lundi 11 janvier 2010 17:21
Postgaming
par Olivier Séguret
tag : Microsoft
Bayonetta - DR
L’année 2010 commence plutôt bien pour les joueurs. Nous aurons droit à un cortège de limousines retardataires, que les embouteillages de Noël ont déviées sur les routes plus tranquilles du premier trimestre. D’ici au printemps, de grosses cylindrées comme Final Fantasy XIII, God of War III, BioShock 2, Dante’s Inferno, Mass Effect 2, voire GT5 (au Japon en tout cas), viendront tenter les masses, mais aussi de sérieux météores à demi expérimentaux comme Heavy Rain ou M.A.G. Pourtant, au risque de surprendre, la course pour le meilleur jeu de l’année est peut-être déjà pliée. Il s’appelle Bayonetta, il est produit par Sega et est sorti vendredi. Votre chroniqueur ne l’a pas encore joué à l’heure où il rédige ces lignes, mais il est d’avance, et comme tout le monde, impressionné par les notes dites « parfaites » que lui ont attribuées deux magazines parmi les plus influents/prestigieux/réputés (au choix) du globe gamer : le nippon Famitsu, qui lui décroche un 40/40 et le britannique Edge, qui lui donne un 10/10. Ces scores valent ce que valent les notes scolaires : on connaît des génies mal notés ou des cancres devenus géniaux… Elles donnent néanmoins un prestige supplémentaire à ce néo-Devil May Cry, très attendu depuis le dernier E3, où les premières séquences offertes dévoilaient un monde baroque et sexy, féminin et bondage, multi-gravitationnel, fulminant de couleurs et d’effets spéciaux. Bayonetta marquera peut-être l’année qui s’ouvre par la sorte de sommet qu’il atteint dans son registre. Mais malgré tout son panache moderne, ce titre risque de faire bientôt figure de classique, de jeu à l’ancienne : si cette année 2010 tient les promesses faites par l’industrie au nom du jeu vidéo, nous devrions basculer dans une sorte de postgaming, dont le prophète s’appelle Natal. Natal est un système de reconnaissance physique et vocale que l’on pourra adjoindre à la Xbox 360 à partir de l’automne. Le bouleversement supérieur qu’il propose est la suppression de la manette au profit du corps, du visage, des membres et de la voix, avec lesquels le joueur commande l’interface et évolue. Avec lui, Microsoft espère faire bifurquer l’odyssée du jeu vers une nouvelle histoire : si Natal parvient à convaincre de son progrès immersif, si les jeux qui lui sont dédiés donnent le sentiment d’une expérience qui surpasse celle de la configuration classique, alors l’histoire du jeu vidéo pourrait bien, en effet, basculer. Vers quoi ? Vers où ? Paru dans Libération du 9 janvier 2010
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