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mardi 26 décembre 2006 17:03

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Quaero, moteur de recherche d’outre-rien

Censé être une collaboration franco-allemande, ce rival de Google ne sera développé qu’en France.

par Christophe Alix

tags : politique , moteurs de recherche , économie

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Wikiasari : mettez de l’humain dans votre moteur

Jimmy Wales, co-fondateur de Wikipedia, s’est lancé dans un nouveau projet : concurrencer Google en faisant intervenir les internautes pour des résultats de recherche plus fiables.

C’était un projet européen pour faire la nique au moteur de recherche Google. Le meilleur de la techno française et le meilleur de l’allemande pour Quaero («je cherche»), avec Chirac himself en VRP de ce «grand projet franco-allemand». En octobre, le président annonçait même, à côté de la chancelière Angela Merkel, un accord sur les «financements, aussi bien en Allemagne qu’en France».

Il faudra bien que quelqu’un se dévoue pour l’annoncer au type qui écrit les discours de Chirac, mais Quaero n’est pas un projet franco-allemand. Il ne l’a même jamais vraiment été, malgré les déclarations politiques et les tentatives pour bricoler un projet commun. Depuis hier et la présentation du premier bilan de l’Agence de l’innovation industrielle (AII), chargée de financer le projet, c’est officiel : Quaero est un projet tricolore, avec Thomson en chef de file et la start-up parisienne Exalead en PME innovante. Les Allemands bosseront dans leur coin, sur un autre projet baptisé Theseus. «Ce n’est pas un désengagement, mais une nouvelle structuration du projet, euphémisait hier Jean-Louis Beffa, le président de l’AII. Il y a maintenant deux programmes au lieu d’un.»

En 2005, quand l’idée germe du côté des pouvoirs publics, tout semble bien réglé. L’idée de mutualiser les forces européennes dans les technologies de recherche multimédia pour rattraper le retard creusé face aux Américains apparaît comme un objectif symbolique. Et l’AII, agence en gestation destinée à relancer la politique industrielle en finançant des projets publics-privés de haute technologie, apparaît comme le bon levier pour lancer l’affaire. La coopération franco-allemande, réaffirmée sur tous les tons, avait deux vertus : éviter les critiques sur le côté franchouillard de l’AII et amadouer la Commission européenne, gardienne psychorigide des aides d’Etat au secteur privé.

Mais voilà. Les uns après les autres, les partenaires industriels allemands ­ Deutsche Telekom puis Bertelsmann ­ ont décliné. Et si le divorce est acté officiellement depuis lundi, par une déclaration du ministre allemand de l’Economie, les partenaires n’ont jamais vraiment couché ensemble. «Quaero n’a jamais été franco-allemand ailleurs que dans la tête des politiques. On a vu des Allemands une fois lors d’une réunion, c’est tout», indique un industriel français impliqué dans le projet. De fait, dès l’an dernier, les jeux semblent faits : la France s’intéresse à l’indexation audio et vidéo, les Allemands privilégient l’analyse de texte.

Pour la façade, les contacts sont maintenus pendant plusieurs mois, et l’AII tente de marier les projets. «C’était assez embarrassant de se dédire, on a tellement annoncé que Français et Allemands allaient travailler ensemble», témoigne un Français. Deux labos publics allemands demeurent tout de même associés au Quaero français. Et attendent, comme tous les autres, la centaine de millions d’euros d’aide promise par l’AII, annoncés pour 2007. Au mieux.


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