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mardi 20 février 2007 13:21

  • télévision

Quand « 24 Heures chrono » donne des cours de torture

Plusieurs séries auraient une influence néfaste sur les soldats en Irak.

par Isabelle Duriez

tags : série , 24

DR

Jack Bauer n’est pas un tendre. Six ans qu’il torture allégrement en prime time, pour le bien de l’Amérique. Sans lui, les pires complots terroristes auraient décimé ses leaders et tué des milliers de civils. Le héros de 24 Heures chrono, la première série en temps réel, ne s’embarrasse ni de moralité, ni de légalité pour sauver les Etats-Unis. L’agent de la cellule antiterroriste de Los Angeles électrocute et poignarde sans états d’âme. Tire dans le genou d’un suspect pour lui faire avouer la cible d’un attentat. Exécute le fils d’un terroriste sous ses yeux pour savoir où se trouve une bombe (en fait, c’est une mise en scène). Les auteurs de la série le reconnaissent : « ça devient dur de ne pas reprendre tout le temps les mêmes techniques de torture. » L’association Parents Television Council a en effet enregistré 67 scènes de torture pour les cinq premières saisons de 24 Heures chrono. Mais la série préférée des conservateurs de Washington, qui tient en haleine 15 millions de téléspectateurs sur Fox, n’est pas la seule à banaliser la torture : Lost , Alias ou Law and Order s’y sont mis aussi.

Le tournant ? Le 11 septembre 2001. De 1996 à 2001, 102 scènes de torture ont été diffusées aux heures de grande écoute, et pas moins de 624 de 2002 à 2005. Les bourreaux ne sont plus les méchants, tueurs en série et trafiquants de drogue, mais les gentils, les héros : les patriotes. Cette banalisation a des conséquences particulièrement perverses. Selon l’association américaine de défense des droits de l’homme Human Rights First, elle ne rend pas seulement la torture plus acceptable aux yeux des téléspectateurs, elle influence aussi jusqu’à ceux qui mènent des interrogatoires sur le terrain : les soldats en Irak. « Nous avons un faisceau de preuves qui montre que les jeunes soldats imitent les techniques d’interrogation vues à la télé », alerte David Danzig, qui dirige la campagne Primetime Torture.

Outre un rapport du gouvernement américain daté de 2004 notant que les officiers utilisent « des méthodes qu’ils se souviennent avoir vues dans les films », Human Rights First a rassemblé, pour un film qui sera présenté aux soldats en formation, des témoignages d’interrogateurs professionnels. Parmi eux, Tony Lagouranis, un ancien interrogateur militaire qui a travaillé à la prison d’Abou Ghraib. Il a dû s’interposer, un jour, lorsque des soldats ont demandé à leur traducteur de hurler comme s’il était torturé pour terroriser les prisonniers : ils venaient de voir la même scène dans 24 Heures chrono en DVD. Certains enseignants de l’académie militaire de West Point considèrent même Jack Bauer comme l’un de leurs principaux problèmes. Les cadets leur disent : « Je l’ai vu dans 24 Heures chrono . Jack Bauer tire dans les jambes du gars, et il craque immédiatement. » « Les instructeurs doivent répéter non seulement que ce n’est pas légal, mais qu’en plus ce n’est pas efficace, explique David Danzig. La série est remarquablement réaliste, mais ce n’est pas la réalité. Dans la réalité, la torture ne marche pas. »

C’est ce qu’un petit groupe de vétérans de l’interrogatoire, issus de l’armée et du FBI, ainsi que le doyen de l’académie de West Point, est allé expliquer aux auteurs de 24 Heures chrono . La rencontre inhabituelle a eu lieu sur le plateau, à Hollywood. « Nous leur avons expliqué que les meilleures techniques demandent du temps et de la patience, par exemple, établir une relation personnelle avec l’interrogé, raconte Joe Navarro, un agent du FBI retraité qui a conduit des milliers d’interrogatoires. La torture n’a jamais conduit à la vérité, seulement à la souffrance. Au mieux, l’interrogé vous dira ce que vous voulez entendre. Au pire, vous n’obtiendrez rien. » Les scénaristes ont pris des notes, posé des questions sur les méthodes « douces ». Et argumenté que ce n’est que de la fiction et que les téléspectateurs le savent. « Ils ont été surpris par l’impact de leur série sur les soldats », souligne Joe Navarro.

Pour autant, recourront-ils moins à la torture ? Danzig est plutôt optimiste : « Nous espérons les convaincre qu’il est possible de maintenir la même tension dramatique sans. » L’agent du FBI est plus pessimiste : « Nos techniques n’ont rien de spectaculaire. Mais le public veut de l’action. »

Lire le dossier « Séries : un temps de mi-saison »


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  • Quand « 24 Heures chrono » donne des cours de torture

    1er mai 2007 20:57

    Que l’on ne s’etonne plus de la banalisation des actes violent !

    Désolé mais pour moi la torture devrait rester qq chose de tres rare ds les fictions ! Hors c’est loin d’etre le cas, alors arretez de faire croire que vous la combattez et en mm tps qu’il est normal de l’utiliser pour extorquer des infos.

    Enfin, qd on voit guantanamo, on a bien compris que les droits de l’homme on les respecte qd ca nous arrange.

    Triste monde.

