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mercredi 13 février 2008 11:28

  • télévision

Pour Fillon, «le PS avait raison»

Le gouvernement prétend reprendre une idée de gauche. Les socialistes s’en défendent.

par Flore Thomasset, Marion Mourgue

tags : politique , polémique , Télé sans pub

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Rendre la télévision au peuple

En un tour de passe-passe, on nous vend la télé publique instantanée, débarrassée qu’elle sera en un temps trois mouvements de son Nespresso et de ses cafetières, pour revivre, mieux faire, faire plus et encore plus et tout ça pour moins qu’un simple sou  !

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A l’origine, une idée de gauche. Déjà sous le gouvernement PS de Michel Rocard, en 1989, Catherine Tasca, ministre de la Culture, avait été chargée d’étudier la suppression de la publicité sur la télévision publique. François Fillon ne l’a évidemment pas oublié quand, mi-janvier, il a défendu à l’Assemblée, devant des députés de gauche très remontés, le projet sarkozyste. «Depuis 1981, tous les programmes du Parti socialiste, sans exception, préconisaient la suppression de la publicité pour financer les chaînes de télévision publique, et bien vous aviez raison!» ironise-t-il, dénonçant le «double langage» de la gauche. Jean-Dionis du Séjour, député Nouveau Centre du Lot-et-Garonne et coprésident d’un groupe d’étude sur l’audiovisuel à l’Assemblée, va plus loin et parle du «tonneau de démagogie» déversé par la gauche depuis l’annonce présidentielle.

Les socialistes, eux, démentent. «C’est faux, se défend Catherine Tasca. Les gouvernements de gauche ont réfléchi à cette hypothèse mais, s’ils ne l’ont pas mise en œuvre, c’est qu’ils se sont rendus compte que ce n’était pas économiquement viable. On a envie de dire “chiche”, mais ce n’est pas réaliste.» Patrick Bloche, député de Paris et vice-président du groupe PS à l’Assemblée nationale, où il est chargé des médias, évoque une «idée un peu utopique de la gauche dans les années 1980». Dans un paysage audiovisuel modifié, «c’est une idée qui a fait son temps».

Aujourd’hui, le PS ne demande plus la suppression mais une simple diminution de la publicité dans le service public: «Il ne faut pas que France Télévisions devienne une télé pour le VIe arrondissement de Paris! Elle doit rester populaire, ce qui implique qu’elle fonctionne avec de la pub», précise Didier Mathus, député PS responsable des questions audiovisuelles au sein de son groupe.

Au cœur de la critique socialiste, le flou actuel des modalités de la réforme. «Sarkozy décide brutalement de priver l’audiovisuel public de 800 millions d’euros. C’est extravagant. Et depuis, on bricole, sans visibilité», critique Patrick Bloche. Improvisée ou calculée, les socialistes dénoncent une annonce démagogique: «Le président a été malin. Il sait qu’il existe une sensibilité pour un service public pur et dur, mais il ne donne pas les moyens», analyse Catherine Tasca.

Décontenancée par l’annonce surprise, la majorité se défend de privilégier le privé au dépend du public. A quelques semaines des municipales, le discours se veut rassurant: «Je suis profondément attaché aux chaînes généralistes, mais l’évolution du service public est nécessaire à son maintien», clame Patrice Martin-Lalande, député UMP de Loir-et-Cher. Rapporteur spécial sur cette question pour la commission des finances, il prône «la réévaluation annuelle de la redevance au niveau de l’inflation». «C’est impopulaire, certes, mais ça m’est égal», confie-t-il. Pas sûr que ses collègues UMP soient d’accord. Ni Nicolas Sarkozy.


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