mardi 29 juin 2010 17:44
Poker en ligne : Un décret, puis tapis !
par Christophe Alix
tag : jeux en ligne
CC Jam Adams
C’est le plus prometteur des jeux d’argent nouvellement « légalisés » sur la toile française. Le poker en ligne qui, selon une étude de l’institut d’études H2 Gambling capital pourrait représenter 5,6 milliards de mises annuelles en France à l’horizon 2012 (contre 2,9 milliards pour les paris sportifs), devait être autorisé à partir d’aujourd’hui par un décret du ministère de l’Intérieur publié au Journal officiel. Mais rien. Ces quelques heures, ou quelques jours, de retard ne doivent pas vraiment être du goût des opérateurs qui avait très largement communiqué sur la date du 29 juin pour le début des réjouissances. Inutile de préciser que sur les sites des salles de jeu en ligne, l’impatience est plutôt palpable parmi les joueurs. Cette autorisation qui devait intervenir trois semaines après l’ouverture effective du marché français aux paris sportifs et hippiques, à la veille du coup d’envoi du Mondial sud-africain, avait déjà été repoussée en raison d’une obstruction de Malte dans le cadre des règles européennes. Le gouvernement français avait transmis il y a plus d’un an à la Commission européenne son projet de législation sur les jeux en ligne, puis notifié à Bruxelles les décrets d’application mais les Etats membres de l’Union européenne disposaient de trois mois pour faire leurs observations, ce que Malte n’a fait que le 27 mai 2010. Malte qui constitue l’une des plaques tournantes du marché des jeux en ligne en Europe et qui a su attirer les opérateurs avec une fiscalité très avantageuse contestait le volet de la loi qui limite le droit de jouer aux seuls sites agréés en France. Au nom des principe européen de libre établissement des services et de libre circulation des personnes et des biens. La France, qui devait répondre dans les trente jours, a depuis donné des explications à Bruxelles qui a reconnu que les Etats-membres avaient bien le droit d’imposer certaines restrictions à ces principes pour les jeux d’argent qui ne sont pas une activité comme les autres. Autrement dit, qu’une licence obtenue à Malte pour opérer du poker en ligne ne suffisait pour proposer ce service à l’ensemble des internautes européens. Une fois le décret « relatif aux catégories des jeux de cercle en ligne » publié, les joueurs français vont pouvoir s’affronter sur les sites autorisés. L’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) a déjà délivré onze licences à des opérateurs français et étrangers pour ces « jeux de cercle » : une première vague le 8 juin (Betclic, Bwin, Everestpoker, PMU, Sajoo, Eurosportbet et Winamax) ; une seconde vague le 25 juin (Pokerstars, Partypoker, Chilipoker, Partouche). Les sites déjà très présents à l’étranger et disposant des plus gros réseaux de joueurs seront privilégiés même si dans l’immédiat les joueurs français devront jouer entre eux et non pas sur des tables internationales. Une mesure prise au nom de la protection des joueurs mais qui déplait fortement aux sites nouvellement légalisés qui ne pourront pas organiser des tournois en ligne internationaux pour les joueurs français. Tout comme les sites de paris sportifs se sont payés quelques dieux des stades pour assurer leur promotion en tant qu’« ambassadeurs », quelques stars et « people » se sont lancés dans la bataille du poker, parfois même comme actionnaires des sites : Patrick Bruel et Vikash Dhorasoo chez Winamax, Sébastien Chabal et Gaël Monfils chez PokerStars. La liste des sites agréés n’est pas close malgré le lancement de l’activité demain. L’américain Full Tilt pourrait rentrer prochainement dans la danse et d’autres candidats fourbissent leurs armes, à commencer par les casinotiers français : le groupe Lucien Barrière (associé à La Française des jeux), Joa Groupe et le groupe Tranchant. Et les casinotiers « en dur » espèrent, à la différence des Pure players de l’Internet, pouvoir mettre en avant la complémentarité entre les tournois virtuels sur Internet (pour les sélections par exemple) et des phases finales de tournois organisées dans leur casinos. Près d’un million de Français joueraient déjà au poker en ligne sur des sites non homologués. Avec cette ouverture du marché, les règles vont changer et se durcir : les mises seront taxées à hauteur de 2% sur les pots et les sites « illégaux » entreront dans le collimateur de l’Arjel, la nouvelle autorité de régulation du jeu en ligne. Comme dans les paris sportifs, on peut s’attendre à une concentration rapide du marché. A terme 3 à 5 gros sites de poker pourraient se le partager de la même manière qu’au niveau international, dix opérateurs environ s’accaparent 80% du marché.
Il y a 0 réaction à cet article.
Lire les réactions.Réagir à cet article.
Partager cet article
Partager TweetSur les mêmes thèmes:
jeux en ligne - Arjel : un numéro d’identification pour tous les joueurs en ligne ?


