Quand Depardieu chantait
par Edouard Waintrop
tags : musique , cinéma d’auteur , cinéphilie , le coin du cinéphile
Gérard Depardieu dans Quand j’étais chanteur. DR
Quand j’étais chanteur de Xavier Giannoli (2006) avec Gérard Depardieu, Cécile de France, Christine Citti et Mathieu Amalric, 1h48 Fox Pathé Europacorp, 8 euros.
C’est un film fait entièrement des matières les plus fines et les plus légères qui soient, la mélancolie et la tendresse. Un chanteur de bal, Alain Moreau (Gérard Depardieu), un peu balourd mais extrêmement sympathique tombe amoureux de Marion (Cécile de France), une jeune femme, agent immobilier, un peu agressive. Leur histoire commence à l’envers, par le lit, et finit par une forme d’amour. Il faut évidemment aimer la chanson française pour entrer dans ce film par le bon bout (sans condescendance et sans ironie) puisque Depardieu chantera pour nous Quand j’étais chanteur, Comme un garçon, Pour un flirt, Je n’aurais pas le temps, Faut pas pleurer comme ça..., la fine fleur du répertoire de Daniel Guichard, Michel Fugain, Sylvie Vartan, Michel Delpech... Il faut être aussi sensible à ces presque riens qui font la vie, à ces gens qui rêvent pour oublier le quotidien. Et au charme incroyable des acteurs quand ils sont en état de grâce. Ce qui est le cas ici. Ainsi Depardieu ne roule-t-il jamais sa grosse voix. Au contraire. Il joue en sourdine avec une finesse et une fragilité qui frappent d’autant plus que son corps est ici plus que massif. Il est en fait plus féminin que sa compagne, partenaire, adversaire, Marion. Elle aussi est un miracle de charme. Avec son sourire séduisant et ses manières énervées. Ils jouent au chat et à la souris, mais changent de rôle. Les seconds rôles sont eux aussi parfaitement tenus, notamment celui du patron de Marion-Cécile, joué par Mathieu Amalric, et celui de l’ancienne épouse d’Alain-Gérard, incarné par Christine Citti. Et puis il y a l’apparition soudaine et quasi surnaturelle de Christophe le chanteur immatériel... Quand j’étais chanteur est un film miraculeux, à voir le cœur ouvert. Les bonus sont superbes, notamment l’interview de Xavier Giannoli, et Christophe à L’Olympia chantant Les paradis perdus.
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