lundi 30 août 2010 09:23
Quoi de love, docteur ?
par Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos
tag : télé-réalité
DR
D’abord, il y a eu Dr Ruth. Puis il y a eu Le Doc et ses consultations radiophoniques d’ados turgescents. Il y a eu la psy de TF1 Catherine Muller expliquant, les yeux exorbités, au type qui néglige sa femme que c’est le petit garçon enfoui en lui qui a peur de cette grande dame toute nue qui lui rappelle sa maman ; oui, sa maman que son papa battait chaque soir ; oui, son papa qui lui donnait du Pal en guise de repas. Et puis il y a le Dr Garriberts. Il faut voir la montagne de lettres qui l’attendait à son retour d’une campagne de santé publique menée tout l’été à l’initiative du gouvernement à destination des populations Roms (inoculation de la malaria et du typhus)… L’été télé a été très love, comme dirait le nouveau président des Jeunes populaires Benjamin Lancar, et une page ne sera pas de trop pour répondre aux questions de nos correspondants sur leurs angoissées, voire angoissantes sexualités exposées sans vergogne au téléspectateur estival. « Monsieur et madame le Docteur Garriberts, je m’appelle Freddy et je souhaite, par la présente, savoir pourquoi je n’ai pas trouvé compagne à mon goût lors de l’émission L’amour est dans le pré diffusée sur M6 tout l’été. Les deux jeunes femmes qu’on m’a présentées n’ont pas voulu rester. Bien sûr, comme je l’ai dit dans le dernier épisode, "après, je me suis réconcilié avec mes animaux", mais ils ne font pas la vaisselle. » Cher Freddy, nous avons suivi vos (més)aventures tout l’été et nous demandons si vous seriez ouvert à de nouvelles expériences. Prenez Pascal, mutique agriculteur fan de Metallicô ; lui aussi a fini seul. Eh bien prenez Pascal. En revanche, on n’est pas sûrs qu’il fasse la vaisselle. « Ouais, Doc, bien ou bien ? Moi, c’est Julie de Secret Story de TF1. Alors voilà, tu sais que Maxime et moi, ouais, bon. Mais tu vois, comme je l’ai dit : "Maxime, il croit que love-love alors que trop pas." Je lui ai balancé : "Tu me regardes, ça me stresse naninana." Dis-moi c’est quoi que je doive faire ? » Chère Julie, votre cas est complexe, d’autant que, désormais que vous avez été éliminée, Maxime se livre à quelques tests chimiques, échangeant sa salive avec celle de Stéphanie. Mais depuis votre sortie que vous exposâtes vos appas sur une dizaine de pages dans un article d’Entrevue titré « Je ne suis pas une bimbo », votre souci relationnel avec Maxime devrait être réglé. Par ailleurs, chers habitants de Secret Story, vous êtes nombreux à nous écrire pour évoquer le cas de votre coturne Amélie. Ainsi, Stéphanie : « Amélie c’est une fille qui n’a pas sa langue dans sa bouche. » Certes, mais il faut bien constater que ladite langue est bien souvent dans une autre bouche, celle de Senna, son compagnon de touche-pipi. Benoît, lui, se plaint du caractère un rien volcanique d’Amélie : « Elle est montée tout de suite sur ses gonds. » En témoigne sa sommation à Chrismaëlle : « Ne me traite pas de ta gueule. » Oui bon, là, d’accord, mais le Dr Garriberts fait ce qu’il peut, hein, c’est pas non plus le Dr Jekyll. Merci de vous adresser à la Cour européenne des droits de l’homme. « Hi Doc, depuis que je suis passé dans Premier amour où TF1 a retrouvé mes ex, mon quotidien est devenu un enfer, d’autant que la Une a jugé bon de diffuser ma prestation deux fois en deux semaines : tout le monde se paye ma poire et ma vie sexuelle est réduite à peau de zobi. On brocarde mon look, on raille mon intérieur, on se gaudit de mon désir d’enfant, on nasarde mon attitude. Help, Doc ! » Harry, Harry, Harry, il va falloir être fort : tout est à refaire. C’est quoi, d’abord, ce look : on dirait un Cyril Lignac perruqué ! Votre intérieur ensuite : quatorze marbres différents, dites-vous, et une déco que vous avez vous-même réalisée. En même temps, on ne voit pas qui aurait accepté d’être payé pour telle horreur d’angelots dorés à faire tourner de l’œil Max Guazzini en personne. Et puis votre désir d’enfant : avez-vous noté que vos anciennes amours, Myrtille (on ne se moque pas des prénoms) et Laurence, ont vieilli en même temps que vous ? Ne vous étonnez pas alors qu’elles tirent un peu la gueule à votre inoubliable déclaration : « Tu crées un enfant, c’est un peu comme si tu sauves l’humanité. » Quant à mettre, sitôt le deuxième rendez-vous, la main au panier de Myrtille, avouez que c’était un peu leste. Même si le Dr Garriberts a apprécié la qualité de votre défense : « Ses fesses se sont présentées dans la direction de ma main. » « Docteur, c’est très pénible. Depuis cet été que nous avons sauté à la perche et couru assez vite, il ne nous lâche plus. D’abord, ça a été des déclarations d’amour en direct. Et vas-y que nous serions une équipe de France qui fait très très très plaisir. Et vas-y qu’il nous sert du "bravo gamin". A l’heure où nous vous écrivons, Patrick Montel est en train de s’agiter frénétiquement contre notre basket. A l’aide. L’équipe de France d’athlétisme. » Nous comprenons, chers athlètes. Ce mal fréquent à la télévision, le Patrickus Montelum Tricolorus, plus connu sous le nom de tique du sportif, est très désagréable. Jetez votre basket dans une piscine où s’ébattent des nageurs français, ça l’occupera. « Cher confrère, vous comprendrez que je préfère garder un relatif anonymat. Je présente sur une chaîne publique cet été une série de documentaires démontrant la puissance insoupçonnée du cerveau ainsi que l’invasion de notre planète par des extraterrestres. Problème : j’éprouve une attirance trouble envers mon coprésentateur. Que faire ? Igor B. » « Cher confrère, vous comprendrez que je préfère garder un anonymat relatif. Je présente cet été sur une publique chaîne une série de documentaires démontrant la puissance insoupçonnée de notre planète ainsi que l’invasion de notre cerveau par des extraterrestres. Problème : j’éprouve une trouble attirance envers mon coprésentateur. Faire que ? Grichka B. » Surtout, les gars, vous ne faites rien, vous ne touchez à rien, vous ne bougez pas : ça fait péter le Botox. Le Dr Garriberts revient bientôt : là, il repart en vacances. Paru dans Libération du 28/08/2010On nous écrit de la campagne
On nous écrit avec les pieds
On nous écrit du passé
On nous écrit de la piste
On nous écrit de l’espace
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