Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Je rejette le terme “piratage”. Ce sont des gens qui écoutent de la musique et la partagent avec d’autres personnes.

Steve Albini, pilier du rock indépendant américain depuis 1982

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

vendredi 12 septembre 2008 08:27

  • cinéma

Quequettes d’identités

Deauville. Deux visions singulières des rapports humains chahutent le festival.

par Gérard Lefort

tag : festival

DR

Envoyé spécial à Deauville

» sur le même sujet

L’Amérique mise dos à docs

A Deauville, l’audace est aussi venue cette année de la section documentaires.

Deauville guette le blues

Clôture. « The Visitor » et « Ballast » au palmarès du 34e festival du cinéma américain.

« Sunshine Cleaning », c’est du propre

Deauville. Retour du producteur de « Little Miss Sunshine ».

Spike Lee noir sur blanc

Deauville. Spike Lee alerte le festival et plonge dans la Seconde Guerre mondiale.

Polanski, la vie comme un Roman

Deauville. Un docu présenté au festival du film américain revient sur l’affaire de mœurs ayant impliqué le réalisateur.

Sous les planches, la psyché

Deauville. 34e édition du festival du cinéma américain.

All God’s Children Can Dance, le titre est impossible, sonnant comme un écho à quelque bondieuserie We are the world. Mais le film de Robert Logevall (en compétition) ne l’est pas. Son cadre est Los Angeles, où, premier exotisme surprenant, les personnages ne se déplacent pas en voiture mais à pied, en métro ou en bus.

Ce crime contre l’humanité californienne est aggravé par un autre péché : Kengo, le héros, est un jeune métis américanocoréen, beau gosse (Jason Lew) qui, quand il ne travaille pas dans une boutique de photocopies, ne pense qu’à prendre des photos et, surtout, baiser sa jolie camarade, qui le lui rend bien. Kengo développe parallèlement deux étonnantes singularités : sa bite et sa mère.

La bite est énorme, et la mère aussi, en ce qu’elle prétend que Kengo est le fils de Dieu, et pas du tout celui d’un accident de préservatif. La question est, dès lors, celle de la paternité. La maman, un peu agitée de la Bible (Joan Chen, idoine), jusqu’à prétendre que le gros engin de fiston est bien la preuve qu’il est d’essence divine, finit par confesser à Kengo que son père génétique pourrait être un gynéco, qui l’a copieusement niquée quand elle était adolescente. Signe particulier du fouteur, ayant pris la tangente avant la naissance de Kengo : le lobe gauche de son oreille, qui aurait été mutilé par un chien.

Croisant par hasard un individu qui répond à ce signalement, Kengo va pister l’homme à l’oreille cassée dans tous les recoins de Los Angeles.

Ce qui nous vaut, à la volée, quelques apartés documentaires sur cette infrapopulation des transports en commun, dont le portrait express d’une mamie polonaise perspicace que Kengo croit médium mais qui, dit-elle, n’est que vieille. Jusqu’à un évanouissement du poursuivi, à la tombée du jour, dans un sombre tunnel censément symbolique : boyau prénatal ou limbes post mortem ? Le récit ne décide pas mais l’image se détermine de façon nettement païenne. A l’occasion d’un clair de lune au-dessus de la Cité des anges, une voix off affirme que de l’obscurité peut surgir la mort ou la vérité. Et qu’entre les deux, avec un peu de bol, on peut hériter d’une grosse bite. Réjouissant vraiment.

C’est d’une autre façon que Lars and The Real Girl, de Craig Gillepsie, s’intéresse aux curiosités du genre humain. Lars est un vieux garçon taciturne qui vit seul dans le garage attenant à la maison de son frère et de sa belle-sœur. Le jeune couple s’inquiète de son comportement quasi-aphasique. Mais leur angoisse monte d’un cran le jour où Lars leur présente sa fiancée : Bianca, une poupée grandeur nature achetée sur Internet. Malaise - c’est rien de le dire.

Mais dans le petit bled du Midwest où Lars balade partout sa copine, y compris à la messe, la stupeur cède bientôt face à la tolérance. C’est un film qui croit à l’altruisme et à la bonté. Mais ce fond de bondieuserie est heureusement contesté par le jeu de Ryan Gosling, jeune acteur déjà repéré et aimé dans la Faille de Gregory Hoblit puis Half Nelson, et qui injecte au personnage de Lars une dose bienvenue d’incertitude. Un agneau, sans doute, carnivore, probablement.

Paru dans Libération du 12/09/2008


Il y a 0 réaction à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

festival - Vimeo célèbre la création vidéo

article précédent
Ubuntu : Demain, le bouquetin, ensuite le jackalope
article suivant
Bruxelles dit oui aux taxes


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • réactions (0)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Lekiosque.fr se presse à l’étranger
  • Pierre Lescure, des intérêts en question
  • Angry Birds prend son envol social
  • Pas de « Silence on joue » cette semaine
  • [Vidéo] Ecrans.fr, le podcast citoyen

Lib.fr

  • Concerts de casseroles au Québec contre la «loi matraque»
  • François Hollande en visite surprise en Afghanistan
  • Un homme arrêté pour le meurtre d'un enfant disparu en 1979
  • Des sénateurs américains veulent frapper le Pakistan au porte-monnaie
  • La projection du film de Dieudonné annulée à Cannes
publicité

Inutile donc inutile

img75
Un coup de Moog

Jouer du Daft Punk avec le doodle Moog de Google ? Yes he can.


Chronophage

Wake up the Box 4

On ne se contente plus d’assembler les pièces de bois à notre disposition pour construire une machine à réveiller la boîte. Il faut désormais les dessiner soi-même.


Ecouter / Voir

img75
Un clip dans ses petits papiers

« Østersøen » fera moins consensus sur son style musical que ses charmants décors en papier et carton.


Hum, bizarre...

img75
Dans le secret des lieux

L’un des gouvernements les plus zélés sur Google Earth est celui des Pays-Bas, qui a recouvert d’esthétiques polygones des centaines de sites stratégiques (palais royaux, dépôts de fuel, bases militaires...)


Vidéo box

img75
Meilleurs souvenirs du net

Marco Cadioli se livre à des dérives existentielles autour du globe avec Google Earth.


Vendredi, à poils !

img75
« Ce glandeur de phoque du Groenland n’a pas de boulot »




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008