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jeudi 15 mars 2007 18:09

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Poker en ligne : Winamax et WAM-Poker cachent leur jeu

Mêmes têtes d’affiche et intérêts communs, le site anglais de jeux d’argent et le site des « passionnés de poker » français semblent appartenir à une même nébuleuse. A la limite de la légalité. Enquête.

par Cédric Mathiot

tags : jeux en ligne , poker

Une table sur Winamax - DR

Aujourd’hui, Patrick Partouche, patron des casinos éponymes, a apprit sa condamnation : 12 mois avec sursis et 40 000 euros d’amende. La société Partouche international est elle condamnée à 150 000 euros d’amende. Accusé d’avoir frayé avec un site de casino online (770) et d’avoir violé le monopole de la Française des Jeux, il risquait 18 mois de prison avec sursis (ce qui était requis contre lui). Interrogé il y a peu par Libération, Mr Partouche, qui a le sens de la formule, s’égosillait : « On m’empêche de faire ça. Très bien, mais il faut que la loi s’applique à tout le monde. Maintenant, moi, je vais m’asseoir sur le bord de la rivière et voir passer les cadavres ». S’il se défend de cautionner la répression, il est probable que Partouche, dans sa colère passagère, visait Winamax, site désormais bien connu qui cible tellement délibérément le marché français... que certains se sont demandé s’il n’était pas en fait un site français. Aujourd’hui, plusieurs acteurs du poker en ligne sont persuadés d’une chose : les dirigeants de Winamax ont réussi a faire ce pourquoi Partouche a été condamné. Enquête.

Un site anglais aux accents frenchies depuis toujours

C’est en 1999 qu’est lancée la société Winamax.com LTD, fondée par des anciens cadres de Havas Interactive. Elle développe initialement un jeu de gestion d’équipes de foot (connu sous le nom de « jeu de l’entraîneur »). En février 2000, elle reçoit le soutien sonnant et trébuchant de Robert Louis Dreyfus, qui injecte 2 millions d’euros dans le site, pour promouvoir son développement international. Le jeu de l’entraîneur est un joli carton. Des partenariats sont signés avec TF1 et Eurosport UK. Et le site change de mains en 2004. Il est difficile de trouver des informations sur le nouveau tour de table qui s’est alors constitué, les nouveaux actionnaires ayant préféré garder l’anonymat. Et ce, pour une raison simple : les jeux qu’ils vont contribuer à développer (paris en ligne, poker) heurtent de plein fouet le monopole français. De bonnes sources disent des actionnaires qu’ils sont en partie français -ce qui est impossible à confirmer. La personnalité de certains dirigeants, elle, est plus aisée à établir, en dépit des maquillages et de prête-noms qui ont vite été mis en place.

Où l’on trouve Alexandre Roos, avatar de la première bulle Internet

Sur le site de Winamax, on peut ainsi lire une interview de Nelson Kontos, présenté comme « dirigeant » . Mr Kontos explique aux joueurs français que rien ne peut les empêcher de jouer. Nous n’avons pu demander plus de précisions à ce monsieur, qui est difficilement joignable. Pour la simple et bonne raison que, selon plusieurs sources, il... n’existe pas. Si Kontos est un fantôme, qui dirige alors le site ? Selon les informations que nous avons recueillies, plusieurs Français ont été associés, à partir de 2004, au développement du nouveau Winamax. Alexandre Dreyfus en était. Ce jeune homme a offert ses services pendant un an et demi avant de filer, en juillet dernier, pour se lancer dans une autre aventure de poker Online, Chili Poker, basé à Malte.

Mais Dreyfus n’était pas seul. Comme en témoigne un document que Libération s’est procuré, il était accompagné par Alexandre Roos. Roos est un avatar de la première bulle Internet (Lokace, Caramail, Lycos France), qui s’est fait un peu d’argent avec Caramail. La nouvelle équipe Winamax se lance d’abord dans le pari sportif, visant trois marché : Allemagne, Angleterre, et France. Le poker ne vient qu’après, puisque qu’il ne sera lancé qu’en mai 2006. Principalement à destination de la France, un marché à conquérir. A de très rares exceptions (Everest, Titan), les sites de Poker ne communiquaient alors guère vers la France. Winamax décide donc de s’engouffrer dans la brèche.

Marketing sauvage, avec Bruel en tête de pont

Techniquement, le site n’a rien d’exceptionnel, il ne s’agit que d’un « skin » de la plateforme Ongame. Pour faire clair, Winamax n’est qu’une des multiples entrées d’une pokerroom virtuelle dans laquelle on peut pénétrer par une dizaine d’autres sites. Ce type de contrat est un grand classique du business du poker online : il permet d’offrir aux clients un maximum de joueurs connectés simultanément. Sur le plan business, Winamax se rétribue en gardant environ 80% des recettes provenant des joueurs qui sont arrivés sur le réseau via Winamax. Les 20% restant sont reversés à Ongame. Une sorte de location de salle, en quelque sorte. La spécificité de Winamax ne vient donc pas de son contenu, tout à fait lambda, mais de l’effort marketing avec lequel le site va être vendu, qui sera, lui, très abouti.

