Ecrans, un site de Libération.fr

Dixit

Le piratage est un danger pour l’avenir de notre civilisation.

Muriel Marland-Militello, députée UMP

  • Home
  • Internet
  • Télévision
  • Cinéma
  • Dvd
  • Jeux
  • Téléphone
  • Forums
  • Rss

lundi 15 décembre 2008 11:45

  • internet

Qui a peur du gros Google ?

Etats généraux. Le moteur de recherche est accusé de truster la pub.

par Frédérique Roussel

tags : publicité , presse , Google

DR

C’est le grand méchant Google contre les Etats généraux de la presse. Jeudi, le pôle ­consacré aux « Nouveaux ­modèles » a reçu le patron de Google News, Josh Cohen, spécialementvenu des Etats-Unis et Mats Carduner, le président de Google France. Du beau linge du Net invité à témoigner de sa ­volonté à colla­borer avec les éditeurs. Sur Internet, la presse se sent menacée par des acteurs susceptibles d’accaparer les revenus potentiels. Comment donc monétiser l’information  ? Impos­sible d’assister à cette audition d’anthologie, mais depuis le début des travaux de ce pôle, un blog des étudiants à l’école de journalisme de Sciences-Po, acceptés aux séances, rapporte par le menu ce qui s’y dit. Et des membres de la commission racontent sur leur blog les débats internes.

Le rôle dominant du ­moteur de recherche américain a été mis sur la table lors de précédentes réunions et l’animosité a grandi chez les éditeurs. Les régies publicitaires ont déjà évoqué leurs propres inquiétudes : les médias traditionnels n’arrivent pas à faire la différence par rapport auxavec les pure players (les sociétés qui n’existent que sur la Toile, comme Google). La publicité en ligne ne vaut pas grand-chose, a assené Robert Picard, professeur spécialisé dans les médias : « Avec dix publicités sur Internet, on arrive tout juste à la valeur d’une publicité clas­sique sur papier. »

Les dix plus gros sites du monde captent de 70 % à 80 % des revenus publicitaires. Le display (publicité classique en ligne) marche moins que les liens sponsorisés (modèle de Google). Il a aussi été suggéré, lors d’une audition, que les éditeurs se posent cette question : « Quel contenu je veux que Google voie ? » Avec cet effet pervers attendu : diffuser de l’information en fonction des mots-clés qui génèrent le plus de trafic via le moteur de recherche. Les hommes de Google étaient donc attendus de pied ferme. « Google en position d’accusé », ­titre le compte rendu d’Eric Scherer, directeur de l’analyse stratégique et des partenariats à l’AFP. « Il y a encore six moix, nous pensions y arriver, mais aujourd’hui, avec la crise, nous vous considérons comme notre pire ennemi », attaque Pierre Conte, patron de PubliPrint, la régie du Figaro. « Par temps de crise, votre modèle d’af­faires est devenu prédateur », renchérit Julien Billot, directeur numérique et new business chez Lagardère Active, qui ajoute que sa société songe à ­porter l’affaire devant Bruxelles. ­Ennemi, prédateur...

« C’était très tendu, raconte un témoin. On avait le sentiment d’assister à un dialogue de sourds. » Car en face, Google n’est venu qu’avec une bonne volonté un peu dérisoire, rappelant son prix Prince des Asturies 2008, dans la catégorie communication et humanités (sic). En juin, le PDG, Eric Schmidt, a laissé entendre qu’il aiderait la presse, une presse qui vit aussi des heures noires aux Etats-Unis. Mais, soulignent les deux représentants de Google, « nous ne sommes pas respon­sables de la baisse de la diffusion des journaux ». Et de rappeler que Google amène aux sites d’info beaucoup de trafic et donc de publicité. Mais pourquoi n’êtes-vous pas transparents sur vos revenus, sur vos prix ? Nous demandons un partage de revenus plus équilibré, rétorquent des membres des Etats généraux.

Pour autant, l’entrevue n’a pas fini à l’aigre. Google et les éditeurs ont noué des promesses d’ententes ­fu­tures. C’est ainsi que se sont achevés les travaux du pôle “Nouveaux ­modèles” et ses recommandations ont ensuite été transmises par Bruno Patino, le président du pôle et directeur de France Culture, pour être intégrées dans un livre vert qui sera rendu public fin décembre ou début janvier. L’une d’elle fera peut-être ­référence à certaines positions dominantes qui ­grèvent l’écosystème de l’information sur le Web...

Paru dans Libération du 15 décembre 2008


Il y a 4 réactions à cet article.

Lire les réactions.
Réagir à cet article.

Partager cet article

Partager Tweet


Twitter Ecrans Facebook Ecrans

Sur les mêmes thèmes:

publicité - La méga contre-attaque de MegaUpload

presse - « La Tribune » reprise par FER/Hi-Média

Google - Google, le bon élève écolo

article précédent
La semaine d’Ecrans.fr
article suivant
Ticket chic et choc


 

Loading

Outils

  • imprimer
  • écrire à Frédérique Roussel
  • réactions (4)
  • Tweet
  • Partager

Actualit

  • Ecrans.fr : le podcast anonyme
  • Le ménage « illimité » des opérateurs est pour bientôt
  • La Chine met fin à l’anonymat sur ses réseaux de microblogging
  • Pétitions générales sur le Web
  • Le mème de la semaine : Fus Ro Dah !

Lib.fr

  • La lenteur de la justice condamnée dans une affaire de pédophilie présumée
  • Le mème de la semaine : Fus Ro Dah !
  • L'ancien entraîneur des Girondins Elie Baup en garde à vue
  • Morano : «Le problème de Joly n'est pas que son accent, c'est aussi physique»
  • Estrosi s'en prend au «produire en France» cher à Le Pen et Bayrou
publicité

Hum, bizarre...

img75
Les sosies sont six

Vous ne vous êtes jamais dit que votre voisin de train ou de fil d’attente ressemblait à un personnage de fiction ?


Chronophage

Musaic Box

Aaaalouetteuh, gentille alouetteuh... Donc la pièce en L, en haut à gauche. Aaaalouetteuh, je te plumerai. Ok, celle-ci passera en deuxième.


Dixit

« C’est un peu comme si vous rajoutiez des dizaines de bières sur le plateau d’un serveur : au bout d’un moment, il tombe. »


De saison

img75
L’hommage de Google à François Truffaut

François Truffaut aurait eu 80 ans ce 6 février 2012. Google en fait donc son Doodle du jour.


Vendredi, à poils !

img75
Avoir un bon copain...


En bref

img75
Stéphane Richard tire sur Free Mobile à boulets orange

Le PDG de France Télécom s’est fait retourner sur le gril par les députés, hier, alternant explications et mises en garde.




accueil | internet | télévision | cinéma | DVD | jeux | téléphone
contacts | licence | mentions légales | données personnelles | charte d’édition
engine SPIP | powered by carburant
© Libération- un site de Libération Network - 2006 - 2008