    Dreamer

  • Quand « 24 Heures chrono » donne des cours de torture

    8 mars 2007 14:06, par mouhamadou
    je pense que cette série refléte l’etat d’ésprit des américains surtout aux lendemains des attentats du 11 septembre.L’amérique cherche a travers JAcques Bauer à faire partager au monde leur ire des terroristes tous ce qu’on peut faire à ces gens est justifié par la volonté de sauver des vies c’est une vision quasi satanique qu’ils donnent du monde arabe en quelque sorte et de tous ces pays qui ont le malheur d’être désignés comme faisant partie de l’axe du mal. Personnellement j’aime beaucoup l’etat d’esprit du personnage qui ne recule devient rien pour faire triompher la vérité et sauver son pays meme si le message véhiculé est loin d’être partagé il n’en demeurre pas moins que c’est une excellente série et Kieffer sutherland un trés bon acteur.
  • Quand « 24 Heures chrono » donne des cours de torture

    7 mars 2007 12:17, par olivier
    slt suis le fan de 24heure chrono j’ ai deja regarde 1er saison juska a 5e saison il reste 6 saison et 7 ;8 cette film est une film interressant
    • Quand « 24 Heures chrono » donne des cours de torture 1er avril 2007 01:28, par baye
      je mappel ameth mbaye je suis senegalais pour moi jack est un heros meme si ss du cinema j’ai seulment regardé les 5saison 1 fans de jack.
  • Quand « 24 Heures chrono » donne des cours de torture

    20 février 2007 15:08, par BossaNova

    L’Amérique, The United States of America, est complexe et multiple, va sans dire mais va mieux en le disant, en le rappelant. Le business n’a de limites que celles de la législation, en douterait-on ? Ce qui me réconforte, sans me surprendre, c’est bien l’intervention de pros, actifs ou à la retraite, pour sinon s’insurger sur l’aspect barbare de pareilles séries du moins signaler la contre-vérité que celle d’une torture efficace en terme de résultat : encore heureux (qu’en serait-il dans le cas contraire ?).

    A vrai dire, ce qui me désespère c’est bien que l’ignominie de la souffrance infligée puisse avoir un auditoire. La conscience de certains se calquerait-elle sur ce savant mélange du bon droit et de droit tout court pour ainsi pencher du côté des ténèbres d’une âme pareillement morbide ?

    La torture n’est pas un jeu, la souffrance n’a rien de ludique, et la virtualité n’excuse pas le principe.

    • Quand « 24 Heures chrono » donne des cours de torture 22 février 2007 11:01, par Poupy

      Il me semble que vous prenez le "problème" à l’envers. Il s’agit avant tout d’une oeuvre ludique dans laquelle intervient des scènes de souffrance (certes) et de tortures (certes), mais pour une finalité qui reste confinée à un simple écran de télévision. Ceux (ou celles) qui y voient un reflet de la réalité doivent êtres sujet à de sérieux problèmes de dicernement entre le virtuel ou la réalité. Et dois-je rappeller que ceux qui n’y arrivent pas justement, ne sont pas obligés de regarder ces séries.

      Il faut vraiment prendre ces séries pour ce qu’elles sont : un simple (simpliste ? ;) moment de divertissement, rien de plus...

  • Enfin

    20 février 2007 14:22, par boeuuu

    Ca fait un moment que l’on peut observer ces dérives dans les series americaines, NCIS, Treshold ou encore les 4400.(pour ne citer que celle que je regarde et qui passe la television française)

    Je suis sidérer par le message qui est passé dans ces series en plus de la torture pour certaine : Du genre vous ête suspecter d’être un terroriste, donc vous êtes coupable. (Pas ou peu de presemption d’innocence)

    Enfin je generalise beaucoup (dsl) à partir de ce que je ressends en regardand ces series, mais cette article me rassure dans un certains sens.

    • Prendre du recul... 21 février 2007 12:24, par Forumwalker
      Franchement, ce type de réactions, que l’on a entendu et lu dans tous les médias depuis quelques jours a vraiment quelquechose d’exaspérant ! Ces associations n’ont rien de mieux à faire que de stigmatiser des oeuvres de fiction, qui ont pour seul but d’être un loisir, un moment de détente, que de dénoncer le fond réel du problème ? Si les jeunes militaires n’ont pas le recul nécessaires, c’est qu’ils sont mal encadrés ! Où qu’on les incite à le faire ! Arrêtons de reprocher à des fictions qui, même si elles défendent un certain idéal patrotique, ne peuvent porter sur leurs épaules toutes les déviances de la société, qui plus est en période de guerre... Ferait-on un procès à Superman Returns le jour où un type se jetera du haut d’un immeuble pour vérifier s’il sait voler ? C’ets aussi absurde...
      • Prendre du recul... 21 février 2007 12:52, par yannux

        Entièrement d’accord avec toi. De toute façon il y aura toujours bon nombre de détracteur en tout genre. A une époque la cible était l’industrie du jeux vidéo.

        Tout ira bien le jour chacun aura assez de recul sur ce genre de choses. Je pense que la plus part des personnes peuvent avoir assez de recul sur tout ça.

        A une époque je me rappel avoir lu un sondage ou je ne sais plus trop quel type de document comme quoi les jeunes étaient plus marqués par "la violence des reportages" que l’on peut voir au Journal télévisés que par les violences de fiction.


 

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