Pour se faire un nom, Winamax va s’allier à une arme d’attraction massive : Patrick Bruel, people passionné de poker et champion WSOP (World Series Of Poker). Ce dernier affirme ne jamais avoir mis d’argent dans Winamax. En revanche, l’ex-homme sandwich de Mr Bookmaker va devenir le porte drapeau et l’atout principal de Winamax dans l’Hexagone, moyennant (dit-il) un simple « contrat d’image ». Une vitrine idéale, d’autant que le chanteur-comédien, anime une émission de Poker sur Canal Plus. Une tribune dont il a abondamment profité, au début, pour faire de la publicité pour le site. Le CSA n’a rien trouvé à y redire. Les RG si, mais bien tardivement. Interrogé en décembre dernier par les RG, Bruel lâchera finalement Winamax, mais l’opération séduction est déjà un succès. D’autant que pour attirer les joueurs français, Winamax va aussi jouer une stratégie locale très fine : les sites des clubs locaux de poker (Loire poker, Alsace poker pour n’en citer que deux) sont contactés, et signent des contrats d’exclusivité : contre de la pub, Winamax organise un tournois online. De quoi créer un maximum de buzz... et de comptes.

WAM-POKER, le sac de noeuds...où l’on retrouve Alexandre Roos, toujours lui...

Winamax a aussi pu compter sur l’aide précieuse de Wam-Poker, lancé fin 2006. WamPoker est une plate-forme gratuite, que Bruel et Simoncini ont financée (selon leurs propres dires). Bruel, comme Simoncini (qui a mis 20.000 euros dans l’affaire) ont toujours affirmé à Libération qu’ils n’avaient rien à voir avec Winamax, et que WAM attendait une libéralisation du marché et la légalisation des pokerrooms pour transformer sa communauté de joueurs en clientèle pour un futur site payant. Mais les liens entre WAM et Winamax ont vite frappé les observateurs attentifs… Nombreuses sources affirment que WAM n’est que le « point net » de Winamax, la façade respectable et légale (parce que gratuite), qui joue les « apporteurs de clientèle » pour le site payant. De fait, une simple inscription sur le forum de WAM valait inscription pour un tournoi Winamax.

On note aussi un business model original : si la plupart des forums ou des portails de type WAM fonctionnent sur le mode de l’affiliation, en envoyant leurs internautes vers des pokerrooms (contre des commissions), WAM présentait la particularité d’afficher uniquement des liens vers Winamax. Précisons que Michel Abécassis, champion français bien connu, travaille indifféremment pour les deux sites auxquels il fournit des billets d’actualité, et que le support technique est identique (le site WAM-Poker portait même la mention Winamax à ses débuts). Les doutes deviennent des quasi certitudes quand on se penche plus avant sur WAM : la société, géré par la société table14 domiciliée au siège de la boîte de production de Patrick Bruel (14 productions), a pour chargé de développement du projet... Alexandre Roos. Sans doute un hasard. Un autre élément récent vient étayer la thèse d’une confusion intime des intérêts : devant le durcissement des pouvoirs publics contre la publicité pour le sites, Winamax a enlevé les publicités des sites de poker locaux dont ils étaient partenaires. Dans certains cas, les pubs ont été remplacées par WAM-Poker. Sans aucune modification contractuelle. Bref, les deux partenaires exclusifs se sont révélés parfaitement interchangeables.

Les RG convoquent, l’enquête suit son cours

Au cours de cette enquête, il nous est aussi apparu que Winamax aurait aussi choisi une solution maligne pour les encaissements, en s’appuyant sur les services de Cleverine, société française basé dans le 8ème arrondissement parisien. D’après plusieurs sources, le recours à cette société extérieure permettrait de contourner certains verrous bancaires. Un certain nombre de banques françaises bloquent en effet tout versement de leurs clients vers des sites de jeu. Le fait de passer par une société non répertoriée comme ayant à voir avec le jeu en ligne (Cleverine, donc, qui en tant que prestataire de service prendrait sa commission au passage) permet d’éviter toute perte de clientèle. Habile, certes. Mais légal ?

Au final, Winamax a été un succès populaire en France, drainant une bonne partie des nouveaux joueurs saisis par la fièvre poker. Aujourd’hui, la pression croissante (mais tardive) des pouvoirs publics a grippé la belle machine marketing.... Toutes les publicités pour Winamax et Bruel ont disparu des sites. Bruel se borne désormais à faire de la publicité pour WAM sur Canal Plus (en prenant un grand soin à citer d’autres noms pour ne pas froisser un CSA, auquel les RG ont demandé d’être désormais un peu attentif). Il se dit que les Français officiant dans l’Hexagone pour Winamax ont filé à l’anglaise.

Malgré nos différentes tentatives, Alexandre Roos a refusé de nous répondre. En revanche, il n’a pas pu poser de lapin aux RG. Outre Roos, plusieurs protagonistes de l’affaire ont été interrogés ces dernières semaines. C’est le cas notamment de Bruel, Marc Simoncini et de Michel Abécassis. L’enquête suit son cours. Et selon le tour qu’elle prend, il se pourrait que Patrick Partouche, au bord de sa rivière, finisse par voir passer quelque chose.

