vendredi 2 novembre 2007 11:27
Photo : inflation sur les pixels
par Erwan Lecomte
CC OiMax
Huit millions de pixels minimum. Les appareils photos numériques grand public d’aujourd’hui affichent couramment ce genre de chiffre, qui croît chaque année. Le client imagine que plus il y a de pixels, meilleur est l’appareil. C’est discutable. Les rayons lumineux captés par l’objectif de l’appareil photo viennent frapper un capteur dont la surface est quadrillée de millions de minuscules unités photosensibles : les fameux pixels. Ces derniers mesurent la quantité de lumière qui leur parvient et transmettent cette information à un convertisseur qui la traduit en langage numérique. Ainsi, à la manière d’un tableau pointilliste, les pixels capturent un point de l’image photographiée. Logiquement, plus une image comporte de points, plus elle est précise. Mais cette mesure à elle seule ne permet pas d’augurer de la qualité de l’appareil. D’autant plus que les constructeurs entretiennent la confusion sur le nombre de pixels. La plupart comptabilisent non seulement ceux qui quadrillent l’image mais également ceux qui ne servent qu’à fournir des informations au capteur. Autre astuce : mettre en avant la résolution « interpolée », c’est-à-dire celle qui est calculée par le logiciel à partir des pixels voisins et non la véritable résolution optique. En clair, calculer des points de l’image qui n’ont pas été mesurés, en se basant sur les mesures des pixels voisins. Le recours à ces algorithmes de calcul permet de gagner quelques mégapixels sur la fiche de présentation. Il faut donc être attentif à la résolution du capteur et non la résolution interpolée de l’appareil. Paradoxalement, un nombre important de pixels peut aussi se traduire par une image de moins bonne qualité, notamment sur les appareils photos compacts. En effet, lorsque la densité de cellules photosensibles s’accroît (et donc que leur taille diminue), les pixels du capteur se perturbent mutuellement. Il en résulte un accroissement des signaux parasites, ce qui se traduit par une image granuleuse. Mieux vaut donc préférer un appareil doté d’un capteur plus grand plutôt que d’un capteur plus dense. La taille du capteur est indiquée sous la forme d’une fraction (ex : 1/2,5 ou 2/3…). Plus le résultat de cette fraction est important, plus le capteur est grand. Devant les vitrines, sortez votre calculette. Outre le nombre de pixels du capteur et sa taille, Entre également en ligne de compte la sensibilité des pixels. C’est-à-dire leur capacité à traduire, avec plus ou moins de réalisme, les subtilités d’un jeu d’ombre et de lumière. Ces informations transmises par le capteur sont ensuite modifiées par des algorithmes de traitement. Ces derniers recréent les couleurs manquantes car chaque pixel ne perçoit qu’une couleur élémentaire (vert, bleu ou rouge dans la plupart des cas). Ils augmentent les nuances dans les tons sombres car notre œil y est plus sensible. Puis ils compressent les données de l’image avant de l’exporter vers la carte mémoire. L’efficacité de ces logiciels joue donc une part non négligeable dans la qualité finale d’une photo. S’ajoute à l’ensemble, évidemment, la qualité des optiques. Enfin sachez que prendre une photo en haute résolution n’améliorera pas forcément le résultat. Et pour cause : au-delà d’une certaine densité de points, l’œil n’est plus capable de percevoir l’information supplémentaire. Ainsi, à 25 cm de la photo, même un œil exercé ne peut pas distinguer plus de 120 lignes par centimètre. Inutile donc de présenter plus d’information que l’œil ne peut en percevoir. De même, les écrans d’ordinateurs ne pourront pas afficher à l’écran plus de pixels que leur résolution ne le permet. Et les imprimantes aussi ont une résolution maximale. Prendre des clichés en très haute résolution n’aura donc d’intérêt que pour imprimer les photos en grand format ou pour recadrer sur une petite portion de l’image. Trois bons sites : Letsgodigital.org, Lesnumeriques.com et Dpreview.com.
Conseils :
Côté presse, n’hésitez pas à ouvrir Chasseurs d’images, Réponses photo ou Le photographe.
Il y a 1 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager TweetSur les mêmes thèmes:
pratique - Le Web passe à table


