jeudi 10 septembre 2009 10:29
Projection privée chez le maître cameron
Invité par le réalisateur dans sa villa de Los Angeles, où il peaufine son film, «Libération» a pu visionner des images inédites.
par Laureen Ortiz
tag : science-fiction
DR
La crise a frappé Hollywood, mais en passant les grilles de la villa de James Cameron, à Malibu, on en doute subitement. On oublie aussi que le père du plus gros succès mondial au box-office, Titanic (1998), fut au départ «chauffeur routier ne pouvant pas [se] payer une école de cinéma» pour apprendre les effets-spéciaux. L’autodidacte peut s’offrir aujourd’hui le luxe de travailler depuis sa splendide propriété surplombant le Pacifique, où il termine Avatar. Bien décidé à expliquer son film en relief, il y a invité Libération à l’improviste après une interview réalisée au téléphone. Il ne s’agit pas de la maison où il vit, qui la jouxte, mais d’une demeure avec piscine transformée en petite entreprise de cinéma, au sommet d’une bucolique route privée. Une fois passés les gardes et les molosses, dans sa salle de projection privée, Cameron nous sert une demi-heure de scènes finies d’Avatar. Par comparaison, il nous montre des passages inachevés, qui ressemblent à des images de jeux vidéo. «Entre les deux, il y a un an de travail !» dit-il. A ce jour, «il faut compter encore deux mois». Le cinéaste, 55 ans, évoque le système de caméras utilisées, appelées Fusion, qu’il a mis sur pied avec «une poignée d’ingénieurs». Rien n’est laissé au hasard pour reproduire l’expression la plus réaliste possible du visage des acteurs, qui ont tourné avec des mini-caméras pointées sur leur figure. Fier du résultat, James Cameron révèle un passage clé. «Là, c’est la première fois que l’héroïne Na’vi sourit au héros humain. Signe qu’elle l’accepte enfin comme son égal, ce qui est la condition de toute histoire d’amour.» Cameron a toujours donné des rôles de femmes fortes à ses actrices, Sigourney Weaver en tête (héroïne d’Aliens, le retour en 1986, elle joue ici le Dr Augustine). Il est aussi fier qu’Avatar, plus proche à ses yeux d’épopées à la Lawrence d’Arabie (1963), soit une histoire «originale, basée sur aucune œuvre». «C’est rare à Hollywood de partir de rien. C’est aussi pour ça que je m’intéresse au succès économique du film en le faisant connaître avant qu’il sorte.»
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