Retrouvez toute l’actualité du poker sur le blog de Libération Le poker à toute blind.


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  • Poker en ligne : Winamax et WAM-Poker cachent leur jeu

    17 juin 2007 04:42
    Je tiens à signaler que je joue sur Wam-Poker, et grâce à ce site, j’ai eu la chance de progresser lors de leurs tournois gratuits. Je n’ai jamais dépensé 1€, ceux qui le font le veulent bien. Donnez-vous aussi la chance à des passionnés de journalisme de se perfectionner gratuitement sur votre site ? J’invite vos lecteurs à se faire leur propre opinion en allant sur le site de Wam-Poker. S’ils trouvent un meilleur site francophone gratuit, avec un forum..., qu’ils me le disent. J’ai oublié de dire combien il est plaisant de se faire des contacts qui ont la même passion, et cela, sans débourser un centime.
  • Poker en ligne : Winamax et WAM-Poker cachent leur jeu

    24 mai 2007 20:09
    la francaise des jeux qu’elle fumisterie.quand toute la pub sur gratter dede et tout le reste. la vie est deja bien triste ,alors laissez nous vivres.Les joueurs vont sur des sites etrangers , et ca fait pondre des lignes dans les journaux.les scandales sont ailleurs ELF, LES emplois fictifs et tout le reste voila du travail pour les majistrats..... keno bingo rapido loto = pieges a gogo..........
  • Poker en ligne : Winamax et WAM-Poker cachent leur jeu

    24 mai 2007 13:43, par tenkan
    Encore un bel exemple d’objectivité journalistique. Il n’y a pas plus de journaliste professionnel sur internet qu’à la télé. Et quel manque d’esprit critique !!!
  • Poker en ligne : Winamax et WAM-Poker cachent leur jeu

    26 mars 2007 23:09
    Vous en voulez Bruel ou quoi ? vous croyez vraiment qu’il a besoin de ça pour se faire du fric ? en tout cas, c’est l’impression que vous donnez !!!!! j’pense pas qu’il soit stupide au point de bousillez son image pour ça
  • Poker en ligne : Winamax et WAM-Poker cachent leur jeu

    25 mars 2007 23:47
    C’est en interdisant que ce développent les sites illégaux, et de toute manière, sur Winamax et sur les autres sites de jeux, on peut jouer tout en en mettant pas en jeu d’argent (c’est la différence entre le Real Money, et le Play Money), alors je ne vois pas vraiment pourquoi l’Etat ne légaliserait pas un jour ou un autre...
  • Poker en ligne : Winamax et WAM-Poker cachent leur jeu

    24 mars 2007 15:36, par telbontiti
    Dés que l’on touche au jackpot de l’état et à son monopole via la française des jeux....... On voit le résultat !!! Tout le monde pronne l’Europe mais pas pour ce qui pourrait contrarier les intêrets de la France...... Je pense que cela n’est qu’une question de temps avant que tout ceci soit régularisé ou ploutôt légalisé ; ce qui serait d’une pure logique..............
  • Poker en ligne : Si la presse suit la ligne gouvernementale...

    16 mars 2007 14:57, par Gege

    Je shouaite reagir aux termes employes dans le titre : "... la nebuleuse". Vous jouez le jeux du gouvernement qui tentent de stigmatiser le jeux en ligne en le faisant passer pour illegal.

    Comment expliquer que des societes totalement legales en Angleterre, Autriche, Belgique, etc... ne le soient pas en France ?

    Commente expliquer que les casinos, le PMU, etc.. soient legaux (une grande partie des transactions s’effectuant en liquide) alors que les jeux en lignes ne le soient pas (99% des transactions peuvent etre pistees).

    Tout simplement par le fait que le gouvernement francais ne veut pas perdre son monopole d’Etat sur les jeux et comme a son habitude la France prend ce qui lui convient de l’Europe et n’applique pas le reste (comme pour le marche de l’energie par exemple).

    J’attends en revanche de la presse independante de ne pas se faire l’echo d’un systeme de pensee francais completement depasse.

  • Poker en ligne : Winamax et WAM-Poker cachent leur jeu

    16 mars 2007 13:19
    +1 pour Aher
  • La police, meilleur soutien de l’exception culturelle française ?

    16 mars 2007 00:52, par Aher

    La police française ne se grandit pas à protéger les citoyens contre eux-mêmes. On aimerait que ses ressources soient affectées de manière à ce que plus de moyens soient mis en œuvre contre les crimes et délits avec violence et que les adultes consentants puissent s’amuser comme ils veulent avec qui ils veulent.

    Si j’étais RG — et je le suis peut-être, derrière mon pseudonyme —, engagé dans ce combat forcément perdu d’avance à cause du droit européen, de la mondialisation, et de la facilité à accéder à l’extraterritorialité sur le Net, je pense que je mettrais peu de zèle à faire mon travail. Je me rappellerais que je me suis engagé dans la police pour défendre la veuve et l’orphelin, pas le PMU et la Française des Jeux.


 

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