soit tant la méchante industrialisation du secteur et l’augmentation des coûts qu’une baisse indiscutable de la qualité de la production française qui soit à l’origine du marasme actuel. En cela cet article me semble manquer le coche ; et croire que "l’exception culturelle française" redressera la barre alors que c’est justement par là que le bât a blessé (et bien), c’est vraiment se penser plus grand que l’on est ou que l’on a jamais été.
  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    2 octobre 2006 17:48, par phoenix
    phoenix wright n’est pas "moche", c’est en 2D. ou alors on y a jamais joué...
  • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ?

    2 octobre 2006 17:29

    Je voulais juste apporter une petite précision : les jeux vidéo ce n’est pas un art même si une certaine dimension artistique est présente.

    Et sinon continue Eric "In mémoriam" c’est vraiment terrible.

    • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ? 3 octobre 2006 10:25, par Thierry ALVERGNAT

      Arthur et les minimoys, le film, est une oeuvre artistique alors que le jeu vidéo qui reprend des graphismes proches en ajoutant l’interactivité n’en est pas une ? Quid du Seigneur des Anneaux, Final Fantazy etc... Les images de synthèse sont de plus en plus proches entre films et jeux.

      Pourquoi en ajoutant l’interactivité perdrions nous la nature artistique de l’oeuvre ? Très curieuse pensée...

      Le film et le jeu s’interconnectent de plus en plus. Les films inspirent des jeux, mais les jeux se transposent aussi en films.

      De plus, les joueurs savent que l’on peut aussi éprouver en jeu, comme au cinéma, des émotions (émerveillement, peur, ...)

      Enfin prenons la diversité des oeuvres d’art contemporain... A t’on déjà signifié à un artiste contemporain vidéo ou photographe, que ne travaillant pas de la matière tangible, son oeuvre n’en serait pas une ?

    • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ? 3 octobre 2006 23:29, par Laurent Lacôte

      Le jeu vidéo n’est pas un art ? S’il faut que quelques grands pontes l’approuvent pour que c’en soit un, alors vous avez raison... Mais si l’on prend le mot art dans son sens primitif, ou le plus courant (je ne me hasarderais pas à donner une définition d’un concept aussi vaste), alors le jeu vidéo est un art :
      - art dans la musique qui accompagne les jeux (la musique est bien un art ?!)
      - art dans les graphismes (peinture, sculpture, dessin sont bien des arts ?!)
      - art dans la construction de l’histoire et des personnages (l’écriture, et son dérivé l’histoire est bien un art ?!)
      - Quant au gameplay, la qualification d’art est plus sujette à caution. Tout dépend de ce que l’on entend par là, mais enfin, quand on voit dans les bons jeux la cohérence et la qualité du gameplay, visant la perfection, on peut lui accorder ce qualificatif. AInsi en va-t-il aussi du logiciel, bien que là encore tout dépende de la vision de chacun. Mais n’enploie-t-on pas souvent l’expression "c’est tout un art" pour désigner la somme de connaissances, d’efforts, en un mot d’implication humaine pour obtenir un résultat digne d’éloges, digne d’être admiré et souvenu ? Dans cette acception, le jeu vidéo est immanquablement un art...

      J’invite d’ailleurs les sceptiques à se laisser tenter par des RPG consoles tels les Final Fantasy, Suikoden ou encore Chrono Cross (pour ne citer qu’eux), qui à mon sens sont les plus proches de cette qualification (je conçois que l’on rechigne à qualifier un jeu de foot ou de combat d’oevre d’art...^^)

      En tous les cas, comme dit plus haut le jeu vidéo est très proche du cinéma tant dans son approche (seule l’interactivité le distinguant profondément) que de son besoin de moyens colossaux, justifiant des aides semblables à celles accordées aux cinéastes...

      Cordialement,

      Laurent

      • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ? 4 octobre 2006 19:47
        Oui, mais dans la plupart des jeux l’émotion est inexistante. On a une ébauche visuel qui n’apporte RIEN. Trouve un jeu qui pourrait avoir la profondeur d’un film d’Ozu, Antonioni, Tarkovski ou Bergman, la poésie d’une oeuvre de Marker, Pollet, Godard ??? Non... parce que pour l’instant il n’y en a pas. A tous les futurs créateurs de jeux : LISEZ DES LIVRES !!!  ;)
        • Peut-on encore créer des jeux vidéo en France ? 10 octobre 2006 14:55
          Oui c’est vrai les jeux qui créent des émotions comparables aux autres arts sont encore rares (Ico, Shadow of the Colossus, Beyond good and Evil, Final Fantasy, Syberia, Silent Hill, Killer7, In Memoriam...). Mais demandez-vous où en était le cinéma en 1905 ? Les Ozu, Antonioni, et Godard du jeu vidéo arriveront bientôt ; la marche est irréversible... Il faut donner du temps à l’art pour se construire et du temps aux auteurs de demain pour en faire un art véritable.

 

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