Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

mercredi 15 octobre 2008 12:31

  • cinéma

Pour une poignée d’or pur

Eldorado. Docu inquiétant sur l’exploitation du métal en Amazonie.

par Guillaume Launay

tags : documentaire , Brésil

Le temps de la projection du film, c’est l’équivalent de 700 terrains de football qui sont déforestés en Amazonie. DR

La Fièvre de l’or, documentaire d’Olivier Weber, 1h35.

Il existe un Far West aux portes de la France, où des villages champignons poussent au milieu de la forêt, autour d’un bar, d’un bordel et d’une église, où la loi n’existe pas vraiment, et où un seul moteur anime les hommes  : l’or. En Amazonie, aux frontières de la Guyane française, du Brésil et du Surinam, se déroule un western contemporain, où pour quelques grammes de métal précieux des hommes s’exilent, s’entretuent, en empoisonnant des Indiens et en détruisant une forêt.

La Fièvre de l’or est un documentaire. Ecrivain et grand reporter, Olivier Weber, après plusieurs films pour la télévision, notamment en Afghanistan, a cette fois choisi le cinéma pour ce film auquel il pense depuis huit ans (1). Le sujet et le décor s’y prêtent. Mais on est loin du romantisme en suivant ce cycle infernal de l’or, à travers les témoignages d’orpailleurs français, de garimpeiros Brésiliens ou Surinamais, d’Indiens, de prostituées ou de pasteurs évangélistes. Le réalisateur les laisse parler et aucun commentaire ne vient nous imposer des sentences définitives sur les dégâts de la mondialisation dont il est pourtant bien question.

En Amazonie, la quête de l’or n’enrichit personne, sauf une poignée de parrains invisibles qui expédient la marchandise en Occident, où personne ne cherche à savoir de quels trafics et exploitations il provient. Cette fièvre piège dans la forêt ceux qui ont quitté pays et famille pour un mirage et n’ont plus les moyens de rentrer chez eux. Pris dans cette guerre pour l’Eldorado, les Indiens assistent résignés à la destruction de leur environnement et à la contamination de leur alimentation par le mercure, avec ses effets désastreux sur la santé, notamment des enfants. Ce mercure, qui sert à agglomérer l’or, arrive dans des avions clandestins qui repartent chargés de métal jaune. « Le premier cri d’alarme du film, c’est : “Arrêtez le mercure”, raconte Olivier Weber. Mais l’or fait toujours briller les yeux. Et l’Amazonie est tellement loin de l’Europe... » Le long du fleuve ou dans la forêt, l’Etat n’existe pas ou si peu. « Il y a des règles, mais elles sont extensibles, avance sans hésiter un chercheur d’or français. Ici, on fait un peu ce qu’on veut, on se permet de déforester... »

Entre les paysages somptueux de l’Amazonie, la caméra remonte la piste du mercure jusqu’aux aérodromes dans la jungle, s’avance à la rencontre des mines dans la forêt, s’arrête dans ces villages où la monnaie en vigueur est l’or. Un gramme le plat de riz, trois grammes la passe. On rencontre cette prostituée, coincée là depuis un an, qu’Olivier Weber « a vu vieillir de cinq ans en quelques mois ». Et c’est un pêcheur d’Oiapoque, au Brésil, ancien garimpeiro, qui livre la clé du film : « Je ne veux plus aller à la mine. Ceux qui creusent, creusent un trou qui peut devenir leur tombeau. On transforme l’Eden en quelque chose de matériel. C’est notre propre destruction. C’est le commerce. »

(1) Il en a également tiré un livre, J’aurai de l’or, Robert Laffont, sortie demain.


Il y a 1 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

documentaire - Kadhafi, dernier Occident de parcours

Brésil - Le Brésil shooté au Projac

article précédent
Les Etats-Unis durcissent leur loi anti-piratage
article suivant
Vu sur le www : Un jeu de tour, l’origine de l’argent, etc.


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • réactions (1)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine
  • [Vidéo] Ecrans.fr, le podcast citoyen

Lib.fr

  • Concerts de casseroles au Québec contre la «loi matraque»
  • François Hollande en visite surprise en Afghanistan
  • Un homme arrêté pour le meurtre d'un enfant disparu en 1979
  • Des sénateurs américains veulent frapper le Pakistan au porte-monnaie
  • La projection du film de Dieudonné annulée à Cannes
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008